SES VIRTUOSES
jeu est plein de charme et son style est toujours très correct. »
Il a écrit une pièce pour quatuor à cordes, exécutée pour la première fois à la Société Nationale des Beaux-Arts (éditeur Desmets).
Feuillard (Louis). Né à Dijon le 20 juin 1872, obtint le prix d’honneur au Conservatoire de cette ville en 1889 et le i cr prix au Conservatoire de Paris en 1894 (classe Delsart).
En 1894, il fut premier violoncelle aux Concerts d’Harcourt et aux Concerts Colonne, de i 9°7 ^
Avec Villaume, le réputé violoniste, il fonda un Quatuor qui a donné de nombreux concerts à Paris et surtout en Angleterre (Londres, Glascow, Edimbourg, Liverpool, Leeds, Manchester, etc.). Depuis ces dernières années, ce Quatuor s’est spécialement occupé de musique moderne.
Feuillard a formé de nombreux élèves dont quelques-uns ont été lauréats au Conservatoire, lia transcrit le célèbre Mécanisme d’archet du violoniste Sévcik.
Quoique écrits pour violon, ces exercices, transcrits pour violoncelle, sont bien utiles pour faire progresser un élève patient et studieux.
Feuillard joint à son talent une remarquable bonté : il répond toujours avec la même bienveillance, qu’on lui demande un service ou des conseils.
Touche ([-rancis). Est ne à Toulouse le 25 février 1872. De sérieuses dispositions musicales lui permirent clans son enfance de mener de front l’étude du piano et du violoncelle, et après de nombreux succès obtenus aux Conservatoires d’Avignon et de Marseille, il vint à Paris en 1889 et fut admis d’emblée dans la classe du violoncelliste Rabaud.
En 1892, il avait le premier prix à l’unanimité.
Après un séjour d’un an à Nîmes comme professeur au Conservatoire de cette .ville, il revenait définitivement à Paris en 1894 et prenait à ce moment la direction de l’orchestre des Concerts Rouge, direction qu'il garda douze ans. 11 ne la quitta en 1906 que pour fonder, sous sa direction, les Concerts 1 ouche. dont le succès fut spontané.
La personnalité artistique de Francis Touche, son originale manière de conduire son orchestre, en exécutant lui-même sa partie, sont partout si appréciées qu’il est superflu d’en faire ici l’éloge.
Marneff (Jules). Né à Namur le 16 mai 187.4, reçut, tout jeune, les premières notions de musique : il joua du violon pendant un an, mais sur les conseils de Ciriadès, professeur à Namur, il étudia le violoncelle et fit de rapides progrès. Reçu au cours supérieur de Bruxelles, il n’y resta que trois mois, pour venir au Conservatoire de Paris; il eut le I er prix (premier nommé) et à l’unanimité, avec le prix Georges Haim,au concours de 189.1. Marneff resta cinq ans aux Concerts Colonne et donna sa
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démission pour entrer comme soliste aux Concerts Lamoureux.
Il a fait de nombreuses tournées tant en France qu’à l’étranger. En 1910, il se lit naturaliser Français et put ainsi concourir pour entrer à l’Opéra, où il se trouve actuellement.
Il fait partie du Quatuor fondé par le violoniste Firmin Touche.
11 est aussi membre fondateur de la Société le Double Quintette de Paris (quintette à cordes, et quintette à vent) qui a fait, en France et à l'étranger, des tournées couronnées de succès. Cet artiste possède un joli son et un beau sentiment.
Fournier (Louis). Est né à Marseille le 8 juillet 1877. De bonne heure il se lit remarquer par de brillantes dispositions pour la musique. Après avoir remporté le i cr prix de violoncelle au Conservatoire de sa ville natale, il vint se présenter au Conservatoire de Paris où il fut admis dans la classe de Delsart. En 1901, Fournier obtint le i er prix de violoncelle à l’unanimité, premier nommé. Bientôt après, il entrait aux Concerts Colonne où pendant plusieurs années il lit fonction de violoncelle solo.
Depuis 1902, Fournier fait partie du Quatuor Parent , l’un des plus réputés de nos quatuors français, dont les séances, chaque année très nombreuses à la Schola Cantorum , au Salon d automne, dans les salons et les cercles parisiens, sont consa-
crées à l’audition non seulement des chefs-d’œuvre classiques mais aussi des productions nouvelles de notre jeune école.
Comme l’écrivait le critique Paul Landormy, Louis Fournier est un artiste, au sens le plus élevé du mot, qui sait mettre respectueusement sa science et son habileté d’exécutant au service de la pensée des maîtres et en faire valoir les aspects les plus divers.
