‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 82 sur 116 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

D'où f tacitement il exhorte , A courir, le pied qui le porte.

Nise les autres devança , Et derrière Fui les laissa , Les poitrines toutes pantoises, De la longueur de quatre toises.

Après lui « mais loin de lui , court SaliuSy qu'un espace court Sépare du jeune Euryale, Qu'Hélymus peu s*en faut égale ; A qui le dernier, Diorès , Souvent bat les talons exprès.

Et par malice dans la fesse Lui met le bout du pred sans cesse « Et Teùt à la longue emporté Sur lui, malgré sa primauté. .

Nise était du but. assez proche , Quand il lui vint ime anicroche»

Qui , voulût ou non, Tarrêta, Et sa belle course gâta.

Changeant toute son espérance En une sotte révérence , Qu'il fit de son long étendu , Sur du sang de bœuf répandu; .

Troublé comme un fondeur de cloche, Quoiqu'il ne boite, ni ne cloche , Il vo t que les prix destinés Ne sont pas pourtant pour son nés :

Mais perdant espérance et gloire ^ Il ne perdit pas la mémoire D'Euryalus qu'il adorait ; Car comme Salius courait.

Saisissant sa jambe et sa guêtre, Si fort ses pieds il enchevêtre,

37« L'ENÉIDE TRAVfSTIK.

Qae du nez en terre il donna,

D*oii se levant il ramena

Un coup sur le mufle de Nisc ,

Qui , sans jamais quitter sa prise ,

Le mordit quatre fois au q.

Ainsi d'Euryale vaincu ,

Et puis tout marqué de morsures ,

Tandis qu'à Nise il chante injures,

Et que Nise sans l'écouter.

Ne songe qu'à bien l'arrêter, ".

Le petit fripon d'Euryale

Vite comme le vent détale ,

Et laissant l'autre renier,

Arrive au but le fin premier ,

Favorisé de la huée •

De tous ceux par qui fut louée

De Nise la bonne action,

En signe d'approbation.

Qui criaient : Vive! vive! vive !

Hélymus le second arrive,

Et le troisième, Diorès ,

Qui le talonnait de si près ,

Que de cette talonnerie

On pensa bien voir brouillerie.

Lors Salins avec grands cris ,

Se plaint qu'on lui vole le prix ,

Allègue rinjuste cascade :

Mais Euryalus persuade ,

Ne faisant rien que larmoyer ,

Qu'on ne peut sans prix l'envoyer ;

Et Diorès, pour lui supplie,

Disant que sMl faut qu'à Salie ,

Soit octroyé le prix premier.

Qu'il se voit exclus du dernier.

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