‹ Le vin mauditChapitre 9 sur 20 · VERTIGE · texte numérisé non relu

VERTIGE

J’ai voulu plonger jusqu’au fond dans ta chair, Front bas, pieds joints, tout; et j’en suis revenu Sans moi, rien qu’avec encor de derme cher A soi trop assez pour s’aimer vil et nu

Sous l’âcre épreinte du jeu de ta chair nue,

O panthère aux plasmatures de vachère !

Pour s’aimer vers toi, bien haïe et connue D’abord comme ensuite et toujours, en enchère

Si que, des baisers d’un bain de chair mieux cher De retour, je voudrais plonger dans ta chair :

Le démon de Poe et qu’Eve avait connu,

Ce soir de sang, vêt de bourbe maraîchère Ses replis d’appel senestre sur ta nue,

O vachère à redondances de bouchère !

LES JU STICIÈRES

Dès qu’ils s’en vont, vidés, puants, suant le pus, Plonger leur déshonneur de misère en cloaque, Elles, joyeuses, dans l’eden parisiaque Se prélassent les nerfs de revanche repus.

Loin des amants maudits, dont le torse velu Piquait leur derme en fleur de rubis ébriaques, Elles goûtent les longs spasmes démoniaques Qu’arde le seuil muqueux de leur centre poilu.

Et, telles les voyant, Nous, les loyaux, les mâles, Férus en notre orgueil qu'elles gardent leurs râles Pour le baiser d’un sexe au contraire de nous,

Nous empourprons nos fronts de hontes solidaires Le remords âtrement corrode nos cœurs fous,

Et nous courbons le dos : nos dos de dromadaires

AU CAYEAU

Dans la brume de ce sous-sol Puant et hanté d’imbéciles Béants, requis par les dociles Amours acquises pour un sol,

Tu triomphes, en parasol 1 Au-dessus des crânes faciles Que, pourtant, jamais les bacciles De ta chaleur de girasol

(0 Sappho, cantatrice ardente Cy rappelée en incidente)

N’alanguiraient comme le mien,

Qui t’est conquis — sais-tu, maîtresse — Et qui glouton doit, mieux qu’un chien , Pourlécher ton pel de tigresse.

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