ADDITIONS ET CORRECTIONS 1)1. PREMIKRK ÉPOQUE
Un certain nombre d'addilions et de corrections peuvent être rapp(trtées à une épocpie fort ancienne et prol)ai)lemenl contemporaine de la Iransc 1 iplion (hi manuscrit. L'écrilure de cette première revision a les nu'mes caractères ([uc récriture du manuscrit; elle est sculemeni plus lourde, généralement moins haute et d'une encre un peu moins luisante.
C'est à la première rexision ([u'on doit alti ihner la |)ltipail des vers omis par le copiste et (|uOn Iroiixe dans les niarge> du haut et du has et dans l'interligne (■'^ Elle a plusieurs procédés de renvoi.
Pour iH) simple mot omis dans le \ers, un petit trait horizontal est mis dans l'interligne au-dessus de l'endroit où .se place la la< une; le mot est dans |;i marge de droite avec un trait semhlahle au-dessus. Le cas ne se j)résente ([lùme fois dans nos fragments (fol. \\\vi, [en. I\ , 2()8, FAMA).
Un si<,Mie à pou près .sonil)lal)l(< sp ronlonlre , placé par une main posloriourc , aux deux passages suivants: fol. xxx, liv. III, v. 3i/i, cl loi. i.xxiv v°, iiv. IX, V. .^3/1 . C'est aussi ummain postérieure qui a mis l'ohèle en face du V. 26/1 du livre I (fol. xii v°) et le signe particulier V devant le v. io3 du livre IV des
Gvorijique.< (loi. vu). On trouvera plus loin di's exemples de l'asirrisque , mais de main récenle et réduit à l'état de renvoi.
Nous avons relevé aussi ipichpies lins divers cpie le copiste ne Usai! pcut-èire pas cl cpii ont été sûrement terminées par le premier reviseur. (Voir plus liant , p. (iSg . Alphahct , in fine.)
Pour les vers mis dans les marges, le renvoi ordinaire est formé par les lettres A et B dans la marge de gauche. Voici la liste de ces vers :
Fol. XXIX v", Aen. III, 210. — A en face de 209, B en face de 210. Fol. Lx, Aen. VII, 188. — A en face de 187, B en face de i88. Fol. Lxvii, Aen. VII, Sgô-Sgy. — B est en face de SgS; A paraît avoir été effacé quand on a mis l'onglet.
On trouve aussi Aen. IV, 2/i5 (fol. xxxv) ajouté sans renvoi apparent au bas de la page. Sa place entre 2 4.4 et 2^6 est marquée par le signe >; le même signe, presque absolument effacé aujourd'hui, se devine en face de 2 45.
L'astérisque figure une fois dans le Vaticanus, combiné avec le renvoi par A et B : fol. xli, le reviseur s'en est-il servi pour corriger l'erreur par lacjuelle le copiste a placé Aen. IV, 670, après 677.^ L'astérisque est à la fin de 699 et dans la marge de gauche, la lettre B est en face de 67 1 . La lettre A devait certainement se trouver en face du vers transposé; elle a été grattée, et c'est à tort que M. Ribbeck voit sous ce grattage im astérisque ('l Remarquons que A et B sont équivalents à des numéros d'ordre. Ce cas rentre donc dans les renvois précédemment indiqués; quant à l'astérisque, je le crois partout de main postérieure, et nous allons le retrouver dans les corrections de main récente. Le même reviseur paraît avoir corrigé les Géorgicjues et mis à sa place dans l'interligne IV, 483 (fol. ix v°). Ce ne sont pas les seuls vers ajoutés au Vaticanus, mais les autres additions sont postérieures à celles-ci.
Les procédés de correction du premier reviseur sont de plusieurs sortes. Pour annuler une lettre seule :
1° Un simple trait transversal ne dépassant la lettre d'aucun côté; ce procédé est le plus fréquent ; 2° Un trait transversal avec un point au-dessus de la lettre : fol. v, Georg. III, 2 1 1 , le second O dans BOVOM ; fol. xxxiv, Aen. IV, 82, le premier A dans DOMOAMARE; fol. xlvii, Aen. VI, 269, le second N dans CONCLAMANT; 3° Un trait horizontal de la largeur de la lettre : fol. xxxii v°, Aen. IV, 2 9 , H dans SEPVLCHUO ; 4" Deux traits horizontaux : fol. Lxiv, Aen. VII, 309, M dans VER.TIM; 5° Un ou deux traits
Proleg.,^^. i53. — En général, quand l'apparat critique de M. Ribbeck indique au Vaticanus des lettres effacées par des traits horizontaux , c'est des traits transversaux qu'il faut lire.
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horizontaux avec un point au-dessus de la lettre : loi. \i.viii, Aen. \1, /jiS, M dans RECVMBANS.
Pour annuler un groupe de lettres, le reviseur se sert d'un long trait horizontal passant au milieu des lettres : fol. LXi, Aen. Ml, 2i3; fol. \\\n v", Aen. IV, 2li. On trouve aussi deux lettres de suite annulées isol('*m(!iit : fol. Lxxii, Aen. IX, i58.