Casais (Pablo). (Voir aux Espagnols.)
Bedetti (Jean). Né le 25 décembre 1883, commença très jeune ses études à Lyon sous l’excellente direction de son père, professeur de violoncelle au Conservatoire de cette ville. Il entra au Conservatoire de Paris (classe Loeb) et y remporta le i cr prix en 1902.
Bedetti est actuellement soliste des Concerts Colonne. Il a fait plusieurs tournées en France et à l’étranger. Sa carrière musicale est pleine d’espérances : le passé répond de l’avenir, surtout lorsque le travail consciencieux se joint à un talent naturel remarquable.
Clément (Adèle). Née à Saint-Gengoux-le-National, le 2 février 188.4, f ut prise, à une séance de musique donnée dans sa famille, d’un grand désir de jouer du violoncelle.
Après avoir eu pour professeur Gustave Girod,
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violoncelle solo à l’Opéra-Comique, elle entra au Conservatoire de Paris (classe Cros-Saint-Ange) et obtint en 1902 le premier prix à l’unanimité (première nommée)..
Elle donna plusieurs concerts chez Erard, se fit entendre à Paris avec l’orchestre Chevillard et à Berlin avec l’orchestre Blüthner.
Elle fit plusieurs voyages en France, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en Portugal, couronnés de succès.
M ,,e Clément a fondé avec M ,le Baillet (piano) et M Hc Talluei (violon) un trio qui se fait entendre à Paris et à l’étranger.
Caponsachi (Marguerite). Née à Bordeaux le 5 mars 1884 d’un père italien et d’une mère espagnole. A l’âge de onze ans, elle commença à travailler le violoncelle avec quelques professeurs de province. Ces leçons n’étaient pas suivies et bientôt elle travailla seule tout en jouant dans le petit orchestre de son père avec lequel elle faisait de longs voyages.
En 1903, elle entra au Conservatoire de Paris (classe Loeb) et, après huit mois, elle obtint le premier prix à l’unanimité sur 14 concurrents. Elle a fait diverses tournées en France, en Allemagne, en Portugal, en Espagne, en Scandinavie. A Paris, elle se fit entendre en soliste aux Concerts Lamoureux. De l’avis de tous, madame Caponsachi- Zeisler est l’une des meilleures violoncellistes
modernes; elle possède un joli son et a beaucoup de charme.
Bazelaire (Paul). Naquit à Sedan le q mars 1886. Les premiers principes du solfège et du piano lui furent donnés par sa mère, femme de grand savoir. A sept ans, il commençait l’étude du violoncelle et les progrès qu’il accomplit furent si rapides qu’il se faisait déjà entendre en public deux ans plus tard. Entré en 1896 à la classe de Delsart, à Paris, il en sortit huit mois après avec le 1" prix de violoncelle, n’ayant pas encore douze ans, fait peutêtre unique dans les annales de cette école.
Virtuose bientôt connu, Paul Bazelaire fit de nombreuses tournées successivement en Allemagne, en particulier à Berlin où l’empereur Guillaume lui remit en signe de satisfaction une épingle de cravate en diamants et émeraudes; en Angleterre, jouant notamment aux Concerts de Quecn’s Mail à Londres ; en Russie, devant le tzar, qui lui fit don d'un chronomètre en or; aux Conservatoires de Saint-Pétersbourg et de Moscou, en Autriche et à Vienne, en Pologne, en Belgique, en Italie, à Rome, où il joua devant le pape Pie X.
Paul Bazelaire fut élève pour la classe d’harmonie de Xavier Leroux, où il remporta le i cr prix au bout d’un an (1903), et pour le contrepoint et la fugue de MM. Caussade etLenepveu, où il remporta égalementen un an le 1" prix (1905). Devenu violoncelle solo des Concerts Sechiari qu’il dirige en second,
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Paul Bazelaire est aussi un compositeur apprécié.
Parmi ses œuvres on peut citer : Ballet grec (des plus caractéristiques) ; Cléopâtre (épisode symphonique) : La Chasse (pour orchestre) ; Jésus devant Pilate (pour solo, chœur et orchestre) ; Trio pour violon, violoncelle et piano; Toccata , prélude et fugue, villanelle ; Le Colibri.
Benedetti (Umberto). Né à Livorno (Italie) le 28 novembre 1886, vint au Conservatoire de Paris en 1903 (classe Cros-Saint-Ange) et obtint le i cr prix en 1906 après un concours des plus brillants. Dès 1907, il fit une grande tournée en France avec la célèbre pianiste M me Roger-Miclos et le chanteur Bataille.
