‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 13 sur 116 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

Ils en firent tous grande fêle D'avoir trouvé ce chef de bêle 5 Chacun bien fort s*en ébaudit 9 Junon ayant un jour prédit A Didon ravie en extase y Qu'ils auraient les vertus d'un aze^ C'est-à-dire, pour parler mieux ^ Qu'ils seraient très-laborieux ; De plus sauraient la sarabande, Mais auraient l'oreille un peu grande, &t la perruque de barbet ^ S'ils trouvaient le chef d*un baudet , Dans un trou fait à coups de bêche, Qu'après cette fatale brèche Ils auraient le bien de bâtir Ville qui vaudrait mieux que Tyr.

Après cette heureuse trouvaille^ De massives pierres de taille , Didon fit un temple en ces lieux A la femme du roi des Dieux.

Les portes sont de fine fonie.

Les degrés par lesquels on monte , Qui sont d'un reluisant airain y Pesaient , il ne s'en faut qu'un grain , Deux mille livres bien pesées.

Pour retourner sur nos brisées , Nos Pose-croix bien assurés ^ De n*être pas considérés y Dans ce superbe tem(5le entrèrent , Et partout le considérèrent.

L'ouvrage leur en sembla beau , L'ordre du bâtiment nouveau , La matière irès-magnifiquo.

Et merveilleuse sa fabrique;

â6 UÉNÉIDE TRAVESTIE.

iSnéas s'attachant à tout ,

Allait cherchant de bout en bout

De quoi se repaître la vue^

Quand d'une chose à Timprévue

D'abord il se trouva surpris ;

Mais ayant repris ses esprits.

Il en conçut quelque espérance

Qui n'était pas hors d'apparence ,

Qu'en ce pays, quoiqu'inconnu,

11 serait le très-bien venu.

Parmi cent choses qu'il contemple ,

Attendant la reine en ce temple ,

Charmé de tant d'objets nouveaux.

Il voit en plusieurs grands tableaux ,

Mais qui n'étaient pas peints à l'huile «

L*histoire de sa pauvre ville ^

Les champs fameux où si souvent

Il avait gagné le devant «

Quand les Grecs sur les Dardanides ,

Faisaient un peu trop d'homicides;

Les Âtrides si belliqueux;

Achille qui l'était plus qu'eux,

De qui souffrit tant de boutades ^

Tant de folles rodomontades.

Le très-prudent Agamemnon,

Qui dit si cruellement non,

A Priam , le roi vénérable ,

Quand après le sort déplorable

De son fils par lui mis à mort ,

Il voulut, dont il eut grand tort.

Par un excès de barbarie,

Que son corps fut à la voirie.

Les larmes grosses comme pois,

Lui churent des yeux trois à trois;

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