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de faire fortune ; c’est assez le propre des hommes dotaient. Une anecdote qu’il a souvent racontée lui-mème va faire connaître son génie. Tandis qu’il jouissait à Paris de la gloire de n’avoir aucun égal ? un ambassadeur ami de la musique l’engagea à venir faire les délices d’une nombreuse compagnie qu’il avait assemblée. Le musicien complaisant obéit. Il se présente, il joue, il enchante. L’ambassadeur satisfait lui fait compter huit louis et donne l'ordre de le conduire à son logis dans son propre carrosse. Berteau, sensible à cette politesse, mais ne croyant pas ses talents assez bien récompensés par un présent si modique, remet les huit louis au cocher en arrivant chez lui pour la peine que celui-ci a eue de le reconduire. L’ambassadeur le lait venir une autre fois et, sachant la générosité qu il a faite à son cocher, lui fait donner seize louis et ordonne qu’on le reconduise encore dans sa voiture. Le cocher, s’attendant à de nouvelles largesses, avance déjà la main, mais Berteau lui dit : « Mon ami, je t’ai payé pour deux fois. » Malheureusement, si Berteau fut pour l’époque un excellent virtuose, il est difficile de juger aujourd hui son talent, car nous n’avons conservé aucune de ses œuvres. Les anciens catalogues de musique mentionnent l’indication de quatre concertos pour violoncelle que Berteau a composés. Le U histling de HoJJmeisler indique aussi la publication d’un concerto de Berteau. Fétis dit que, vers J820, chez Ilenz Jouve, on publia un concerto de
SES VIRTUOSES : FRANCE
Berteau, mais Vidal a recherché activement ces œuvres diverses sans pouvoir les trouver. « Nous avons lu, écrit Vidal, dans les biographies, que Berteau avait publié plusieurs concertos et sonates pour le violoncelle ; rien de ce genre n’existe dans les bibliothèques publiques ou collections particulières auxquelles nous nous sommes adressés. On ne connaît que la petite pièce en sol insérée sous son nom dans les vingt et une études de Duport Louis et une sonate en la mineur qui se trouve dans la méthode de Bréval. Cette dernière pièce offre une excellente étude pour l’archet; l’emploi du pouce s’y rencontre jusqu’à la position du second mi sur la corde de la. »
On rapporte que Berteau avait un penchant immodéré pour le vin (défaut très commun aux artistes de cette époque). Avant de jouer, il demandait de la colophane : cela voulait dire une bouteille de vin qu’il plaçait sous son siège pour en user après l’exécution de chaque morceau. Son talent faisait oublier ce défaut.
Il mourut en 1756.
Berteau fut un excellent professeur, car il a formé plusieurs élèves remarquables, parmi lesquels il faut citer : Rey, Tillière, Janson l’Aîné, Cupis, Duport l’Aîné.
Rey (Louis-Charles-Joseph). Naquit à Lanzoste en 1738; élève de Berteau en 1755, il fit partie de l’orchestre de l’Opéra en 1767 et fut membre de la
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