Le point ou les deux points au-dessous de la lettre, (juand ils se tr<)ii\enl dans le Vaticanus, sont toujours d'une main récente.
Les lettres omises sont simplement ajoutées dans l'interligne supérieur, audessus de la place qu'elles devraient occuper. Les lettres ou les parties de mois corrigées sont au-dessus des lettres annulées qu'elles remplacent. Knliii. le système de modifier une lettre par une surcharge est familier au premier réviseur : on trouve, par exemple (fol. lxii, Aen. MI, 206 et 2.")8), REGIA transformé en REGNA, TVTVM en TOTVM, VRBEM en ORBEM.
ADDITIONS ET CORRECTIONS POSTKRIEl RKS.
Le Vaticanus a siihi dans la suite des siècles un iiomhic considérable de revisions. Ces revisions, il est vrai, n'ont pas le caractère de la j)remière, (|ue nous supposons contemporaine de la transcription; elles sont toul ii lail partielles et ne portent, dans l'état actuel des fragments, ([ue sur une |)age ou sur quelques pages isolées. La plus ancienne seule, (pii est la plus importante, parait avoir eu pour but de c()mj)léler, dans l'ensemble du manuscrit , la j)remière revision. Voici la liste chron()l()gi(|ue . aulant tpi'on jxMil la dresser pour des spécimens d'écriture aussi incomplets, des diverses mains (jui ont retouché le Vaticanus :
1° Capitale du v*" ou vi'^ siècle (.^). 11 est utile de faire remanjuer (jue (clte écriture est presque identique à celle du copiste du Mediceus; la finesse de la plume et la teinte brune de l'encre contilbuent encore à les rapprocher et à faire supposer que le Vaticanus aurait été corrigé, sinon par le coj)isle du Mediceus (ce qu'il serait téméraire d'aflirmer), du moins |)ar une main contemporaine de celui-ci et appartenant à la même école de calligraj)hie Au
L'écriture du réviseur du Vaticanus esi seulement, coninH* on doit s'y allendro, un [khi |)lu!> cursive.
fol. X , Georçj. IV, 5 2 5-5 26, au milieu de 5 2 5 , après le mot EVRYDICEN , vient dans le texte ce qui suit Eurydicen dans 52 6 ; la lacune a été coml^lée par le reviseur, bien que la déchirure du parchemin ne permette de lire que la moitié de ce qu'il a écrit. Il s'est mis à écrire dans l'interligne supérieur, aussitôt après EVRYDICEN, en commençant par le renvoi •/ qu'on retrouve au bas de la ligne. Au fol. xxxvi, Aen. IV, 286 (rejeté par divers éditeurs) est ajouté à sa place dans la marge supérieure par le reviseur; il est précédé de l'astérisque; mais ce signe est postérieur et doit être contemporain de l'astérisque signalé plus haut. Le reviseur met parfois des variantes dans l'interligne, au-dessus des mots du texte et sans les annuler (fol. xxxviii, Aen. IV, /igo). Pour un mot ou une syllabe omise, il met deux petits points au bas de la ligne, à l'endroit précis de la lacune, et ces deux points se retrouvent dans l'interligne supérieur, devant les lettres ajoutées. C'est bien la même encre, sinon la même main, ([ui a corrigé Aen. I, 476, en inscrivant un grand I sur la première lettre du mot ANANI (fol. xivv'')(i'.
1° Capitale impossible à dater et qui paraît imiter l'écriture originale du manuscrit et celle du premier reviseur; il est facile de les confondre et nous avons pu le faire quelquefois. Le mot INIQVAE (fol. xvii v°, Aen. I, 668) nous paraît du nombre de ces corrections d'imitation; celle-ci a été faite d'une manière étrangère aux habitudes du premier reviseur, puisque le mot ACERB AE , qui finit le vers, a été gratté et le mot INIQVAE ajouté à la suite C'est peut-être à cette lourde calligraphie imitatrice qu'il faut rapporter la plupart des inscriptions en lettres capitales à l'encre qu'on trouve sur les miniatures. Ces inscriptions sont de diverses époques et plusieurs ont la lettre H en forme de K; mais la plupart sont assez médiocres pour qu'on puisse leur assigner la même date qu'aux adjonctions grecques du même genre dans Vlliade de Milan , c'est-à-dire sans doute le ix^ ou le x*^ siècle '^l
Une main qui i-essemble beaucoup à celle de ce second reviseur, mais que la forme de ses T et de ses A classe un peu plus lard , se rencontre en divers endroits : au fol. xxi , elle a corrigé ACTA, ACTELA, ALTA {Aen. Il, Ml, M3, 4d6); au v°, IRRITA, mis à la fin du vers avec un signe de renvoi [Aen. Il,i45g).
i\ous rapportons aussiaveccertitudeà cette
main le PER de PERVIVS (fol. xxi, Aen. Il, /i53) et la correction MONTISAC dans l'interligne, au-dessus d'an A déjà barré par le premier reviseur et gratté par un autre (fol. xxix v°, Aen. m, 206).
Tel était, sur ï Iliade, le sentiment de Ceriani, rapporté par Schreiber, Ann. deli Ist. arch. , 1875, p. 3i 5.