‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 72 sur 116 · Livre iv. lis · texte numérisé non relu

Livre iv. lis

« O bourguenneétre de Carthage, « Vous n'avez guère de courage, « Si contre Dame Anne fâchés , « En morceaux vous ne le hachez.

« O sœur autrefois si jolie ; a Vous avez JTait une folie^ « Laquelle on ne peut réparôi*.

« Avez-voûs dû Vous séparer <c D*une sœur qui ftit si fidèle ?

a II valait mieux s*assurer d'elle , « Puis toutes deux d'un coup fbutré , u Chacune en main glaive acéré »

« S'entrepénétf er la peau tendre , « Ou bien dd taillaiit se t)Ourfândi*e. « Au moins si j'avais as^iàté « A ce trépas prémédité.

« Paurais eu dit gain dans ma perte , « Et j'aurais gobé boUche ouverte « L'âme de ma sœulr s'envolant ; « Si que l'une â l'autre mêlant, « J'en aurais une bonne paire c Et ce serait bien bonne aflhlfe « De pouvoir en aider â t)oint « Quelque ami qui ti'en attirait point. « Ça 9 de l'eau, ^ite qu'on m'en puisé , « Afin que je la gargarise ; « Ou bien plutôt un^eu de vin , « Ma sœur aimait ce jus divin!

« Mais à propos de l'éraétique , a Car il est, dit-on, mirifique, « Et ressusciterait un mort.

« Que ne la saigne- t-on d'abord?

« La mort est souvent éloignée « Par une première saignée? »

Tenant ces funestes propos , Comme elle avait le corps dispos, Haute en jambe comme une autruche, Et grimpait comme une guenuche^ Elle se fit voir d'un plein saut Au beau milieu de Téchafaud.

Là recommencèrent les plaintes , Et les souffletades non feintes.

Didon voulut le jour lorgner.

Mais il fallut bientôt cligner.

Elle voulut par bienséance Faire à sa sœur la révérence.

Mais elle en eut le démenti : De son corps trop appesanti , trois fois sa mourante paupière S'ouvrit , pour chercher la lumière, Et rayant vue, elle lâcha Un soupir, et ses yeux boucha.

Junon voyant la mort camuse.

Qui trop cruellement s'amuse, Comme se plaisant à son jeu, A tuer Didon peu à peu.

Elle appela sa messagère.

Iris , déesse fort légère.

Iris venue, elle lui dit :

« Va-t-en couper le lil maudit « De ma Didon infortunée :

« Elle avance sa destinée , t C'est pourquoi son âme ne peut « Sortir aussitôt qu'elle veut.

« Et sans doute la Parque grise, « Qui se ftlche d'être surprise , « Ne veut pas jouer du ciseau. »

Aussi légère qu'un oise.iu,

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