‹ Le violoncelleChapitre 15 sur 55 · BOCCHERINI · texte numérisé non relu

BOCCHERINI

Boccherini (Louis) naquit le iq janvier jyqo à Lucqucs (le 18 février 1743 selon Forino). Son père, contrebassiste à la métropole de cette ville, lui fit donner les premières notions de musique par l'abbé Vannucci, maître de chapelle de l'archevêché. Bientôt, le jeune Louis ressentit un attrait très grand pour le violoncelle, et lorsqu’on lui permit de toucher cet instrument, il fit des progrès si rapides qu'ils émerveillèrent sa famille et ses voisins.

Son pèrb, homme avisé, ne douta pas du talent de son fils et l’envoya à Rome se perfectionner et apprendre la composition. Les quelques années passées en cette ville eurent la meilleure influence sur le jeune virtuose. Non seulement, il développa son talent et dépassa ses maîtres, mais il eut encore le bonheur d’entendre la musique de Palestrina chantée par les meilleures voix de la Chapelle Sixtine. Il en éprouvait un tel plaisir qu'il en parlait encore avec enthousiasme à la fin de sa vie et l’on peut dire qu’il est redevable à cette musique de la délicieuse naïveté que l’on trouve dans ses compositions pour violoncelle. « Il est remarquable, dit Fétis, que le certain vague qui plaît tant dans la musique de Palestrina n’est pas sans analogie avec celui qui caractérise les compositions de Boccherini. »

SES VIRTUOSES ! ITALIE

De retour à Lucques. il y rencontra un jeune virtuose, violoniste, élève de Xardini, appelé Manfredi selon les uns, et Manfredini selon d’autres. Ils se lièrent d’amitié et entreprirent des tournées musicales.

De 1762 à 1767, ils visitèrent Turin et quelques villes du Piémont, de la Lombardie, du midi de la France. Ils y excitèrent la plus grande admiration. Boccherini avait écrit ses premiers trios pour deux violons et basse, et souvent, après l’audition, des amateurs ravis demandaient comme une précieuse faveur la permission d’en copier quelques pages.

En 1768, Manfrcdi et Boccherini arrivèrent à Paris (Manfredi était devenu l’imprésario bien plus que le collègue de Boccherini). Un éditeur, La Chevardière, les présenta au baron de Bagge, chez qui se réunissait l’élite des artistes français. Ce fut une révélation, et le charme des compositions de Boccherini, joint au talent des exécutants, leur valut les applaudissements unanimes. On le lit jouer au Concert spirituel, et, détail bien caractéristique qui montre le succès, les éditeurs se disputèrent la faveur de graver ses œuvres. Boccherini dédia ses premiers trios à La Chevardière et ses quatuors à Venier. Il composa aussi, vers cette époque, six sonates pour clavecin et violon, dédiées à M me Brillon de Jouy, claveciniste distinguée, et bien d’autres morceaux, à la demande de plusieurs amateurs.

L'ambassadeur d'Espagne à Paris fit miroiter

aux yeux des artistes les avantages qu’ils trouveraient en son pays, et, en 1769, ils partaient pour l’Espagne. Manfredi ne négligea rien de ce qui pouvait lui permettre d'acquérir les richesses qu’il convoitait. Boccherini, tout entier a son art, ne l’imita point. Il dédia un livre de trios au prince des Asturies (plus tard Charles IV). Le roi et son fils ne récompensèrent pas cette dédicace et le talent de Boccherini, qui n’entra point dans leur musique particulière. Etait-ce parce que Boccherini ne sut pas, a la musique, joindre les intrigues ou les flatteries ? Etait-ce parce qu’ils ne comprirent pas la beauté de sa musique ? Peut-être l’un et l’autre.

L Infant don Louis, frère de Charles III, répara cet oubli en nommant Boccherini violoncelliste de sa musique de chambre. C’est ce titre : « Compositore e virtuoso di Caméra di S. A. R. don Luigi Infante d’Espagna » que Boccherini ne manque pas de joindre à son nom dans toutes les œuvres qu’il compose à cette époque, et particulièrement pour les six quartetti. Op. 6. 11 occupa ce poste jusqu’en 1785, à la mort de ce prince. Il resta alors musicien a la cour d’Espagne avec traitement, mais sans un titre spécial qu’il aurait si dignement mérité.

