ALPHABET
L'alphabet du Vaticanus aies plus grandes affinités avec celui du Mediceus, qui est tracé toutefois en plus petit caractère et d'un instrument plus délié t'I La lourdeur relative du caractère est peut-être un fait imputable à l'école à laquelle appartenait le copiste ; elle n'indique pas nécessairement un âge inf érieur du manuscrit. Ce qui peut l'indiquer davantage, c'est la rencontre, dans les mêmes pages, d'un doidile alphabet, un tel fait devant peut-être être rapj)orlé à une époque où l'imitation paléographique était déjà à la mode : le coj)iste s'efforçait d'imiter l'alphabet du manuscrit qu'il avait sous les yeux, ce qui lui était d'autant plus facile qu'il ne s'éloignait pas sensiblement de celui de son temps; mais certaines lettres, dont la forme s'était déjà modifiée dans l'usage courant, se rencontraient par moments sous sa plinne et dénotent la dillérence des temps. On ne peut affirmer la coexistence de deux formes de lettres absolument dilïerentes (pie pour G et Q^, où les jx-lils traiis (pu s('r\cnt de caractéristique aux lettres ont des directions opposées; mais on \a liouver plusieurs autres variétés d'une même forme, qui ne se rencontreraient pas dans ime écriture présentant une rigoureuse imiformité.
Les lettres ([ui donnent lieu à des remartpies sont les suivantes :
Le jambage léger de A commence ([uel([uelois bien après le jand)age plein, et, dans ce cas, le retour du petit trait inférieur qui le termine rapproche la lettre de la forme de A oncial.
La boucle supérieure de B est presque toujoui s beaucoup moins développée que l'autre, (jul est souvent énorme. Qnelcpiefois, au contraire, les deux boucles sont pres([ue égales. B ne dépasse pas la ligne
E n'est autre chose qu'un 1 dont on a un peu accusé la barre inférieure et auquel on a ajouté un trait en haut et au centre, ce dernier très léger
Voir l'écriture du Mediceus dans le Ira- on supprimant le trait liori/.onlal (fol.
vail précédeninicnt cilé de M. Max. Iloiïmaun, Aen. Il, /l'io). — En beaucoup d'endroits , un
p. x-xiv. reviseur moderne (peut-i-lrc très moderne),
L'exemple de B dépassant la ligne du trouvanl iusulTisanle pour la lecliue les traits
fol. i.xiv (domié par Zaugcmcister) est produit supérieurs de E, F, T, les a allongés et lancés
par une correction de première lualn. vers le haut. Le fol. xx\, par exemple, est sur-
E a une tendance à s'arrondir par le bas , charge de ces additions.
F n'est pas plus large que E et se compose des mêmes éléments, mais la haste s'élève un peu au-dessus de la ligne et le trait supérieur est un peu plus fort que le trait inférieur, ce qui est ordinairement le contraire dans E. Une autre forme se rencontre çà et là , la barre supérieure se prolongeant en avant et vers le haut par un trait lancé.
G a aussi deux formes : tantôt il se présente comme un C avec une queue dépassant la ligne et tournant à gauche, tantôt la queue rentre pour fermer le demi-cercle.
I n'a presque jamais de barre dans le bas; il en a une courte dans le haut.
H a ses deux montants parfaitement droits, et quelquefois avec le trait horizontal restreint entre les deux montants; d'autres fois , le trait commence im peu avant la lettre ; il est toujours à mi-hauteur.
N est assez varié de formes : parfois le trait transversal commence en s arrondissant avant le jambage de gauche; d'autres fois, le jambage de gauche commence au-dessus de la ligne, et plus souvent celui de droite se prolonge un peu au-dessous, surtout lorsque la lettre appartient au dernier vers de la page.
L se compose d'une haste dépassant toujours la ligne, à peu près à la hauteur de F; la barre est assez courte.
La panse de P est petite et ne touche pas toujours à la haste par le bas. Le trait inférieur est généralement fort accusé.
