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LES PLUS ANCIENS

(origine et XVIII e siècle)

Le plus ancien violoncelliste italien lut Gabrielli (Dominique). Né à Bologne vers 16.40, attaché au service cle l’église de Saint-Pétrone de cette ville, il entra ensuite au service du cardinal Pamphili. C’était un compositeur dramatique (on a de lui plusieurs titres d’opéra), mais en même temps un virtuose du violoncelle, puisqu’il fut surnommé : « Menghino ciel Violoncelle >, le Petit Dominique du Violoncelle. » On a aussi des ballets, gigues, courantes et sarabandes pour deux violons et violoncelle avec basse continue, gravés à Bologne en 1703; mais il n’a rien écrit pour violoncelle seul. Gabrielli fut nommé membre de l’Académie Philharmonique en 1676 et prince de cette société en 1683.

Ariosti (Attilio). Né lui aussi à Bologne, en i06o r entra chez les Dominicains, mais réussit dans la suite à obtenir une dispense pour suivre son goût pour la musique. 11 écrivit beaucoup d’opéras — sans grande originalité d’ailleurs — puisqu’il ne quittait le style de Lully que pour calquer celui de Scarlatti. En 1698, Ariosti fut maître de chapelle de la cour de Berlin, dit Riemann. 11 se rendit en 1716 a Londres et y remporta avec Bononcini de

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nombreux triomphes, jusqu’au jour où la gloire d’Ilændel fit pâlir la sienne.

C’était, pour l’époque, un bon violoncelliste et un habile exécutant sur la Viole d’amour. Il joua un solo de ce dernier instrument à Londres, à la sixième représentation d 'Amcidis, d’Hændel, et la nouveauté de cet instrument en Angleterre, autant que le talent d’Ariosti, lui valut un réel succès. I 1 est mort à Bologne vers 1740. U n’a rien écrit pour violoncelle.

Quelques morceaux écrits pour Viole d’amour par Ariosti : Cantabile, Vivace, Adagio et Menuetio , arrangés pour violoncelle par Piatti, furent joués par celui-ci à Londres.

Dans son dictionnaire des musiciens, Grove dit que quelques ouvrages, à Upsala, portent le nom d’Ariosti avec la date de 1663. Cela indiquerait qu’Ariosti serait né avant 1660, contrairement à ce que disent les autres historiens.

Bononcini (Jean-Baptiste). Né vers 1668, a Modène, commença ses études avec son père, les continua à Bologne avec Colonna. A vingt-trois ans, il trouva une place de violoncelliste dans la chapelle impériale de Vienne. Il écrivit plusieurs opéras. On en connait une vingtaine ; il dut en écrire bien davantage, puisque, même à quatrevingts ans, il composait pour le théâtre de Venise.

Comme violoncelliste, il a écrit une symphonie pour violon et violoncelle et des solos pour violon-

celle. De ces derniers, il a paru une sonate pour deux violoncelles. Elle ne donne pas bonne opinion de son talent de compositeur. Elle permet cependant de juger de la technique du violoncelle à ses débuts : elle monte très peu haut dans le manche et reste habituellement dans le milieu et ne va que jusqu’au la harmonique, i cr octave de la (i re corde).

11 ne se sert pas du pouce, il essaye timidement la double corde et l’accord, et emploie la clef de ténor et de basse.

Devant le roi, à Paris, vers 174°) Bononcinia joué un motet avec violoncelle obligé composé par lui.

Il se retira à Venise où il mourut.

FRANCISCELLO

Franciscello (s’écrit aussi Francisschiello, Franscischello, Francisello). Fut le premier Italien qui commença, en jouant comme soliste, à s’imposer par son remarquable talent. Corelli avait montié les ressources du violon au point de vue de la vii tuosité et comme instrument de solo, Franciscello montra les ressources du violoncelle.

11 naquit vers 1692 ; on ignore le lieu de sa naissance. On a peu de détails sur sa vie, mais tous ses contemporains sont unanimes a lui reconnaître un talent hors de pair.

Vers 1713» n °us raconte Geminiani, il joua, à Rome, une cantate d’Alexandre Scarlatti avec violoncelle obligé : ce grand maître, qui accompa-

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gnait au clavecin, s’écria : « Qu’un ange seul, sous la forme humaine, pouvait jouer d’une façon sr ravissante. »

Quantz, le célèbre flûtiste, l’entendit à Naples en. 1725 et en parla avec enthousiasme.

Vers 1730, sa réputation le lit appeler à Vienne,, où il resta plusieurs années. Le violoncelliste Benda l’entendit, dans cette ville, et déclara que, dès ce jour, il n’eut qu’un désir : celui d’imiter sur le violon le jeu de Franciscello au violoncelle.

Un violoncelliste français, Jean Barrière, vint r paraît-il, à Rome, travailler sous sa direction, de 1736 à 1739. Certains prétendent que l’audition d’un solo de Franciscello décida de la vocation du célèbre Berteau, dont on parlera à l’Ecole française.

Selon Gerber, Duport entendit Franciscello à Naples, mais Fétis met en doute cette rencontre,, car, dit-il, « Duport, né en 1741, ne voyagea que vers 1764, et, à cette époque, Franciscello, âgé de soixante-douze ans, ne devait pas avoir un jeu bien brillant. » Pourquoi pas ?

