PREFACE S
l>e village est bien le village. Chaque petite ville, en tant que chef-lieu de canton, commande à un certain nombre de communes qui commandent elles -mômes à un certain nombre de villages autour de chacun desquels sont disséminés, en plus ou moins grande quantité, les hameaux. Chaque petite ville, en tant que commune, commande elle-même à un certain nombre de villages et de hameaux. Ce sont là notions élémentaires. Je ne découvre aucun monde nouveau ; je rappelle simplement. En littérature, on est trop porté à confondre sur ce point Si je décris les mœurs d'une petite ville, ce n'est pas une étude « villageoise » que je fais, et vice versa. 11 n'y a pas, dans le village, ces centres que constituent, dans la petite ville, boutiques, auberges, cafés, mairie, église. Sa vie propre en est profondément modifiée. Il n'existe qu'en fonction des champs et, selon les régions, des bois qui l'entourent.
Les habitants de la peltfe ville — je ne parle ni des bourgeois ni des factionnaires, — no sont pas des paysans : ce sont des commerçants et des ouvriers. Quelques-uns sont des ouvriers-paysans. Quelle différence entre l'ouvrier qui vit dans une maison qui, la plupart du temps, ne lui appartient.pas, et le paysan qui, si misérable qu'elle s<»it, est propriétaire de sa chaumière et ne travaille que pour sou propre compte ! Jeunes ou vieilles, les femmes ne s'y privent certes point de