‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 27 sur 116 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

Nos sentinelles endormies.

Sans peur des troupes ennemies, .

Ayant mangé comme pourceaux , Et vidé if^ipes et boyaux , Dormaient le long de nos morailles) Kt ces mal-soigneuses canailles Reçurent la mort à clos yeux; Mais ils n*en dormirent que mieux, D'une nuit qui fut éternelle, Pour avoir mul fait sentinelle; Et je croîs vraisemblablement Qu'ils n*ont su par qui , ni comment.

Tout ronflait, et de bonne sorte; Sinon seul, que le diable emporte, Tandis que chacun sommeillait , Pour notre grand malheur veillait , Et tirait hors de la machine , Dont il avait ouvert i^échine , Force Grecs , hommes de grand bruit , Comme on remarqua cette nuit.

Premièrement il fit descendre Sténéius, Ulysses, Tessandre, Thoas, Athamas, Machaon, Et le frère d*Agameuinon, ^

Ménélaiis et Neptolème; Puis l'inventeur du stratagème J^péùs; tous grandsispadissins.

Grands larrons et grands assassins.

Tous les autres que je ne nomme Faisaient une assez grosse somme , Et telle enfiq qu'elle suffit A nous gâter, comme elle fit.

Au pied de l'échelle de corde, A la hâte entr'eux on s'accorde -

I De Tordre qu'on devait garder*

( Après cela sana marchander

f Ils se firent maîtres des portes^

\ Introduisirent leurs cohortes

^ Qui , comme ils avaient concerté »

[ ^ Avaient approché la cité.

Par la ville elles s'épandirent.

Et sans crainte du diable, firent Main-basse par tous les quartiers^ Gomme on avait fait des portiers.

Cependant mol, malheureux bomioe»

En étais à mon premier somme :

C'est à cette heure justement Que chacun dort profondément»

Je gisais de la môme sorte Que tait une personne morte f lit j'eusse pu faire trembler Quiconque m'eût ouï ronfler.

Non^ que j'eusse bu plus que d'aatres Ku ce grand désordre des nôtres; Mon père Anchise^ sur ma foi »

Achaiès, mon épouse et nioi. N'avions en toute la soirée.

Bu que pinte bien mesurée ; El dont je ne bus quasi pas , Parce que le vin était bas.

Duiiiiaut donc ainbi dans ma chambre, Hélas ! j'en tremble en chaque membre!

Il me sembla de voir Hector, Et je pense le voir encor.

0 Dieu I la pileuse figure!

Qu'il était de mauvais augure I 0 Dieu! qu'il me parut hideux!

li était fait comme deux œufs ,

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Sa cotte d'armes délabrée ,

De poudre et sang était marbrée.

Vous Tenssiez pris pour un souillon

Qui n'est couvert que d'ua bâillon. '

Sa trèsrdésagréable face ,

Malgré lui faisait la grimaoe*

Pleine de bosses et de irous ;

Son corps était percé de coups.*.

Enfin il était tout de même

Qu'il était, quand sanglaoi et blême j.

Achille » après l'avoir vaifieu f

Le traînait à l'écorche q.

Ses pauvres pieds traînaient eoeor/e

La longe de cuir, que ce Jfaure^

Ce Turc 9 ce félon des lélons»

Avait passé dans ses talons..

Hélas! qu'il était peu semblable»

Cet Hector tout épouvantable «

 cet Hector tout éclatant , Qdi les Grégeois allait battanjt^ Mettâtit ie feu dans leurs galères,,.

Et béni des pères et mères - .

Revenait vers nous triomphant.»

Rendant à (àaeun son enfaht !

Ou bien tel qu'après la défaîte De ce beau mignon de couchett^i» • Dont Achille vengea la mort, On le vit ^ cet homme si tort »

Paré de ses funestes armes Qui firent tant verser de larmes; Armes que sans peine il conquit Sur un que sans peine il vainquit» ] Mais armes un peu trop payées Pour n'avoir été qu'essayées.

120 L'ÉNÉIDB TRAVESTIE.

Sitôt que j^ le vis ainâî , Je fus d'abord un peu transi; Maïs reprwan! bientôt courage.

Je M lins ce buidi langage :

« Si vous êtes de Dieu , parlez j « Et si du diable . détalez.»

Je suis Hector le misérable»

Dit-ild'une voix effroyable.

Vous, soyez le très-bien venu, Lui dis- je, après l'avoir connu.

Et puis j'ajoytai , ce me semble:

Cependant qu'ici chacun iremWe, Mon cher monsieur, en quelle part Vous qui nous serviez de i-erapart Avez-vous bien loin de l'armée Fait tort ù votre renommée?

Sans doute Ton en médira.

Est-ce la peur des Libéra Et des frévtuentes funérailles Qui vous fait quitter nos raurailkî»?

Au nom des Dieux, songez à vous, El ne craignez plus tant les coups ; El me dites , cher camarade , D'où vous venez ainsi maussade »

Comme un corps qui pend au gibet , El tout crotté comme un barbet.

A votre nwne tout étrange Vous paraissez un mauvais ange.

Je hais la fréquentation De ceux de celle nation.

C'est pourquoi, dépêchez, beau Sire Ce que vous avez à me dire.

Autrement je m'en vais crier, Car je commence à m'eifrayer. »

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