‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 62 sur 116 · LIVRE 1¥. iO · texte numérisé non relu

LIVRE 1¥. iO

Que des matelots les huées ^ Le grand bruft des nefs remuées ^ Et tout le rivage en rumeur.

Te mirent en mauvaise humeur :

Elle pleure / et ses ongles ronge.

Tandis qu'elle consulte» et songe Si devant ce Catilina Elle ira faire O benigna , Afin qu'^n ce pressant affaire, Reproche on ne lui puisse faire , De n'avoir pas tout essayé ; Et de n'avoir pas employé Ce qu'elle avait de rhétorique Pour fléchir cet amant inique , Ce Néron ^ ce Tibérius, Qui faisait de rOIibrius.

0 petit bourreau de Cythère, Quoique issu dç bons père et màro» Tu ne vaux pourtant pas un liard , Bandé comme un colin-maillard !

Que sur les cœurs avec tes flèches , Tu fais d*imperceplibles brèches, Et par la force de tes coups , Que de sages deviennent fous!

Ira«t<^elle, la pauvre bête.

Porter soi*méme sa requête, Par laquelle il est conjuré , Que son départ soit différé?

Non, sa sœur ira bien pour elle ^ Elle commande qu'on l'appelle, Et puis ayant fermé son huis :

« Tu vois, chère sœur, où j'en suis, « Et pour avoir été trop bonne , ■ La récompense qu'on me donne,

M4 L*£NÉIDK TRAVESTIfi.

Lui dit-elle , jetant de Teau Par ses yeux la valeur d'an seau.

Tout semble aider à ce corsaire r Ou plutôt , aimable adversaire :

Ses gens sont prêts y il l'est aussi , Il s'en va , je demeure ici , Moi , qui sans lui ne saurais vivre, SU m'était permis de le suivre , J'aurais bientôt fait mon paquet.

Ma sœur, affile ton caquet , Va le trouver, dis-lui merveille, Sans se faire tirer l'oreille; Dis-lui qu'il demeure avec moi.

Il a toujours fait cas de toi.

Il t'aime» tu connais son tendre, Et tu sais comme il le faut prendre.

Si j'avais prévu ce malheur.

J'aurais pouvoir sur ma. douleur; Mais maintenant elle est trop forte :

Le fort sur le faible l'emporte.

Je l'aimé, le traître qu'il est, L*iDgrat m'assassine et me plaît »

Et d'autant plus que je l'adore.

D'autant plus le méchant m'abhorre.

Cours donc, ma sœur, va-t-en le voir, En toi seule est tout mon espoir:

Je me serais déjà pendue...

Mais l'heure en est encore indue.

Car je n'aurai , s'il t'en souvient , Que trente ans à Noël qui vient.

0 ma sœur! fais-lui bien comprendre, Coinme Roùsard dit à Cassandre, Qu'à moins que Dolope soudard, « Achille, dont le fatal dard

UYMIV« SOS

c Mit Hector dans la sépulture , « Il devrait être» le parjure , « Plus reconnaissant à Didon.

i* Bon , si les peuples de Sidon « Avaient secouru ceux d'Âulide, a II aurait roison , le perfide !

« Ou bien si j'avais dispersé « Les os d'Ânchîse trépassé!

« Mais hélas! toute mon offense « Est d'avoir avec violence

• Aimé ce mauvais garnement «

« Qui ne m'aima que froidement ; « Ou pour parler mieux , cet infâmo « Qui me haïssait en soq âme ,

• Et qui ne veut pas m'écouter, . .

« Moi , qui ne le veux arrêter

« Que pour une saison meilleure; « Après 9 qu'il aille à la bonne heure, « Chercher son beau pays Latin; « Qu'il aille » suivant son destin, . « Recevoir quelque ptaiea)u bosse^ « Je ne lui parle plus de noce...

« Aussi bien c'eSt l'injurier, « Que de le vouloir marier.

« Pauvre folle, je ne demande « Qu'une faveur qui n'est pas grande : « Je lui demande un peu de temps »

a C'est décela seul que j'attends « A ma fureur quelque remède.

« Le grand diable qui le possède « Le rendra sourd comme un aspic.

« Et je n'aurai point de répic.

« Si ma demande est ennuyeuse, « Qu'il contente une fnrieu&e,

• El se contraigne un pea pour bmw, « Le cruel, qui manque de foi

• A celle qui manque à soi-même, a Pour le chérir jusqu'à l'extrême.

« Va donc, ma sœur, va l'obliger

« A me complaire, et ne bouger; « Et pourvu qu'il ne m'abandonne , « Dis-lui, ma sœur, que je lui donne, a Dès ce soir, comédie et bal ; « Ou que Dieu le garde; de mal.

a Si tu conduis bien cette affiiire , « Tu me connais , laisse-moi faire j c Si tu ne t'en trouves pas bien , a Dis partout que je ne vaux rien :

« Je ne t'en dis pas davantage !..

c Va donc parler à ce volage , « Et cependant je chanterai 5 « C'est à savoir si je pourrai , a Car je me sens tout hors d'haleine » c La chanson d'Olympe à Bireine. »

Sa sœur s'en alla , puis revint ^ Fit des messages plus de vingt , Et le trouva toujours le même , Et le premier et le vingtième 5 H ne fit que lui répéter :

Jupiter vous veuille assister!

Non qu'il fut d'un esprit sauvage , One ne fut meilleur personnage, Hais il obéissait aux Dieux ; Et le Destin capricieux L'avait rendu , d'homme traitable »

Homme de cœur impénétrable. Ainsi Borée, un maître vent , D'entre les Alpes se levant ,

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