MADAME BOUVIÈRE
Dieu, que je n'aimerais pas cela !
BOUVIÈRE
Sans doute; mais moi, je suis un original, vous voyez.
MADAME DUPUIS
Vous avez dû, monsieur Rouvière, dans le coiurs de vos voyages, manger des choses bien étranges?
BOUVIÈRE, mangeant avec suite, tout en parlant.
Des choses inouïes! Madame. — Ah! Marianne, ma bonne fille, approchez un peu... Si j'en juge par l'odeur qui se répand ici, on est en train de torréfier le café dans la cuisine : généralement, surtout en province, on le brûle trop, ce qui lui ôte la fleur de son arôme... Allez donc vite, Marianne, et dites bien à Jeannette... n'est-ce pas Jeannette que s'appelle votre camarade?... dites-lui bien que le café veut être roussi seulement, — roussi, vous entendez !
MARIANNE, à demi Toix en sortant par la porte du fond.
Bon! il n'aime rien comme un autre, celui-là!
Ma chère dame, il est précisément arrivé à votre volaille l'accident que j'appréhendais pour le café de Jeannette : elle est trop cuite ou plutôt cuite trop rapidement. Gela est fâcheux,
car la bête est de bonne rSU^e. (Marianne rentre apportant deux nouveaux plats.)
MADAME DDPUIS, atee désolation.
Tous les malheurs à la fois! Je vous demande bien pardon, monsieur Rouvière... mais votre arrivée a été si imprévue... nous avons eu si peu de temps devant nous... De grâce, accordez-nous quelques jours, et vous serez mieux traite, je vous le promets.
RODVIÈRE.
Dix mille fois bonne, ma chère dame; mais à neuf heures ce soir, sans ime minute de délai, il faut que je roule... Oui,