Peut-être ce fut l’influence du violoniste Brunetti qui lui porta tort. Voici ce que rapporte Fétis :

« Gaetano Brunetti, violoniste habile et compositeur agréable, était à la cour d’Espagne. Il n’avait publié que des œuvres médiocres avant l’arrivée de

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Bocchcrini à Madrid. Plus tard, son style sc transforma et tout porte à croire que l’effet produit sur lui par les compositions de Boccherini et les conseils de ce grand musicien exercèrent la plus heureuse influence sur son inspiration. Cependant, la jalousie et la crainte de se voir supplanter dans sa position par un homme dont la supériorité n’était pas contestable, lui firent payer par la plus noire ingratitude les services qu’il en avait reçus. Boccherini avait sur Brunetti l'avantage du génie, mais celui-ci, doué de l’esprit le plus fin et le plus adroit, prenait sa revanche dans l’intrigue. Le digne artiste voyait bien que son élève employait toute son adresse pour lui nuire dans l’esprit du prince des Asturies, mais il n’avait pas assez d'habileté pour déjouer ses manœuvres. Une anecdote rapportée par le violoniste Alexandre Boucher, qui fut longtemps au service de la cour d’Espagne, prouve jusqu’où allaient les préventions qu’avait fait naître Brunetti dans l’esprit du prince contre Boccherini et contre sa musique.

« Suivant cette anecdote, reproduite par Castil- Blaze à sa manière dans la biographie de Boucher, don Louis, oncle de Charles IV, alors prince des Asturies, conduisit un jour Boccherini chez son neveu pour lui faire entendre de nouveaux quintettes de son maître favori. Dans l’exécution d’un de ces morceaux, le prince jouait le premier violon ; un passage de sa partie où la môme forme se répétait souvent avec monotonie lui déplut : il le joua

en ricanant et finit par se lever en déclarant Ja musique détestable. Boccherini se défendit de son mieux et finit par faire entendre au prince, avec beaucoup d’inconvenance, que pour juger d'une œuvre de musique, il est nécessaire de s'y connaître. A peine ces mots sont-ils prononcés que le prince, doué d’une force herculéenne, saisit Boccherini par ses habits et, le passant en dehors d’une fenêtre, le suspendit au-dessus de l’abîme. Un cri de la princesse des Asturies le rappela à lui-même et il rejeta l’artiste à l’extrémité de l’appartement.

I n pareil acte de brutalité n’a rien qui étonne de la part d’un prince qui poursuivait un ministre du roi son père, l’épée à la main, qui donnait des soufflets à un autre et des coups de bâton à un troisième, qui, enfin, se mesurait avec des palefreniers et des portefaix ; maison a peine à comprendre qu'un homme doux et poli comme l'était Boccherini, y ait donné lieu par une réponse dont l’inconvenance prenait un caractère très grave par le 1 ang de celui a qui elle s'adressait. Quoi qu’il en soit de 1 exactitude de 1 anecdote, il est certain que l’influence mauvaise de Brunctti sur l’esprit de son maître ne cessa pas après que celui-ci fut monté sur le trône et qu’elle se fit reconnaître dans 1 abandon et la misère où vécut Boccherini jusqu’à la fin de ses jours. »

Un i^(Sy, Boccherini dédia un de ses ouvrages au roi de Prusse Frédéric-Guillaume II, protecteur des arts et des artistes. Il reçut comme récom-

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pense, avec une lettre de remerciements, une tabatière de frédérics d’or et un diplôme de compositeur de la Chambre du Roi. 11 continua à écrire pour son protecteur, qui lui fit une pension.

En 1797, Frédéric-Guillaume 11 mourut et Boccherini se trouva alors dans une cruelle détresse.

Il reçut pendant quelque temps des secours de Lucien Bonaparte, ambassadeur de la république française à Madrid. Cet homme, aussi généreux qu’intelligent, comprit et aima le talent de Boccherini. Celui-ci, en retour, dédia six quintettes avec piano à la Nation française. Notons en passant que Boccherini fut le premier à mettre deux violoncelles dans un quintette. Il composa aussi douze quintettes à deux violons, deux altos et basses qu il dédia à son nouveau protecteur.

Malheureusement, Lucien Bonaparte fut rappelé à Paris. Pour subvenir aux besoins de sa famille, Boccherini écrivit pour le marquis de Benavente. Celui-ci, amateur passionné de guitare, exigeait des morceaux avec partie obligée de cet instrument : c’est pourquoi Boccherini arrangea avec guitare plusieurs de ses anciens ouvrages.

