‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 17 sur 116 · LIVRE I. 7t · texte numérisé non relu

LIVRE I. 7t

tt Elle fait jouer la truelle

c Après une ville nouvelle,

« Dont le plus bel appartement

« Est à votre commandemetit.

« Très grande pitié vous lui foites ,

« Malheureuse, comme vous êtes.

« Ceux à qui tout porte guignon *

« La font larmoyer sans oignon.

« C'est pourquoi, monseigneur Énée,

« Que bénite soit la journée,

« Que le brave fils de Vénus

« Et les siens sont ici venus! »

Ainsi dit la dame courtoise D'une bouche exhale-framboise.

Elle en reçut, si je ne mens , Plus de mille remercîments^ Puis après d'iËnéas conduite , Une grande foule à sa suite, Au palais elle se rendit.

Mais, en partant, Virgile dit Qu'afin d'avoir les Dieux propices, Elle mit ordre aux sacrifices.

Énée en peine si ses gens Étaient bien buvants et mangeants.

Fit marcher devers ses navires Cent pourceaux choisis, dont les pires Avaient quatre grands doigts de lard.

Ils n'arrivèrent que bien tard, Encor qu'on les menât en laisse , Parce qu'ils avaient trop de graisse.

Il fit aller aussi vingt bœufs Chargés chacun d'un sac plein d*œufs.

Pour faire omelettes baveuses.

De plus , cent brebis non galeuses ,

^ L'i-NÉIDK TRAVESTIE.

Chacuae ayant son gras agneau ; Et six pièces de vin nouveau.

Cependant la maison royale Ses plus riches meubles étale , On ne voit que tables dresser. Et que murailles tapisser ; Les moindres meubles sont d'ivoire, Historié d'ébène noire.

Les rideaux des lits, sans mentir, Sont du plus fin pourpre de Tyr, Et même les tapisseries , Dans les ricbes orfèvreries , Que soutiennent de grands buffets.

On voit dépeints les nobles faits^ Et toutes les rudes mêlées, Très-artistement ciselées , Des rois de Tyr et de Sidon Oii fût reine autrefois Didon.

i)evant iEnéas et sa troupe On servit quelques plats de soupe, Attendant un meilleur repas.

Ils ne s'en étonnèrent pas -, Kn fort peu de temps chaque assiette Momme chaque écuelle fut nette.

Aussitôt qu'ils furent soûlés Ils furent aussi régalés.

Knéeeutdes gants chargés d'ambre, Une belle robe de chumbre^ Un habit et son balandran, Qui pour n'être que de bougran Ktait riche pour ses paillettes, El six douzaines d'aiguillettes.

Achatès eut du drap d'Usseau De quoi se faire un long manteau»

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