CONTEMPLATION
Du roide sommet de Montmartre, Un jour je contemplais Paris Envahissant, grand chancre gris, Champs et jardins. — « Voici la dartre! Lisaient les arbres rabougris.
Et ces derniers troncs héroïques, Refoulés par les moellons, Croisaient leurs branchages étiques, Où tournoyaient les aquilons, Contre les pierres et les briques.
Je voyais s'avancer toujours Les maisons, les flèches, les dômes Que des rayons remplis d'atomes Incendiaient, — les toits, les tours; J'entendais au loin leurs pas lourds.
Les tuyaux et des cheminées Semblait sortir le râle sourd Que font les infâmes menées Les exploiteurs de destinées, Juifs d'argent et juives d'amour.
Je me disais : « Tout est notaire
« Ici-bas, — ou marchand, — et l'Art
« Sans qu'on s'en doute peut se taire.
« Les architectes ont la terre,
« Le poète vit par hasard.
a II meurt pendant toute sa vie.
« Quand il a mis son âme en vers, a Surgissent des critiques verts, « Les pédants, gonflés par l'envie, * Qui Usent le livre à l'envers.
Encore si la bourgeoisie Se contentait de son jambon, Sans manger de la poésie; Mais non, il lui prend fantaisie Le trouver parfois un vers bon! »
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De la montagne sur la ville, Je faisais donc bondir mes vers Chargés d'ironie et de bile; Mais le vin a calme' mes nerfs.
Laissons le bon bourgeois tranquille !
Les côtes de Beaune et de Nuits M* apparaissent pendant les nuits. Le soleil, joueur comme un faune, Aime les raisins; — je le suis Aux côtes de Nuits et de Beaune.