Boccherini eut l’idée de venir en France afin d’y trouver des secours, mais il n’eut jamais la somme nécessaire au voyage.

En 1803, Madame Gail le vit à Madrid; elle raconte qu’il n’avait qu’une seule chambre pour toute la famille ; aussi avait-il imaginé de faire construire une espèce d’appentis où il se retirait

au moyen d’une échelle pour y jouer en repos.

« Néanmoins, dit Fétis, sa gaieté ne l’avait pas abandonné. Heureux par l’art qu’il aimait avec passion quoiqu’il ne lui procurât pas meme en Espagne les jouissances de l’artiste, c’est-à-dire celles de l’amour-propre; travaillant pour lui-même sans autre but que celui de se plaire à ce qu’il faisait et de procurer un morceau de pain à sa famille, il avait conservé l’active imagination de sa jeunesse et tous ses maux étaient oubliés dès qu’il pouvait se livrer en liberté à ses inspirations. Doué d’une douceur inaltérable, jamais il ne montrait le moindre mouvement d’impatience contre la mauvaise fortune. »

Telle était d’ailleurs sa probité délicate que, dans cette triste position, il refusa cent louis que Madame Gail était chargée de lui offrir pour un Stabat, parce que ce morceau avait été promis à une autre personne qui ne le lui payait que 60 piastres (280 fr.).

Cependant, les dernières années de sa vie furent remplies par un travail sans relâche devenu pénible pour un vieillard et si mal payé que l’indigence de l’artiste était extrême lorsqu’il mourut, le 28 mai 1805, âgé de plus de soixante-cinq ans.

On a dit que la cour et les grands honorèrent ses funérailles, mais, d’après les renseignements, son convoi se fit au contraire sans pompe et ne fut accompagné que d’un petit nombre d’amis dévoués.

M. Picquot a écrit sur Boccherini une Notice qui

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est bien tout ce qu’il y a de plus complet sur ce point ; malheureusement l’édition épuisée n’a pas été réimprimée.

Parmi les compositions de Bocchcrini jouées à notre époque, il faut citer la Sonate en la, et quelquefois son Menuet, qui est une transcription.

On joue plus rarement les quintettes à cordes, car c’est chose difficile à organiser.

Fétis, grand admirateur de Bocchcrini, a écrit ce qui suit sur ce grand homme :

« Jamais compositeur n’eut plus que Boccherini le mérite de l’originalité ; ses idées sont toutes individuelles et ses ouvrages sont si remarquables sous ce rapport qu’on serait tenté de croire qu’il ne connaissait d’autre musique que la sienne. La conduite, le plan de ses compositions, leur système de modulation lui appartiennent en propre comme les idées mélodiques. Admirable par la manière dont il sait suspendre l’intérêt par des épisodes inattendus, c’est toujours par des phrases du caractère le plus simple qu’il produit l’eflet le plus vif. Ses pensées toujours gracieuses, souvent mélancoliques, ont un charme inexprimable par leur naïveté. On a souvent reproché à Boccherini de manquer de force et d’énergie, c’est ce qui fait dire au violoniste Puppo que ce compositeur était la femme d’Haydn ; cependant plusieurs de ses quintettes sont empreints de la passion véhémente. Son harmonie, quelquefois incorrecte, est féconde en effets piquants et inattendus. Il fait souvent

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usage de l'unisson, ce qui réduit son quintette à un simple duo, mais dans ce cas il tire parti de la différence des timbres avec une adresse merveilleuse, et ce qui serait un défaut chez les autres devient chez lui une source de beautés qui lui sont propres. Ses adagios et ses menuets sont presque tous délicieux. Ses finales seules ont vieilli. Chose singulière ! avec un mérite si remarquable, Boccherini n’est connu maintenant qu’en France.

L’Allemagne dédaigne sa simplicité naïve et l’opinion qu’en ont les artistes de ce pays se résume dans ce mot prononcé par Spohr à Paris dans une réunion musicale où l’on venait d’exécuter quelques-uns des quintettes de Boccherini. On demandait au célèbre violoniste allemand ce qu'il en pensait: « Je pense, répondit-il, que cela ne mérite pas le nom de musique.» Il est fâcheux que la manière de sentir se formule comme les idées chez les artistes et qu’un homme de mérite, passionné pour les transitions fréquentes, soit arrivé au point de ne plus trouver de charme aux choses simples et naturelles, et, ce qui est bien plus triste encore, devenir insensible au mérite de créations toutes originales et individuelles. Heureux l’artiste qui sait certaines choses qu’on ignorait avant lui, mais malheureux cent fois celui dont le savoir se transforme en habitudes et qui ne comprend que ce qu’on fait de son temps 1 L’art est immense ; gardons-nous de le circonscrire dans une forme et dans une époque. »

