LE MRGII.E DU VATICAN
moins large c[uc ne l'indique Mai, et parait prêt à se défendre contre les apparitions infernales [strictainque aciem venientibus offert). Les monstres ou les fantômes symboliques, décrits en si grand nomljre par le poète, occupent tout le reste de la peinture et sont diversement groupés. Au centre est l'orme où hai)itent les songes [in medio ramos . . . pandit Ulnms opaca); il divise verlicalement la peinture en deux parties. Le premier fantôme ([ui se j)résente (levant Enée est assez semblable à Tisiplione ou à Alleclo dans les peintures 35 et 4o ; il a la tunique verte et tient la lorcbe de la main gaucbe ; c'est la Guerre ('J. IMus loin l'bydre de Lerne, représentée comme une bête noire (jui a un corps de dragon et une léte de femme, d'où sortent plusieurs tètes de serpent De l'autre côté de l'arbre sont deux centaunîs, représentés par le peintre avec des couleurs d'êtres réels, puis la Chimère [jlammisque annota Chinuicra , au seuil d'un antre obscur ([ui fait pendant, sur la droite de la j)einliire, à la caverne d'où sort Enée. La (Chimère a trois tètes (lion, chèvre et serpent' vomissant des flammes. Au dessus, Géryon couché, sous la forme d'un groupe de trois guerriers portant casque, lance et bouclier, et réunis par une paire unicpie de jambes {forma Iricorporis umhrae). Une image de Scylla \ un dauphin à corps de fennne, une rame à la mam, nage sur la surface d nii pclil marais. Au dernier plan se trouve, à l'angle de droite, une Harpie sur un rocher; à l'angle de gauche, le corjjs nu de Briarée, couché devant une petite conslruclioii noire à une seule j)orle; huit bras sortent de ses épaules [ccntunujeminus Briareus). linlrc ces deux derniers sujets sont sept personnages dans diverses attitudes, dessinés seulement sur le fond violet de la jx'inture sans avon- été chargés d'une couleur particulière. Ils re|)résenteiil les divers maux énumérés par Virgile, y 7/1 cl suiv. {Curac, Morhi. Scnectus, etc.). Il
Mai ne doiile pas que ce ne soil Allocio, et, comme la lètc est enlièremeiil ciracéc, il lui met avec assurance une chevelure de scrpculs. (]('tlc attrii)uti()n osl ina(lmissil)lo ; il n'est fait mention des Kuménides ([u'en |)assnnt, et le [)crsonnage (|ui se trouve précisément sur lo seuil des Enfers et (jui arrête tout d'abord Knéc ne peut-être (|ue la Guerre [inovlifcrnmunc <nlverso in Itinine licllinii). C'csl d'autant plus vrai semblable que le personnage porte un manteau
liés semblable au puludaimntum romain et qu'il lient à la main un long fer, ipii parait être une lance baissée pour barrer le passage aux visiteurs. Nous avons donc ici une représentation sans doute nouvelle do la (iuerre.
<" Mai a bien identifié le monstre (cf. Pict. disci iplio, p. 1 7 ) ; mais son dessin est trop précis pour cette ombre noire qui se dresse sur un marais verdà'rc.
Egalement défigurée dans M.ù.
est impossible de les identifier, sauf pour la Crainte [Metas), qui est couchée à plat ventre, et la Discorde, reconnaissable à la silhouette de sa chevelure [vipereum crinem). Tous les personnages du taJjleau sont très petits. Les inscriptions sont celles-ci : VLMVS, DISCORDIA, CENTAVRI, et CHIMERA, mot resté inaperçu dans l'ombre de la caverne.
Lacune :
Fol. 77. R°, 273-293. [V", 29^-297. Peint. : Charon transportant les ombres
[Aen. VI, 298 et suiv.).
Fol. 78. R% 298-318. V°, 319-336. Blanc.
Fol. 79. R", peint. : Enée rencontre Palinure (VI, 337 et suiv.); 337-34o. V°, 34i-36i.
Fol. 80. R°, 362?-383. Blanc] V°, peint. : Charon et la Sibylle (VI, 384 et suiv.), 384-392.
Fol. XLVIII. R", SqS-ZmS. Empreinte en haut de la page, au-dessus de 9 lignes.
Y\ 4i/t-/ti6.
Peinture 3/i (M. xlvii) : La Sibylle offre à Cerbère le gâteau de miel [Aen. VI, lnj et suiv.). Le fond a la même teinte violette que la peinture précédente. Autour du sujet principal sont divers accessoires; il semlDle que le peintre, dans cette description des Enfers, n'ait voulu omettre aucun des symboles, aucune des légendes de Virgile. A gauche un peu d'eau verte, le Styx qu'Enée et la Sybille viennent de traverser. La Sibylle tient le rameau de la main droite et présente, de la gauche, un objet peu distinct au chien, dont les trois têtes, entourées du serpent, se profilent sur le fond sombre d'une caverne [adverso . . . in antro). De l'autre côté de la caverne, deux enfants nus assis représentant les âmes enfantines (A27). Au second plan apparaissent des ombres dessinées seulement comme celles du précédent tableau et à peine rehaussées de blanc. Il y en a six à gauche, la plupart se tenant par les épaules.
L'abondance des peintures dans celte partie de YEnéide s'explique par le soin que met évidemment le peintre à traduire les moindres détails de la description des Enfers.