Q a deux formes : la petite queue se joint au bas du cercle, vers la droite, tantôt comme un trait fort et court , allant de gauche à droite , tantôt sous la forme d'une véritable virgule ; elle n'est pas du même trait de plume que le côté gauche du cercle.
La panse de R est peu développée et ne rejoint pas ordinairement la haste ; la queue dépasse généralement du double la largeur de la panse.
T n'a pas sa barre plus longue que celle de E ou F ; seidement elle porte un peu plus à gauche.
V est donné par divers tracés : tantôt le jambage gauche décrit une grande courbe avant de s'appuyer au jambage vertical; tantôt il y va plus directement. On le trouve même commençant au-dessus de la ligne par un jeté arrondi.
Le jambage droit dépasse toujours le point de jonction et descend souvent au-dessous de la ligne
X est formé d'un trait fort descendant à peu près droit, de gauche à droite, et d'un trait léger monlant, rpii se termine en courbe vers la droite; les deux crochets de ce dernier trait sont tournés à droite.
Y ne dépasse pas la ligne.
Les lettres initiales des vers oifrent des caractères particuliers ; on y constate surtout la tendance des lettres à se développer vers la gauche dans la marge. Le jambage droit de A , le jambage gauche de V se développent dans le haut en s'arrondissantt^^ De même pour le trait transversal de N, (jiii se retrouve, ainsi que V développé, au milieu du vers^^^, et pour les traits horizontaux de F, H, tW. Ces diflerences entre les lettres initiales et les autres ne sont pas constantes; la plupart du temps les lettres initiales des vers restent très simples. Il n'en est pas de même des lettres initiales des pages, qui offrent généralement les traits plus amples que nous signalons, et qui sont constamment uu peu plus hautes cpie le texte de l'écriture. C'est la seule distinction (jue se soit permise le copiste pour les initiales, et les lettres initiales des livres n'en offrent pas plus que celles des pages.
Les lettres à (pieue prolongée sont assez rares. Cependant T finissant un vers prolonge très loin sa barre en la relevant de même j)Our R et Ton trouve même M finissant un vers avec une (picue*^'. Au dernier vers de la page, Q jette plusieurs fois une queue très longue dans la marge inférieure Dans la marge supérieure, les faits analogues, en dehors des lettres initiales, sont beaucoup plus rares.
Certaines lettres très étroites, comme E, F, T, certaines autres très larges,
On trouve cependant la forme en V, où le jambage droit ne dépasse pas la ligne, et où le jambage gauche n'olb e aucune courbure. La lettre est toujours faite en deux fois. (Voir plusieurs exemples, fol. xxxviii.)
Fol. IV, V. 3o3; fol. V v°, V. 309. etc.; fol. IV v°, V. 307, etc.
<'> Fol. IV v°, V. 3o6; fol. xwn v", V. 22 ; etc.
Fol. vu v°, V. 118; fol. IV, V. 3o5;
fol. XXXII V', \. i/i; fol. I v°, V. 1,9; (ol. Iti, V. 1 63 ; etc.
Fol. XII v°, V. 2/18; fol. I.XXV, V. 809.
Fol. XXIX, V. 191; fol. x.xxix, V. .^69. (') Fol. xi.v, V. à-}..
On trouve trois fois Q avec cette queue au verso du fol. i.xni et au recto du fol. i.xiv ; on le trouve deux fois au fol. iv, une fois au fol. XIV, au fol. XLVii, etc. La môme tendance se remarque aussi dans de simples interlignes.
comme sont H, M, N, donnent à l'écriture un aspect irrégulier et désagréable. La lourdeur s'affirme surtout dans A et dans M , et la beauté apparente du caractère ne résiste pas à une étude un peu attentive. Quand le copiste s'abandonne , une écriture sensiblement différente apparaît sous sa plume ; il a des fuis de vers lourdes et écrasées t^^. L'écriture en vient alors à ressembler à celle du premier reviseur, contemporain du copiste et dont la main , quoique usant du même alphabet que celui-ci, semble cependant attester davantage une basse époque