‹ Le village sous l'ancien régimeChapitre 32 sur 62 · I,A MILICE · texte numérisé non relu

I,A MILICE

complet des céllhalîures el des veufs sans enfants fut envoyé aux inlcn'ianls par les soins des syndics ou des marguillicis'.

L'élection du ruiii< Ion était encore un hommage rendu au piiu ipe d'après lequel les communautés pourvoyaient j);vr elles-mêmes à l'acquittement des charges qui leur étaient imposées. Pourvu qu'elles payassent, on lour laissait le choix du mode de paiement. Cette méiliode avait longtemps réussi pour Tassiette et la perception des tailles; elle était employée pour la désignation des agents de la communauté. Elle ne put se maintenir pour le recrutement de la milice. 11 était difficile de nommer contre son gré un jeune homme qui envisageait avec plus d'appréhension que d'e,ntraînement le service militaire qu'il devait faire pour la communauté. Sa nomination donnait lieu à des brigues, à des abus d'influences, à des marchés. Pour (aire cesser ces difficultés, trois ans après l'établissement de la milice, le tirage au sort fut substitué à rélection^

Le tirage au sort, c'était la contrainte; et, s'il était mspiré par un piinripe de justice reposant sur Tégalité du hasard, il était contraire à la liberté individuelle qu'il atteignait d'une manière inexorable. Aussi ne cessa-t-il de soulever, jusqu'à l'époque où il fut aboli sous rinilucnce des idées de 1789, des répulsions et des criiiques passionnées. La corvée et le

1 Voir sur les 11/ i •:■, .,ioi^ travail sur le Recrutement territorial sous l'ancien rey^ne. Etude sur la milice dans la Champagne méridionale^ 187" Hernie de Champagne ^ t. I" et IL

2 Ordonn. du 10 ccembre 1691.

tirage au sort de la milice, venant s'ajouter aux charges seigneuriales et aux impôts dont souffraient déjà les campagnes, contribuèrent à leur faire oublier une partie des bienfaits que leur avait apportés la tutelle royale.

L'intendant, ses subdélégués ou ses commissaires présidaient au tirage au sort de la milice. Le nombre des miliciens fut toujours restreint ; sauf pendant la guerre de la succession d'Autriche, il ne dépassa point soixante mille hommes ^ ; et comme le maximum delà durée du service fut de six ans, c'est seulement un contingent de dix mille hommes que l'on demandait à toute la France. Ce nombre était bien inférieur à celui des communautés ; aussi les plus peuplées furent-elles d'abord les seules que l'on astreignit à fournir un milicien ; plus tard, on les réunit en groupes pour le tirage au sort. Au jour fixé, les syndics amenaient les garçons et les veufs sans enfants de vingt à quarante ans au chef-lieu de l'élection ; ils assistaient aux opérations du tirage, dont ils signaient le procès-verbal avec le milicien désigné, si celui-ci savait écrire. Après l'appel nominal des garçons, on mettait devant eux dans un chapeau autant de billets qu'il y avait de noms ; un billet écrit ou noir était mêlé aux autres, qui étaient blancs; celui qui le tirait était milicien.

Les exemptions étaient nombreuses, quelquefois

^ Il fut même réduit à 30,000 hommes par l'ordonnacice du 20 novembre 1736. (Lemau de La Jaisse, Sixième abrégé de la carte générale du militaire de France^ 1740, o^ partie, p. 148.)

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