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LETTRES CONJOINTES

On trouve dans le Vaiicanus l'usage assez fréquent des lettres conjointes; il y en a jusqu'à cinq dans la même page. Elles servent à resserrer l'écriture et le copiste les emploie seulement à la fm du vers, quand le mot qui le termine menace d'envahir la marge. Ces conjonctions de lettres paraissent, du reste , faire partie d'un système établi : il y a des fins de vers qui ne présentent point le moyen de réaliser les combinaisons usitées par le copiste ; il se résigne alors à les laisser déborder dans la marge.

Voici la liste des combinaisons qu'on rencontre dans le manuscrit :

NT, combinaison très fréquente ; la haste de T se confond avec le jambage droit de N, tantôt en s'élevant au-dessus de la ligne, tantôt sans la dépasser (fol. XIV v°, Aen. I, AyS, BIBISSErT) (3).

OR.; la haste de R. est formée par le côté droit de O, qui reste parfaitement courbe (fol. li v°, Aen. V, 626, FOIMAS).

OS, deux fois seulement; le côté droit de O forme la courbe inférieure de S, dont la courbe supérieure vient se souder au sommet du cercle (fol. xx,

Fol. XXVI v°, Aen. III, ii5, PETAMVS; fol. xxxu, Aen. IV, 8, SOROREM; fol. xlii v°, Aen.V, 117, MEMMI; etc.

Il faut rapporter à ce premier reviseur certaines fins de vers que le copiste n'a pas pu lire dans l'original et qu'il a laissées en blanc (on souligne ici les lettres qui sont de la main du

reviseur) : fol. xxix v°, DVMMELITORAPRIMVM; fol. XXXII v°, v. 22 , LABANTEM ; v. 2A, PRIVS IMADEHISCAT. Cette longue adjonction suit la rature du mot DIMITTERE écrit de première main.

Au fol. XXI , Aen. II , A4o , on trouve le T avec un bec redescendant (rveSTis).

Aen. II, 278, MLR.8, avec la combinaison VR; fol. xxxviii, Acn. I, /198, SACERDS)

VA; le jambage droit de V se confond avec le montant gancbo de l'A (fol. XIV v'\ Aen. I, ^72, PRIVSQjA", avec l'aliréviation finale de M).

VM ; le jamliage gauche de M est formé par le jambage droit de V (fol. XXV, Aen. III, 26, MONSTRUM).

VN ; le jambage gauche de N est formé comme celui de M dans la conjonction VM (fol. L, Aen. VI, 528, UN A).

VO ; le jambage gauche d'un V très petit vient se souder au sommet (hi côté gauche de l'O (fol. lxiv, Aen. VII, 3 1 1 , QjOD. . . ).

VR; le jambage de V se confond avec la haste de R (fol. i.iii, Acn. \ I, 967, TLRBA).

VS; V très petit vient se souder à la courbe supérieure de S (fol. \iv x", Aen. I, fiC)-], IVVENT^)(2).

Il n'y a qu'une seule combinaison de trois lettres, VNT, mais assez fréquente. Le jambage gauche de N forme le jamhagc droit de V, et le jambage droit de N, la haste de T (fol. xi v», Aen. I, 212, FIGUST). Parfois V est tout petit et se soude à la partie supérieure du jiunbage de N (fol. xiv v°, Aen. I, A62, TANG^j '•'■'>.

Malgré ces efibrts du copiste pour ne j)oint dépasser la marge, il la dépasse quelquefois, notamment dans les mots quod M.sv/uawi csl (fol. i.xiv, Acn. \ll, 3ii, QyODVSQ^ est). Cette fin de vers ollre un e\enq)le, unitjuc dans notre manuscrit, d'une accumulation de procédés abréviatifs : on trouve EST écrit en petit caractère, V resserré, M abrégé j)ar un trait et les deux combniaisons VO et VA. Cependant, le vers étant très long, le Irait à la pointe qui définit la marge passe entre S et

Le premier exemple est aujourd'luii recouvert par une marge de parclieuiin neuf. Au second exemple, un reviseur, ne comprenant plus la combinaison 8, a ajouté S à la (in du mot.

Celte combinaison VS ne se rencontre qu'une fois ; on doit signaler dans les trois der-

nières lettres du mol IVVENTVS imo tendance à la cursive.

Cf. les listes de ligatures données par no(Tniann, Der Codex Mcd.dvs Virif Hius, p. xi , et par Studeniund, T. Macci Plunti fabuUtrum rclùiuiae Ambrosiaiuw , p. x\x.

ABREVIATIONS.

Trois signes abréviatifs seulement sont de première main dans le Vaticanus : le point, la virgule, le trait horizontal. Les deux premiers s'emploient aussi bien dans le corps qu'à la fin du vers; le troisième n'est usité qu'à la fin et seçt uniquement à représenter la lettre M. Ce trait horizontal, extrêmement léger et terminé cpielquefois par un petit crochet, ne se trouve jamais placé au-dessus de la voyelle qui précède M t^) ; il est immédiatement après, à la hauteur de la ligne supérieure, et quand la voyelle s'arrête à la marge, il est toujours hors de la marge. On ne constate aucune tendance à mettre le trait abréviatif au-dessus de la voyelle , dans la position qui doit prévaloir plus tard. Les exemples abondent : fol. iv, MAGNV"; fol. xli, SORORE"; fol. Lxiv, MERENTE". Cependant M final peut se trouver hors de la marge (fol. vu, Georg. IV, loi), surtout dans la combinaison VM^^).

Le point est employé après Q pour signifier QVE. Il est placé ordinairement à la hauteur du milieu de la lettre , quelquefois plus haut. On le trouve deux fois de suite à la fin d'un vers (fol. xii, Aen. I, 229, HOMINVMQj^DEVMqj) , où le second Q est plus petit et de la main du premier reviseur. Le point représente aussi le groupe VS dans les datifs ou ablatifs pluriels; il semble un peu moins fréquent que f abréviation de QVE.

La virgule , placée à la hauteur du milieu des lettres , est un fait relativement rare. Elle représente le groupe VS dans le même cas que le point (fol. vu, Georg. IV, 102, MONTIB'; fol. lxi, Aen. VII, 217, VOLENTIB^).

Les aljréviations de QVE et de BVS n'ont pas pom* but, comme celle de M et comme les combinaisons de lettres, de gagner de la place. On les trouve au premier mot du vers (fol. xxviii, Aen. III, 178, TALIB-); dans l'exemple de Qj. répété deux fois , le copiste avait parfaitement l'espace de faire figurer les lettres supprimées avant d'arriver à la marge

''^ Comme tendraient à le faire croire les reproductions typographiques de M. Ribbeck, Proleg., p. 260.

Le trait horizontal parait avoir échappé à certains lecteurs ou n'avoir pas eu de sens pour eux; par exemple, fol. lxxv, Aen. XI, 864, à

FERRV" , une main postérieure a ajouté un petit M.

De même dans fol. xvn v°, Aen. I, 667, MARISQ^; ib. 670, VBIQi(EST est ajouté d'une d'une main postérieure) ; fol. xxxviii v°, Aen. IV, 5 10, CHAOSQi; etc. Cf. Hoffmann, /. c. , p. xii.

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