EAU-FORTE
N u, dans le clair obscur d’une mansarde nue,
La tête surplombante et jaune de haleurs,
Un torse humain s’affaisse. A travers les pâleurs De la peau, faiblement, l’ossature remue.
Auprès du matelas gris, indistinct, qui mue Et saigne des varechs — solidaires douleurs Des choses ! — ses haillons humides , tout en pleurs Se tordent, miasmant l’air d’une vapeur ténue.
Sourdement, ses boyaux geignent d’être raclés Par la faim ; et, tandis qu’il meurt, des affolés Par l'orgie, en chansons, exultent, dans la rue :
Sarcasme impitoyable !... En ses traits dévastés Vient grimacer, alors, la Révolte qui rue Les rages du besoin sur les sociétés.