Il fut violoncelle solo, aux Concerts Rouge, à la société des Concerts Ilasselmans.
Benedetti est actuellement violoncelle solo aux Concerts de Monte-Carlo.
Kellert (Gabriel). Né en 1891 de parents russes à Chicago, il commença à jouer du violoncelle à lïige de six ans, et par des qualités remarquables pour son jeune âge, il étonnait ceux qui l’entendaient. Il donna plusieurs concerts aux Etats-Unis, à peine âgé de dix an's, avec un grand succès. Cela lui aurait été funeste s’il n’avait eu la sagesse de venir en Europe compléter son éducation musicale auprès des plus grands maîtres de Paris, Bruxelles, Vienne et Berlin.
Actuellement fixé à Paris, Gabriel Kellert fait souvent des tournées artistiques en France et à l’étranger avec ses deux frères Michaël (pianiste), Raphaël (violoniste). Le trio des frères Kellert jouit d’une réputation méritée par les qualités de son interprétation.
En Province
Tolbecque (Auguste). Violoncelliste et luthier, né à Paris le 30 mars 1830, entré au Conservatoire à douze ans, étudia le violoncelle avec Vaslin, eut le i cr prix en 1849 et continua dans la classe de Reber pour la composition.
En 1852, il vint professeur et organiste à la maison diocésaine de Pons.
En 1856, appelé par le Congrès de l’Ouest, à Niort, il s’y maria espérant se faire une situation dans cette ville. Mais les ressources étant insuffisantes, il prit un engagement pour Marseille où il ne tarda pas à devenir professeur au Conservatoire de cette ville après avoir été violoncelle-solo du Grand-Théâtre. Revenu à Paris en 1872, il entre à la Société des Concerts du Conservatoire où il obtint un magnifique succès dans le Concerto de Saint-Saëns {la mineur) qui lui est dédié.
Il fit partie du Quatuor Morin pendant de longues années et se fit entendre dans de nombreuses auditions classiques comme violoncelliste et comme gambiste, car il s’est très sérieusement occupé de
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jouer de la basse de viole et de reconstituer la musique écrite pour cet instrument.
Tolbecque ne s’est pas contenté d’être violoncelliste, il a commencé dès sa jeunesse l’étude de la lutherie. En sortant des classes du Conservatoire il allait travailler chez le luthier Victor Rambaux : « Dans ma modeste chambre d’étudiant, écrivait-il plus tard, l’établi avait sa place à côté du pupitre et souvent le pot à colle chantait sur le feu pendant que je travaillais un concerto de Rombergou que je réalisais une basse chiffrée de Fenarolli. » Tout en suivant sa carrière musicale, Auguste Tolbecque quittait l’archet pour le compas, le rabot et le canif. Aussi son habileté de main, son esprit studieux et inventif et ses patientes recherches lui ont permis la construction d’instruments modernes de réelle valeur et la reconstitution d’instruments anciens. 11 fut le créateur de collections d’instruments appréciés et réputés.
Comme luthier, Tolbecque a pu écrire divers ouvrages sur la lutherie dont le plus important, P Art du Luthier, est du plus grand intérêt.
Comme violoncelliste, il a écrit plusieurs concertos, un grand nombre d’airs variés, des études parmi lesquelles il faut citer : La Gymnastique du violoncelle.
Il vit retiré à Niort.
Tolbecque (Jean), fils du précédent. Né à Niort le 7 octobre 1857, fut élève de Chevillard au Con-
servatoire de Paris, obtint le i cr prix de violoncelle en 1873. Elève de César Franck, il eut aussi un i cr accessit d'orgue.
Dienne (Emile). Naquit à Cambrai le i cr juillet 1843. A douze ans, il entrait à l’école de musique de cette ville et ses progrès furent tels que la municipalité, reconnaissant ses aptitudes musicales, l’envoyait au Conservatoire de musique de Bruxelles où il étudiait avec Servais. Dienne en sortit/trois ans après avec le i cr prix. Il vint se fixer a Fille où il ne tarda pas à acquérir une belle réputation comme professeur et comme exécutant.
Depuis plus de vingt ans, M. Dienne est professeur au Conservatoire de Lille, où il forme de bons élèves, dont quelques-uns ont été ensuite lauréats du Conservatoire de Paris.
Colombier (Auguste). Néà Limoges,le 23 décembre 1847, reçut les premières notions de musique de M. Charreire. Tout enfant, il entendit un jour le violoncelliste Ladousse qui jouait dans une troupe de passage à Limoges et fut tellement charmé qu’il ne rêva plus que d’apprendre le violoncelle. Son père s’y opposa et l’enfant, pendant trois ans, travailla son instrument en cachette pendant l'absence de son père. Celui-ci, l’ayant entendu par hasard, fut ravi et s’empressa de lever la défense. Le jeune artiste se mit alors au
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violoncelle avec ardeur et acquit une belle sonorité et un jeu très expressif.