PRINCIPAUX VIOLONCELLISTES DU XIX e SIÈCLE

Parmi les plus remarquables violoncellistes du xix c siècle, il convient de citer :

Venzano (Louis). Né et mort à Gènes (1815-1878). Après avoir été probablement élève de Pierre Casella, il devint professeur de violoncelle à l’Institut musical de Gênes, de 1855 à *874, et premier violoncelle au théâtre Carlo Felice. Il n'a pas écrit pour son instrument, mais il est l’auteur d'un grand nombre de mélodies vocales qui eurent leur heure de succès. L’une d’elles, écrite pour M mc Grassier et intercalée par elle dans la leçon de chant du Barbier de Séville , devint populaire sous le nom de Valse de Venzano. 11 a écrit la Zingarella , chant fantastique pour soprano avec accompagnement d’orchestre, et un opéra-bouffe en deux actes, La Notle degli schiaffi .

Quarenghi (Guillaume). Né à Casalmaggiore le 22 octobre 1826, élève de Merighi, fut premier violoncelle au théâtre de la Scala de Milan et ensuite professeur au Conservatoire de cette ville. Comme professeur, il écrivit une méthode : « Cette méthode, dit Forino, est bien développée, bien conduite; on pourrait cependant lui reprocher de contenir trop de renseignements, trop de théorie. »

Il a écrit plusieurs pièces pour violoncelle : six Caprices, Pensée élégiaque, Prière, Romance, Scherzo avec piano et quelques fantaisies tirées d’opéras divers. En 1863, il fit représenter un opéra qui n’obtint aucun succès. 11 est mort à Milan, le 4 février 1882.

Piatti (Alfred). Né à Bergame le 8 janvier 1822. Son père, Charles (Antoine dit Riemann), violoniste de talent, lui commença la musique dès sa plus tendre enfance. Il étudia le violoncelle à Bergame avec son grand-oncle Zanetti et à Milan avec Merighi. A peine âgé de seize ans, en 1838, il débuta en un concert où il excita l’admiration générale. Il se fit entendre à Venise, Vienne, Padoue, Munich, avec Liszt en 1843, à Francfort, Berlin, Paris, Saint-Pétersbourg, allant de succès en succès. En 1846, il se fixa à Londres et s’y maria. « Son talent de premier ordre, dit Fétis, n’a pas tardé à lui créer, dans cette ville, une position brillante. Il avait un beau son, une justesse parfaite, un sentiment vrai de l’expression, une habileté d’exécution qui se jouait des plus grandes difficultés. »

Quoique fixé en Angleterre, il quittait cependant quelquefois les brouillards de la Tamise pour se reposer au ciel d’azur de sa villa Crocette, près Bergame, où il est mort le 20 juillet 1901.

Il a écrit pour violoncelle : Variations sur un Thème de Lucie de Lamennoor , Prière, Passe-temps musical, Mazurka sentimentale pour violoncelle et

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quatuor, les Fiancés, Airs baskirs, deux concertos, des études, une pièce pour violoncelle seul.

Il a publié, avec accompagnement de piano, des sonates pour violoncelle de Boccherini, Ariosti et autres anciens compositeurs, mais, comme le dit avec justesse Forino, il est regrettable qu’il n’ait pas voulu noter l’archet, le doigté, les nuances et tout ce qui aurait pu être d’une grande utilité pour les exécutants.

Laboccetta (Dominique). Né à Messine en 1823, mort à Naples en 1896, fut élève de Ciaudelli. Ayant une belle voix de ténor, tantôt il se faisait entendre dans les théâtres d’Europe et d’Amérique, tantôt il faisait chanter la voix grave de son violoncelle. Vers 1879, il fut nommé professeur de cet instrument au Conservatoire de Saint-Pierre de Magella. Il fut aussi premier violoncelle de S. Carlo, lia écrit beaucoup pour violoncelle. « Sa musique est coulante et facile, dit Forino, elle fait plaisir aux amateurs, mais elle manque d’intérêt pour les artistes. »

