‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 36 sur 116 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

-Le roi des Déilés humides.

Et la mère des Néréides , Possèdent moitié par moitié , Sans en être en inimitié , Une île dans la mer Egée , Au blond Phœbas fort obligée ; Car de flottante qu'elle était Et que le vent partout portait , Cet illustre fils de Latone L'a jointe à Gyare , et Mycone.

En ce lieu par le vent portés On nous fit cent civilités.

Ânius, roi de Tîle, et prêtre.

Ne tarda point à reconnaître Mon père, son ancien ami , Quoique par le sort ennemi , Sa personne fut devenue En état d'être méconnue.

Le bon seigneur nous hébergea , Offrit à manger^ on mangea .

Tout ce qui fut mis sur la table.

Et si but-on au préalable.

Ayant tous largement repu , A dire bouche que veux-tu ?

Nous nous rendîmes dans le temple Afin de donner bon exemple.

Sitôt que prosterné j'y fus , Je dis le plus haut que je pus :

« Grand Apollon, Dieu débonnaire, « Prends pitié de moi , pauvre hère^ « Et de ceux que tu vols ici, « Qui sont pauvres hères aussi.

« Prends pitié de la gent troyenne , « Fais en çorle qu'elle devienne,

c Nonobstant sa calamité ,

« Tout ce qu'elle a jamais été.

« Dieu! dont la barbe est si bieo Wt«>

« Procure-nous une retraite;

« Mène-nous bien vite , et bien drott »

ir En quelque bienheureux eadroit.

« Ou nos femelles vagabondes,.

« Autant que lapines fécondes ,

« Puissent protnptement remplacer

« Ceux que le fer a fait passer.

« Nous sommes seuls de notre ville

« Échappés de la main d'Achille,

« Et des Grecs, comme tu sais bien,

« Qui ne valurent jamais rien.

« Dis-nous notre bonne aventure;

c Mais dis-nous-la sans imposture»

« Et sans en donner à garder.

« Tu te plais souvent à bourder :

« Si tu pense être ici le même,

« Je pourrai bien sans grand blasphème,

« Te faire passer en ces lieux

« Pour le plus grand menteur de» Dieux.

« Aurons-nous paix, aurons-nous guerre!

« Sera-ce par mer, ou par terre?

« Ceux avec qui nous la ferons , « Sont-ils bonnes gens, ou larronsT « Ou si nous rebâtirons Troie « En grand repos et grande joie ?

« Ou s'il faudra jouer des mains

Avec des peuples inhumains?

0 digne inventeur de la lyre!

« Qu'à bon droit tout le monde admire ; « Qui premier as fait des sonnet» , « Et fait parler des sansonnet»;

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« Par ta sœur, ina(|ai»e la hv^e^ « Cette agniablf eiaire brune, « Qui va de puit comme un lutin , n Dis-nous quel est notre, destin , « Sans te faire tirer l'oreille; « Et je promets^ à la pareille, « De t'oSrir à ce renouveau .

« Une vache Miin<ïh9 et son veau ; .

« Et mèmQ de doubler la dose , « Si VofSFMà^ est trop peu de ehosci; « Enfin, Je te r^atorai « Comn^e it fout i ou j^ ne pourrai. » . Les defsiers mot,s de ma harangue Etaient eftcore sur ma langue, Quand en l'air la foiidre gronda , Et fit bien fort bredi « breda. « Éclairs luisi^pt ooo^me chandelles M'éblouirent les deux prunelles , Le sawl Irépied trois fois rptta • Et \t laurier saer^ frotta Ses braniAes r^ne contre l'autre»

J'eus recours à la p^tendtre, Sur le visage prosternée Mais je fii^ bien plus consterné Lorsque j'entendis le tonnerre^ Qui grondait aussj dessous terre , Des lopps qui tristement hurlaient , Et des oprs qui se querellaient.

Mais lorsque le temple fit miqe De faire un $aut comme une raine.

Je pensai bien être au ton^beauf J'eus beaju crfer ; tout beaul tout beau ! Les murs du temple s'ébranlèrent « ^ Et jusqp'aux fondements tremblèrent^

Je souhaitai d*être dehors Cent coups de bâton sur le corpd.

Mais cette mal plaisante aubade Ne fut enfin qu'une algarade^ Du trépied sacré s'exhala Une voix qui cria : paix là !

On se tut y vous pouvez le croire* Voici , si j'ai bonne mémoire»

Ce que nous dit le sieur Phœbus £n mots clairs, et non pas rébus :

« Pauvres Troyens qui sur la terre « Avez eu longue et rude guerre, . « Et qui n'en aurez moins sur mer « Bien vous prend de savoir ramer; « Ramez donc de si bonne sorte »

« Que la nier à la fin vous porte « Vers la terre , d'où sont sortis « Tant légitimes, que métis, « Vos aïeux , tant hommes que feinmes ( Que Jupin veuille avoir leurs âmes ) , « Je ne puis parler de leur mort « Que je ne m'afflige bien fort.

« C'est là que la race d'Énée , « Après longs travaux couronnée « Verra ses enfants triomphants « Et les enfants de ses enfants. »

A ces mots, chacun avec presse , Se demandait : où est-ce ? où est«ce?

Où prendre cet heureux climat ï Où nonobstant échec et mat.

Qu'a reçu notre pauvre Troie»

Nous pourrons en soûlas et joie»

Remplacer les pauvres Troyens Dont les corps sont mangés des chiens t

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