‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 69 sur 116 · LIVRE IV. f2f · texte numérisé non relu

LIVRE IV. f2f

A chaque talon talonnière ,

Et tout éclatant de lumière ,

Vint lui dire à peu près ceci :

« Pauvre homme qui dors sans souci ,

« Et qui ne sais pas qu'on s'apprête »

« À te venir rompre la tête ^

« Sauve, sauve-toi , de par Dieu^

« Et quille vilement ce lieu

« Où chacun a juré ta perte.

« La mer sera toute couverte

« De vaisseaux qui t'atiaqueront :

tt Malheur à ceux qui ne fuiront.

« Gagne le devant sans^remise ,

« Tu ne connais pas Dame Élise ^

« Toute gracieuse qu'elle est»

« Alors que quelqu'un lui déplaît p

a C'est une diablesse complète.

« Toule autre femme est ainsi faite»

<c Et A'est pas un pire animal

« Que femme qui nous veut du mal. »

Cette pressante remontrance Mit ^néas si fort en transe » ^

Qu'il ne put jamais dire rien Au messager Cyllénien , Qui se perdit dans la nuit noire, Si Virgile est auteur à croire.

Lors ^néas, frottant ses yeux, Qui peut-être étaient chassieux»

Se mit du plus haut de sa poupe , A réveiller toute la troupe , Criant bien fort : « Sauve qui pputj»

« Enfants^ c'est à nous qu'on en veui^ « Un Dieu du ciel vient de me dire, « Qu'on s'apprête à nous déconfire;

iih L'ÉTfÉIDE TRAVESTIE.

« Bon Dieu , qui nous viens avertir t D'éviter les peuples de Tyr « Dieu qui nous conseilles la fuite , t Nous allons nous mettre à ta suite « Si tu veux attendre un moment « Nous ferons ton commandement.

« Qui que lu sois Dieu tutélaire, « Tu mérites un grand salaire, « Et d'être en mon calendrier.

« "Et vous que j'ai droit de crier, « Et de vous rompre aussi les têtes « Alors que vous faites les bêtes j « Puisque vous me tenez pour chef , a Démarrons d'ici de rechef « Quittons cette maudite rive, « Et quiconque m'aime me suive, « Us en veulent, les basanés , « A nos oreilles , à nos nez.

« Faisons donc de rame merveilles, « Pour nos nez et pour nos oreilles ; « Plutôt que d'en être perclus , « J'aimerais mieux ne vivre plus.

« Ces nez plats, ces puants de Maures, « Sont de dangereuses pécores ; a Et Didon même ne vaut rien , « Quoiqu'elle m'ait voulu du bien.

« Allons donc , mes amis , courage, « Éloignons ce fâcheux rivage , « Gagnons la mer encore un coup^ « Il nous importe de beaucoup « Puisqu'on en veut à notre vie ; ce Quand elle nous sera ravie « Par ces Africains forcenés, « Nous serons les plus étonnés I »

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