‹ Le Virgile travesti en vers burlesques (volume 2)Chapitre 90 sur 116 · UVRE V · texte numérisé non relu

UVRE V

Et malgré Teau les flammes vives S'attacheat aux pièces massives ; La flamme gagne pas à pas Des endroits hauts les endroits bas } L'air s'obscurcit de, la fumée Qu'engendre l'étoupe allumée y.

Les flancs des nefs suent un peu »

Puis aussitôt sont vus en^feu , Qui par une fureur extrême Introduit son ennemi même.

Et donne une entrée à la mer»

Qui fait les vaisseaux âbimer. .

^néaSy à cette misère , . .

S'arrache le poil de colère De voir ce démon intestin Qui de ses vaisseaux fait festin^ Et qui si bien brûle et fricasse.

Que maint corps de nef est car^ca^se^^ Et maint vaisseau bien attelé > Kest plus qu'un peu de bois brûM..- Voyant que la puissance humaine Y perd autaat d'eau que depejne, ; Il déchira, fou qu'il était, Tout le vêtement qu'il portait , Et lors tout le monde eut la vue De sa chair de longs poils pourvue* Il fit, d'une mourante voix, Deux grands hélas! les bras en croix»

Regardant la voûte céleste , Puis il prononça ce qui reste :

« Jupiter que j'aime beiuicoup, « Voilà bien du feu pour un coup, « Et si ce n'est pas feu de joie -, • Celui qui brûla notre Troie»

a A comparer' à celui-ci ^ « N'était qu'un feu couci'COuci. « S'il arrive qu'il vous souvîeoJEie « Tant soit peu de la gent troyenn^; Si parmi ce peuple abîmé»

Quelqu'un est par vous eslimé 3 Plaise à votre Jupitérie , Que ce soit moi, je vous eu prie, Et vous serez rémunéré De m'avoir ainsi préféré.

En signa de là préférence, Qu'il plaise à votre Révérence , Sur nos pauvres nefs de pleuvoir, Gomme elle en a bien le pouvoir ; A nos aflàires décousues, La libéralité des nues, Viendra ma foi bien à propos :

De reau donc , de grâoe , à pteias pAls, Car vous en avez à revendre , Et vous savez bien où la prencke:

Hélas! quelquefois vous pleuvez

Toutes les eaux que vohs avez , Et plus qu'on ne vous en demande } Quelquefois la pluie est si grande, Alors qu'on s'en passerait lûea, Qu^un chapeau iieul ne dure rien.

Pleuvez donc, je vousen eanjure, «r Et pleuvez à bonne mesui'e, « Jamais l'eau ne fut plus à point ; « Si pour nous vous n'en avez point , « Avec votre canon céleste, « Exercez-vous sur ce qui reste ; « A. nos vaisseaux pulvérisés, « Joignez des corps fulgurisés^

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