La restitution de cette lacune comporte donc aisément une peinture par feuillet ; nous avon s du reste essayé diverses combinaisons avant d'adopter celle qui semble la plus vraisemblable.
qui attendenl d'être jugées par Minos, et deux à gauche, qui paraissent avoir été jugées. Au milieu, Minos est assis sur une sorte de sella cdslrensis dorée; il porte un vêtement blanc découvrant la poitrine et le l)ras droit. Devant lui, à un châssis de bois est suspendue une urne d'or sphérique, qu'une des omijres non jugées paraît faire mouvoir. C'est là très certainement une interprétation des mots urnam movet ditréronte des interprétations reçues. On lit les inscriptions : MINOS, INFANTES, AEN, SIBYLLA, CERBEUVSO. ^17-423. Quelques empreintes au bas de la page. Lacune :
Fol. 81. R", 424-433. Peint. : I.es suicidés, les victimes de l'Amour { Acn. \ï,
et suiv.). [V", 4 3 '1-449. R'aiit-.
Fol. 82. R°, peinture occupant toute la page: Rencontre d'Enée et de Didon
(VI, 45o et suiv.). V% 45o-470.
Fol. 83. 11°, 471-485; blanc. V", peint. : l.es ombres des Troyens entourent linêe,
les ombres des Grecs prennent la fuite (M, 48G et suiv.); 48()-'j()0.]
Fol. XLIX. K", /t(ji-/i93.
Peinture 35 (M. xlviii). Knée rencontre Deipliobv [ Un. \ l. !\\)'\ cl ^uiv.); Tisiplione aux portes du Tarlare [Aen. Vï, .^/iS et suiv. j. Enée et, derrière lui, la Sibylle contem|)lenl Déiphobe, dont on distingue un des bras mutilés et sanglants; l'ombre, <om|)lètement brune, se détache à |>eine sur K' fond de cette moitié du tableau. A droite est un sujet tout dillérenl, le Tartare, tel que le décrit Virgile au passage qui suit la séparation d'Enée et de Déiphobe ; c'est une ville fortifiée entourée de rochers et devant la(juelle coule un fleuve bleuâtre (Jlammis amhit lorrcnlibus amnis tartareus Plilcfjelhon). Quatre maisons à toit rouge se voient dans la ville; la porte forme un (intrc siubaissé soutenu par deux colonnes [solidoqae adamanle columnae); le battant est d'uii violet particulier. La muraille est flancpiée d une tour à créneaux bleue {Jerrca lurris). Sur le seuil est assise Tisiphone, de la même grandeur (pie les personnages de la scène voi.sine, mais tournée d'un autre côté. Sa tunicpie est bleue et ressort un peu au-dessous de sa palla rouge [palla succincla crucnta);
Mai a donnd aux caractères de ces dernières des proportions exagérées cl n a pas indiqué, près du gâteau présenté par la Sibylle, l'inscription ojju, en minuscule.
elle tient une torche. Sa chevelure est peu distincte et elle ne porte point de hracelet. Inscriptions : SIB, AEN, DEIPHOBVS, [TISI]PH0NE(').
/igA-AgS. Le mot final des trois derniers vers a été emporté avec l'angle de la page, ainsi cpie le début des derniers vers du verso.
Fol. L. R°, 32o-5/io.
V", 5/11-559. Blanc de 2 lignes. Empreinte en haut de la page, au-dessus de 8 lignes.
Lacune d'un feuillet et d'une peinture :
Foi. 8d. R°, peint. : Le Tartare [Aen. VI, 566 et suiv. ). A droite de l'empreinte du folio L, qui est très chargée, on distingue très bien en noir une roue qui peut provenir de la loue d'Ixion 660-567. V% 568-588.
Fol. LI. R«, 589-609.
V°, G 1 0-G27. Blanc de 3 lignes.
Fol. LIL R°, peinture 36 (M. xlix) : Les Champs-Elysées [Aen. VI, 628 et suiv.). A f angle du haut à gauche, Enée suspend le rameau d'or à la porte d'une petite maison, peu digne de représenter le palais de Pluton. Les amoena vireta sont ligurés par quelques arbres à gauche au bord de feau^^'. Sous le bois, trois Troyens, avec bonnet, tunique rouge à manches et braies bleues, paraissent s'avancer en cadence [pedibus plaudunt choreas); c'est du moins ce qu'indicpe finscription tripudiantes en minuscule, omise par Mai, qui voit dans ces trois personnages Ilus, Assaracus et Dardanus (65o). A côté, quatre hommes nus, couronnés de verdure, s'avancent en file, chacun ayant la main
La forme de H, telle que la donne Mai mais un lac, c'est peut-être qu'il lisait ainsi le
(K), est de son invention. v. 638 :
Elle est d'or dans la peinture 8. Dcveneic hcus hclos et amoena vireta.
Cette eau a la forme d'un lac et non la Le manuscrit porte lucos [u est raturé par
forme allongée que le peintre a l'usage con- une main postérieure et remplacé dans l'inter-
stant de donner aux fleuves; nous ne croyons ligne par 0). Dans cette leçon fautive et dans
donc pas qu'elle figure l'Eridan nommé plus la peinture qui l'accompagne reste peut-être
loin [plurimiis. .. volviliir aninis , 669 ). Si le une trace d'un texle antérieur à la recension
peintre a voulu représenter non un fleuve, que nous possédons.