‹ Le Virgile du Vatican et ses peinturesChapitre 12 sur 30 · ÉTUDE DES PEI.NTLHES · texte numérisé non relu

ÉTUDE DES PEI.NTLHES

Les peintures conservées dans le Virgile du Vatican sont au nombre de cinquante, soit neuf pour ce (pii reste des Géonjiques et quarante ef une pour y Enéide. Avant de les étudier directement, il faut rappeler et apprécier les reproductions partielles ou totales qui ont été faites, à diverses épo([ues, de cette illustration anticpie de Virgile.

Les peintures du manuscrit ne paraissent pas avoir frappé les premiers possesseurs autant ([u'on pourrait s'y attendre. Les témoignages (pic nous recueillons pour le wi*^ siècle les mentionnent comme très anciennes et très .soignées, mais personne ne songe à y chercher des renseignements arcliéologicpics ou à les multiplier par la gravure'''. La prcmu're teutali\e de ce gciuc date de 1677. Le cardinal Camillo Massimi, grand amateur d'arf aniitpic, lit alors graver sur cuivre à ses frais les peintures du Vu'gilc, pai- le plus célèhrc graveur (lu temps, Piefro Santi Bartoli , de Luc(pies, collaborateur de liellori pour des œuvres archéologiques importantes Ces planches, (pii n'entrèrent pas dans le domaine public, ne rendirent aucun ser\ice à l'érudition. Aussi un savant allemand, conser\ aleiu- du nuisée et de la l)il)li()tbè(pie du roi de Prusse, J. K.. Schott, eut-il l'idée de faire reproduire les mêmes peintures dans luie réunion de moiuunents anti(pies destinée à illustrer les œuvres de Virgile. Mais le projet u'ciil pas de sinle, ci l'abncius nous apj)ren(l (|ue la mort empêcha Schott d'exécuter sou uigéiueuse collection ' .

Les planches de Bartoli lureni lardu ement publiées ei p.iiiirent ;i l»oine sous ce titre : P. Vir<jilii Maronis opéra quae sujwvsunl , ex aiili<iu(i cudice I alicano ad priscain inuuimnin formain incisa a Petro Sancte liarloli, in bihlinl/ici a Camilli rardin ilis Ma.rimi diu servata et demum, perniissu marrhionis Caniilli

''' \ous élal)lissoii.s ci'|)en(taiil dans I liistoii o (lu ins. qu'il a inspiré plusieurs fois Raphaël et Marc-Anloinc.

Bartoli parait avoii- fait diverses séries de croquis, aujourd'liui ou Au{,dcterrc. Voir les iiidirations doiiiu-cs dans la notice sur la

|ilanclie I de la PuUvo<jruf)htcal Society, et par Micliaeiis, Arch. Zeilung . 1875, p. G-.

liibliolli. Iitl. suppicm. , éd. Ilanih. . I. S i a, p. '->A)~. Scliolt mourut à lierliii en 1 y 1 7 ; le Journal des savaiis de 1 708 avait annoncé son projet (p. 2 17).

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Maximi, typorum impressione pandita. Anno m. dcc. xxv^^K On avait réuni à fp.iarante-cinq peintures de notre manuscrit six peintures tirées du Romanus (Tityre et Mélibée, la Tempête, le Repas de Didon, Sinon et le Cheval de Troie, Enée et Didon dans la grotte, la Mission d'Iris près de Turnus); l'éditeur, qui n'a joint qu'une explication de quelques lignes pour chaque sujet, n'a pas dissipé la confusion qui devait se produire entre les deux manuscrits et qui s'est prolongée jusqu'à nos jours. Parmi les peintures du Vaticanus que Bartoli n'avait pas reproduites est la première, qui, dès le xvii*= siècle, se trouvait très elFacée. Pour celles qui étaient incomplètes, il avait restitué, sans avertir de leur mutilation , les parties absentes.

Ces planches, (jui ne sont pas sans mérite au point de vue de l'exécution, ont le tort grave de défigurer absolument l'original Le talent du graveur ne se prête pas à rendre la rudesse et les coups de pinceau un peu grossiers de nos miniatures, et, comme il ne se contente pas de la simplicité des scènes qu'il traduit, il les surcharge d'accessoires et modifie arbitrairement les éléments fournis par son modèle. Il ajoute ici des nuages, là des arbres, rend barbus les visages imberbes, allonge les vêtements courts, complique f architecture. II supprime ou transcrit sans règle les inscriptions. Il ne distingue pas toujours certaines parties de la peinture; enfin il manque à son rôle de traducteur dans une foule de cas, qu'il est sans utilité de relever en détail, puisque ses gravures ont été remplacées

En 1 74 1 , Bottari reprend les planches de Bartoli pour les joindre à la belle édition qu'il donne du texte même du Virgile du Vatican les fragments sont

In-folio. Les planches ne sont pas numérotées. Un très petit nombre d'exemplaires , au dire de Bottari, ont été exécutés et on a beaucoup de peine à trouver cette édition.

Cf. le singulier jugement de D'Agincourt [Histoire de l'art, t. III, Peinture, p. 29).

Le Florentin Baldassare Gabuggiani, croyant perdues les planches de Bartoli s'était mis , dit-on , à graver les miniatures du Virgile. Quand il les vit paraître, il arrêta son travail et s'affligea d'avoir perdu son temps et sa peine , en constatant que son œuvre ne pouvait entrer en comparaison avec les gravures de Bartoli.

(G. Gori Gandellini, Notizie istoriche degli intagliatori, 2' éd.. Sienne, 1808, t. II, p. ^7; cf. Nâgler, Neiies allgem. Kànsller-Lexicon, Munich, 1837, t. IV, p. 545.)

'''' Antiquissimi Virgiliani codicis fragmenta et piclurae ex bibliotlieca Vaticana ad priscas imaginam formas a Petro Sancle Bartholi incisae. Romae ex Chalcogruphiu R. C. A. apud pedem marmoreiim A. S. cic icccxli. Ce titre est encadré dans le même frontispice que celui de 1726. In-fol. de xxij-325 pages. Un exemplaire sur parchemin est à la bibliothèque Corsini. — Bottari rappelle [praef. p. xxij) qu'il n'est

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