‹ Le village sous l'ancien régime (volume 2)Chapitre 13 sur 46 · L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

L'ÉGLISE

La Paroisse. — Le Clocher. -^ Les cloches. — Leur caractère commuDal. — La Nef à la charge des habitants. — Le Chœur à la charge des décimateurs. — Contestations à ce sujet. — Usage profeuie de la Nef de l'Eghse. — Assemblées et Danses. — Le Curé organe de Tautorité. — Le Prône. — Lecture des ordonneuices et des annonces d'adjudication. — Publicité. — Le Prêtre auxiliaire de la Justice. — Les Monitoires. — Aggraves et Réaggraves. — L'Excommunication. — Abus des Monitoires. — Caractère de la Messe paroissiale.

La paroisse et la communauté se confondirent souvent, et la plupart du temps, leurs circonscriptions furent identiques. De même qu'il fallait dix habitants pour constituer une communauté, dix

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maisons étaient suffisantes pour former une paroisse. Les limites des paroisses, souvent marquées par les croix qui s'élevaient dans le$ campagnes, étaient d'ordinaire invariables ; cependant, dans certaines provinces, telles que la Beauce et le Berry, il se trouvait des fermes et des métairies qui appartenaient alternativement, et pendant ime année, à une paroisse ou à une autre ^ A la fin du moyenâge, en Bourgogne, quitter la localité, c'était sortir de la paroisse, et l'on ne pouvait changer de résidence sans renoncer au paroichage, en observant des formalités déterminées *.

L'église était à la fois le centre de la paroisse et de la communauté. L'esprit public s'inspirait du sentiment religieux. Au moyen-âge, les premières associations dans les campagnes se formèrent à l'abri de l'église. Elle avait été souvent alors un asile et un refuge. Avant que les châteaux fussent construits, elle ouvrit ses portes aux paysans menacés, et ceux-ci se défendirent derrière ses murs épais. Robert-le-Fort, résistant aux Normands, se retrancha dans la basilique de Brisserte. Il existe

* Jousse, Traité du gouvernement spirituel et temporel des paroisses, 1769, p. 2.— U y avait cependant exceptionnellement, surtout dans les villes, des paroisses seuis territoire, et dont le ressort s'étendait seulement sur certaines personnes.

* Une femme de Marcennay dit en i390 au curé : Je vous desdis paroichage et renonce du tout au tout au paroichage de ceste ville ; car je veuil aller en tel ou tel voyage ou aultre part, que je ne scay si je retourneray jamais ; et véez cy un petit blanc qui vaut quatre petits tournois, véez, que je vous présente, pour madite rémunération. — Simonet, le Clergé en Bourgogne, p. 46 à 48.

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