‹ Le vinChapitre 18 sur 26 · LA MIGRAINE · texte numérisé non relu

LA MIGRAINE

Les petits ouvriers de la jaune migraine Viennent de commencer leurs travaux dans mon front. On voit qu'il ne faut pas que la besogne traîne, Monsieur Ha ussman n .préfet, exige q u' on soit prompt. On dirait les apprêts de quelque grande fête. Voilà des charpentiers venus de LiUiput, Qui me dressent des mâts le long de l'occiput Et font d'autres travaux importants dans ma tête, Tout ce monde invisible est arme de rabots, De rivoirs, de ciseaux, de vrilles, de tenailles. A quoi bon tant d'outils? que veulent ces nabots? Je suis préoccupé du but de ces canailles. L'un me fait dans le crâne à coups de pioche un trou L'autre me scie un os, Vos coronal encore! Celui-là fend, du bois, celui-ci plante un clou. Dans mes tempes que font ces autres? Je l'ignore.

Des mécaniciens arrivent à leur tour.

Voilà mon sinciput pris dans un engrenage. Tous se démènent tant et tant qu'ils sont en nage. Pourtant ils font du feu. Ma tête est comme un four Mille et mille marteaux entrent bientôt en danse. A nies nerfs temporaux on a mis des ressorts, Des rouages d'acier qui battent en cadence. Que faire pour jeter tous ces drôles dehors?

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