DESSIN DE BOISSIEU
Mine de plomb
(Musée du Louvre)
Et, comme il s'en retournait, il le bénit. Anne-Marguerite, transportée de joie, se jvta aux genoux de son mari, en lui disant :
Après les semailles des blés, Edmond retourna chez l'avocat Rétif, et il y reprit ses tranquilles occupations avec autant de facilité que s'il ne les eût pas quittées.
Au printemps suivant, Edmond retourna chez son père. 11 y trouva tout en beaucoup meilleur état que la première fois : c'est qu'il avait lui-même dressé un garçon de charrue, parent de la maison, pendant 1 : semestre précédent. Cetexcellentpaysan, nommé Tous les jours par sobriquet, était un Rétif. (Tous ceux qui portent ce nom, mon père me l'a souvent répété, tant dans l'Anjou que dans la Bourgogne et dans le Dauphiné, sortent de la même souche).
Ce jeune garçon était au catéchisme; il n'avait alors que neuf à dix ans. Les grands garçons et les grandes filles avaient répondu à la question du curé : « Combien de fois doit-on pardonner au prochain? » les uns: « Septante fois sept fois » comme le dit l'Evangile; les autres : « Le plus qu'on pzut. » Quand le pasteur en fut au petit Rétif, celui-ci répondit : « On doit pardonner tous les jours.
— Vous avez raison, mon enfant ! »
dit le curé en lui prenant la joue; « vous avez le mieux répondu. Notre r/rochain nous offensât-il tous les jours, tous les jours il lui faut pardonner. »
Le mot de tous les jours ne tomba pas; on en fit le sobriquet du petit garçon.