Braga (Gaëtan). Né à Giulianova (Abruzzes) le 9 juin 1829, mort à Milan le 20 novembre 1907. Destiné d’abord à l’état ecclésiastique, il montra de telles dispositions pour la musique que ses parents, malgré leur pauvreté, l’envoyèrent à Naples. Admis à la classe de chant du Conservatoire de cette ville, il se prit bientôt de passion pour le

violoncelle qu'il étudia avec Ciaudelli. Vers 1853, il entreprit des voyages artistiques en Italie, il se rendit à Vienne où il connut Mayseder, fit pendant plusieurs mois la partie de violoncelle dans ses quatuors et connut ainsi les chefs-d’œuvre allemands. En 1855, il vint à Paris où, dit Forino, il récolta une abondante moisson de lauriers et de deniers. 11 fit représenter divers opéras qui n’eurent pas grand succès. On lui reprocha de calquer le style de Verdi. Il a aussi écrit plusieurs mélodies* vocales, des mélodies pour violoncelle, un grand concerto en sol mineur pour cet instrument. Il a arrangé quelques études de Dotzauer dans une méthode. Le plus populaire de ses morceaux est la Légende Va laque , connue sous le nom de Sérénade de Braga. Cette mélodie se chante avec accompa- . gnement de violoncelle ou violon.

Sbolci (Jefté). Né à Florence le 5 septembre 1833, mort le 7 décembre 1895. Remarquable violoncelliste et en môme temps quartettistc et chef d’orchestre réputé, il fut professeur de violoncelle à l’Institut musical de Florence.

Il eut pour élève Dini (Egiste). violoncelliste doué d'une belle sonorité, professeur au Lycée musical de Venise, mort en 1903.

Forino (Ferdinand). Né à Naples en 1837, fut élève de Ciaudelli au Conservatoire de Saint-Pierre de Magella. En 1863, il vint à Rome, appelé par le

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célèbre violoniste Ramaccioti, pour y faire de la musique cle chambre. En 1867, il fut premier violoncelle au théâtre Apollo, et en 1870 professeur au Lycée musical de Rome dès sa fondation. 11 est mort à Rome en 1905.

11 avait une belle sonorité : bella cavaia, comme disent les Italiens, une grande facilité d’exécution ; il a écrit diverses fantaisies sur des opéras, une tarentelle en la.

Sa méthode, éditée chez Carich, à Milan, est divisée en deux parties ; elle a cette particularité d'initier, de très bonne heure, le jeune violoncelliste aux positions du pouce. Elle se termine par des passages de morceaux des principaux violoncellistes.

Serato (François). Né à Castelfranco le 17 septembre 1843, professeur au Conservatoire de Bologne depuis 1871, a formé de nombreux élèves qui sortent de l’ordinaire et qui ont porté au loin la réputation de l’école de Bologne.

Il avait été d'abord violoniste et il se forma le style au violoncelle en observant attentivement la manière de jouer de plusieurs violoncellistes.

Magrini (Joseph). Né en 1857 à Milan, élève de Truffi, professeur au Conservatoire de Milan. C’est un des meilleurs violoncellistes italiens actuels. Il fut, pendant vingt-cinq ans, violoncelle au théâtre de la Scala.

Sa modestie est aussi grande que son talent.

Lorsqu’on le questionne sur ses compositions, il répond qu’elles n'ont aucune valeur musicale et qu’il les a écrites simplement pour montrer les ressources du violoncelle. A son compatriote Forino qui voulait de plus grands détails pour une note biographique, il répondit : « Le proverbe dit : Apprends l’Art et mets-le de côté : c’est ce que j’ai fait. »

Pezze (Alexandre). (Voir aux Anglais.)

Forino (Louis). Fut l’élève de son père (voir page 84) au Lycée musical de Rome, où il étudia, en même temps que le violoncelle, le piano et la composition. Sorti en 1888, il fut pendant douze ans directeur du Conservatoire de musique Sainte- Cécile, à Buenos-Ayres.

En 1900, maître de chapelle à la cathédrale de Viterbe, il fut en 1901, après un concours international, professeur au Lycée de musique de Rome.

Louis Forino a publié plusieurs compositions, tant pour violoncelle que pour piano et chant. Il est l’auteur d’un livre plein d’érudition, intitulé Violoncelle et Violoncellistes. Dans cet ouvrage, avec l’histoire de la lutherie et des luthiers, Forino a écrit l’histoire des violoncellistes italiens et nous donne la liste complète de tous les professeurs de violoncelle des écoles de musique en Italie. Louis Forino écrit aussi dans Musica des articles très

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