En i8q8, il entrait au théâtre de Limoges: il y resta quarante ans, il fut longtemps violoncellesolo clc la Société Philharmonique, plusieurs fois il joua des quatuors avec les membres de sa famille.
Inslegers (Alphonse). Né le i cr janvier 1868 à Bruges, étudia avec Rappé, Deswert et ensuite avec Jacobs au Conservatoire de Bruxelles.
Il a été professeur à l’Ecole nationale de musique de Douai.
Fiévet (Claude). Elève du Conservatoire de Lille, il en sortit avec deux premiers prix en 1886; il commença ses études d’harmonie avec Delannoy à Roubaix et les termina à Paris.
Nommé en 1888, après concours, professeur de violoncelle à l’Ecole nationale de musique de Valenciennes, où il est actuellement, il écrivit : une méthode de violoncelle, élémentaire, méthodique, progressive , qui a reçu de nombreuses félicitations et qui semble les mériter. L'auteur insiste beaucoup sur l’étude de la première position : il a raison. Après les quatre premières positions il y a vingt-deux études qui traitent tour à tour de l'agilité des doigts, des arpèges, sautillé, staccato, trille, etc...
Fiévet a aussi composé des morceaux pour violoncelle et piano : Expansion , Contemplation , Lied
dAutomne, Doux Sommeil , Extase, Cantilène , pièces à effet pour encourager les jeunes violoncellistes.
En janvier 1908, il a fait jouer un opéra-comique couronné à Milan : Le Magicien.
Bonnin (Jean). Obtint le I er prix au Conservatoire royal de Bruxelles (classe Edouard Jacobs). Professeur de l’Ecole nationale d’Aix en Provence et violoncelle-solo des Concerts classiques de Marseille, il est définitivement fixé dans cette ville depuis une dizaine d’années, y occupant une situation prépondérante par son enseignement et ses concerts.
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Sauvaget (Alfred). Né vers 1830, fut élève de Franchomme au Conservatoire de Paris, et fut ensuite professeur au Conservatoire de Toulouse. Il est mort en 1908.
Sautreuil (Albert). Né au Havre en 1858, étudia le violoncelle avec son père, ensuite avec Franchomme au Conservatoire de Paris. Il fit partie de l’orchestre des Concerts Pasdeloup et de l’Opéra- Comique. Revenu au Havre, il y créa une société pour l’exécution de la musique classique et moderne.
Rosoop (Louis). Est né à Tourcoing (Nord) le I er septembre 1883. Après avoir obtenu son premier prix (classe de Dienne) à Lille, il travailla au Con-
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servatoirc de Paris (classe Loch), où au bout de dix mois il obtint son prix à l’unanimité. Il fut soliste aux Concerts Ilasselmans. Demandé par Marsick pour faire partie de son quatuor, il lit avec lui une brillante tournée en Egypte.
Après s'être fait entendre en différentes villes de France, il a pris à Bordeaux, depuis 1909, la succession d'André Hekking au Conservatoire de cette ville. Son jeu est plein de charme, d'élégance et de sentiment.
Samazeuilh (Pierre). Né à Bordeaux le 7 juillet 1883, eut à seize ans le i cr prix de violoncelle au Conservatoire de sa ville natale où il travailla sous la direction de Lasserre, d’André Ilekking. Il s’établit ensuite à Berlin, travailla avec Anton Ilekking, se fit applaudir en Espagne, en Allemagne et en France, à Tours avec le Quatuor Bataille, à Bordeaux avec Ysaye et Pugno.
Il est actuellement fixé à Toulon.
Ringeisen (Marcel). Né à Dijon le 14 décembre 1885, fit ses premières études musicales au Conservatoire de cette ville où il obtint un i Cr prix à quatorze ans. Entré au Conservatoire de Paris (classe Loeb), il en sortit i cr prix en 1906. Après un concours, il fut nommé professeur au Conservatoire de Toulouse en 1908, en remplacement de M. Sauvaget. Il est en meme temps violoncelle-solo au théâtre de cette ville.
Que d'autres nombreux violoncellistes français, tant à Paris qu’en province, manquent à ce chapitre! Ils se dérobent obstinément aux recherches des biographes et désirent vivre modestement, heureux des satisfactions qu’ils trouvent dans leur Art.
NOGUÉ.
Le Violoncelle en yUlerpagne