‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 42 sur 116 · LIVRE la m · texte numérisé non relu

LIVRE la m

t Et rempli d'une rage extrême y

« A mon galant de Neptolème

« Qui voulait souiller son bonnet,

« Il donna cent coups de mousquet.

« Par la mort de ce fou de Pyrrhe*

« La belle moitié de TÉpire

« Fut offerte par grand bonheur

« Au sage Hélénus monseigneur,

« Qui me fait partager sa couche t

« Sans faire la petite bouche

« A laquelle fait venir Teau

« Ordinairement tel morceau ,

« Et pour lequel souvent Ton ose

« Bien plus que pour toute autre chose,

« Du peuple qui lui présenta

• Le diadème, il l'accepta,

« Dont j'eus une joie infinie.

« Lors il voulut que Cbaonie,

« Du nom de Chaon le Troyen ;

« Succédât au nom ancien.

« Et fit faire une citadelle, '

« Le mieux qu'on put, sur le modèle

« Dllion, pour que l'avenir

« Du vrai Pergame eût souvenir.

« Or, voilà toute mon histoire ,

« Allons , mon cha* hôte , allons koire ;

« Et mefai{e$, chemin faisant,

« Le récit fâchçux ou plaisant

tt De vos aventures passées.

« Et cqmbifin a de dents percées,

« lulus que vous aimez tant.

« A propos, il n'est plus tnfant ,

« Il est grand codwme père et mère.

« A-t'il senti douleur amèro

« Quand il a perdu sa maman ?

« Faites-lui montrer l'allemand , « C'est une langue fort en vogue.

« Est-il d'un esprit doux ou rogue ?

« Tient-îl de vous, tient-il d'Hector?

« Le bonhomme vit-il encor?»

Après demande sur demande, Il lui prit une douleur grande; Ses yeux se mirent à pleuvoir.

Je lui présentai mon mouchoir^ Dont elle s'essuya la face.

Je me composai la grimace Quand je la vis pleurer ainsi.

Et tâchai de pleurer aussi.

Mais jamais en jour de ma vie , Quoique j'en eusse grande envie.

Je ne fus si dur à pleurer, Dont je pensai désespérer.

J'étais en cet embarras, comme Voici venir à nous son homme.

Suivi de cent hallebardiers , Et d'autant de canequiniers.

Dieu sait s'il eut beaucoup de joie, Quand il vit tant de gens de Troie Qu'il pensait n'être plus vivants.

Il salua tous mes suivants , Et noiîs mena tous vers la ville.

Or, comme il a l'âme civile, Il me voulut faire passer.

Nous fîmes , comme on peut penser, Force compliments à la porte, Et ce fut de si bonne sorte , Que faisant des saints bien bas, L'un priant, l'aulre n'entrant pas ,

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