On ne sait rien de la fin de sa vie ; il retourna probablement à Gênes dans sa vieillesse et y mourut en 1770.

Ce fut la gloire de Franciscello d’avoir contribué par son talent à la diffusion du violoncelle et à la disparition de la viole de gambe. En effet, grâce à lui, elle avait presque totalement disparu des orchestres d’Italie dès 1730, alors qu’on la vit long-

temps après encore clans les orchestres des autres pays. Sans doute, en plus de Barrière, Franciscello dut avoir d’autres élèves ; aucun ne put surpasser le maître, ni même se signaler.

Franciscello n’a pas composé pour son instrument.

A la même époque vivait Vandini (Antoine), l’ami intime du violoniste Tartini. En 1721, ce dernier fut nommé violon solo et chef d’orchestre de la chapelle de Saint-Antoine de Padoue. Cette chapelle était alors composée de 16 chanteurs et de 24 instrumentistes ; elle passait pour une des meilleures d’Italie. Vandini y était premier violoncelle. En cette qualité, il accompagnait souvent, avec le violoncelle, Tartini jouant du violon, comme c’était l’usage à l’époque, mais il se fit entendre aussi comme soliste, et l’un de ses contemporains dit de lui: « que son instrument semblait parler ». En 1723, Tartini fut appelé à Prague : Vandini le suivit et resta chez le comte Koski pendant trois ans.

Vers 1770, il vivait encore à Padoue.

D’après Vidal, on n’aurait aucune composition de lui. D’après Forino, il aurait écrit douze sonates avec accompagnement de basse.

A la même époque, vivaient : Antoniotti, Lanzetti et Ferrari.

Antoniotti (Georges) (1692-1776). Né à Milan, demeura en Hollande, où il a publié à Amsterdam,

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en 1736, douze sonates avec basse. C’est de la musique simple, dit Vidal, mais bien faite et qui n’est pas sans intérêt.

Lanzetti (Salvator). Né à Naples, fit ses études musicales au Conservatoire de Lorette et passa la plus grande partie de sa vie au service du roi de Sardaigne. C’était un virtuose de grand talent. Wasielewski dit a qu'il faisait le staccato aussi bien en tirant qu'en poussant ». C’est un bien modeste éloge, mais il y a mieux que cela à dire pour la gloire de Lanzetti. En effet, de 1730 à 1750,*il publia deux livres de sonates avec basse, qui commencent à offrir de la musique digne du violoncelle : « Les difficultés sont encore simples, cependant, dit Vidal, on reconnaît un homme habile : la sonate VI de l’op. 1 contient, à la page 28, une gavotte avec variations, qui est d’un bon travail. La sonate Xen la majeur indique des voies nouvelles, la main gauche monte jusqu'au mi (seconde octave sur le là), ce qui est l’indication de la position du pouce. »

Lanzetti a publié aussi un ouvrage méthodique intitulé : « Du doigté pour le violoncelle dans tous les Ions. »

Dans un âge fort avancé, Lanzetti mourut à Turin vers 1780.

Ferrari (Charles), surnommé, à cause d’une infirmité : le Boiteux de Plaisance , naquit vers 1730, à Plaisance. 11 se fit entendre avec succès à Paris au

concert spirituel de 1758; c’était un bon violoncelliste pour l’époque. Il lit graver à Paris un livre de sonates. Vers 1765, il entra au service de la cour de Parme. 11 mourut à Paris en 1789.

Cet artiste passait pour avoir introduit l’usage du pouce dans le jeu du violoncelle comme sillet mobile ; c’est une erreur, comme on l’a indiqué page 44.

Jacchini (Joseph) vivait au commencement du xviii c siècle; il était attaché à l’église de Saint- Pétrone, à Bologne. 11 lut nommé membre de l’Académie philharmonique, honneur que cette société n’accordait qu’aux plus illustres, ce qui montre l’état que l’on faisait de son talent. Il a publié, à Bologne en 1701, plusieurs œuvres parmi lesquelles un concerto à trois ou quatre instruments avec violoncelle obligé.

Abaco (Evariste-Félix d’). Né à Vérone en 1662 (vers 1725, dit Riemann) ; fut directeur des Concerts de l’Electeur Max Emmanuel de Bavière.

Il publia cinq œuvres de musique dont la plupart sont des sonates pour violon et basse ou des morceaux pour deux violons, violoncelle et basse. Fétis écrit qu’il mourut le 16 février 1726. D’autre part T Gerber dit qu’il possède un solo pour violoncelle écrit par Abaco en 1748; ce qui montre que la date de sa mort n’est pas plus précise que celle de sa naissance.

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Léonardo (Léo). Né en 1094 à San Vito degli Schiavi, dans la province de Lucques. Elève de Scarlatti et de Fago, au Conservatoire « délia Pieta », à Naples, puis de Pitoni, à Rome, il fut nommé à son retour professeur au Conservatoire « délia Pieta » et remplit en outre, plus tard, les fonctions d’organiste de la Chapelle royale (1716) et de maître de chapelle de Sainte-Marie « délia Solitaria ». Il échangea dans la sui-te son poste de professeur contre un poste analogue au Conservatoire « Sant’Onofrio » et mourut subitement pendant qu’il était à son clavecin, à Naples 1746.

Il a l’honneur d’avoir composé les premiers concertos pour violoncelle avec accompagnement de quatuor. Le manuscrit est dans la bibliothèque de Venise.

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