‹ Le Virgile travesti en vers burlesquesChapitre 26 sur 227 · LIVRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME

Tout leur camp étoit en désordre:

On n'y faisoit que s'entre mordre; Leurs capitaines et soldats S'accordoient comme chiens et chats.

Qui n'eût donc parié leur perte, Nous attaquant de force ouverte?

Mais ils s'avisèrent enfin De vouloir jouer au plus fin :

Ils y trouvèrent mieux leur compte, Et par là nous eûmes la honte De nous voir réduits aux abois Par un simple cheval de bois.

Il plut donc à la Destinée Qu'ils fissent une haquenée (Si vous voulez, cheval de pas; Lequel des deux n'importe pas).

Par ce prodigieux ouvrage, Ida perdit tout son ombrage; Tous ses sapins prirent le saut, Ou , pour le moins, bien peu s'en faut. Pallas même y prit la cognée, Pour faire de l'embesognée ; Aussi fut ce maître dada Aussi grand que le mont Ida.

Je ne sais comment diable ils firent : Dans ce grand cheval ils bâtirent Toutes sortes de logemens, Sans oublier des aisemens; Puis, de munitions et d'armes, Et de leurs plus hardis gendarmes, Tous altérés de notre sang, Ils emplirent le vaste flanc De cette bête à large échine.

Que maudite soit la machine, Et le vilain qui l'inventa, Et la femme qui l'allaita, Et le mari de cette femme, Et toute sa famille infâme; Et, pour n'en faire à tant de fois, Les Grégeoises et les Grégeois !

Ayant donc fait ce grand colosse, Cette prodigieuse rosse, Qu'ils disoient, pour couvrir leur jeu, Être une offrande ou bien un vœu Pour leur prompt retour dans la Grt'ce. Qui diable eût deviné la pièce-, Et que ses larges intestins Eussent des soldats clandestins, Et tant de belle infanterie, Ou bien plutôt cavalerie, Puisqu'ils étoient tous à cheval?

JVous crûmes donc ce bruit fatal, Et que l'ennemi faisoit gillc1, Sans plus songer en notre ville; Et de fait, une belle nuit, Ils gagnèrent, sans faire bruit, Une petite île célèbre Par notre aventure funèbre, De qui Ténédos est le nom ; Autrefois riche et de renom, Mais, depuis cette longue guerre, Une très-malheureuse terre, Où le moindre petit vaisseau A peine se fourniroit d'eau.

Là, leur Hotte s' étant cachée, Chacun voulut voir la tranchée Et ce fameux camp d'où sortoient Ceux qui si souvent nous battoient.

Petits et grands, remplis de joie, Portèrent leur nez hors de Troie, Et visitèrent les quartiers Dont ils se pensoient héritiers.

Ons'cntr'apprend, on s'entremontre:

Ici se fit un tel rencontre2, Et là se fit un tel combat.

Chacun bien du pays y bat, Chacun y dit sa râtelée5 :

Là campoit le fils de Pelée ; Là le Dolope et Myrmidon.

Mais tous admirèrent le don

* S'enfuyait, se retirait précipitamment. Cette expression vient, suivant quelques-uns,"de faire l'agile; suivant la plupart, d'un trait delà vie de saint Gilles, prince de Languedoc, qui s'enfuit de peur d'être roi. (Voir Êtymol. des prov- francde Fleury de Beliingen, II, ch. i.)

2 Ce mot était alors du masculin. (V. Boisrob., la Belle Égyptienne, IV, v; R. Poisson, Baron de la Crasse, se. m; Monttl., Dame médecin, IV, v; Loret, liv. V, let. i.e, etc.)

3 Iiaconto tout ce qu'il sait, parle librement et tout son soûl.

Par eux fait à Pallas la sage,

Comme entreprise de courage.

La peste ! comme on le brûloit,

Si l'on eût su qu'il recéloil,

Pressés comme harengs en caque,

Par la ruse du roi d'Ithaque,

Des Grecs les plus hai\lis soudards,

Armés de piques et de dards !

Timetes, pour i'aire l'habile,

Dit : « Il le faut mener en ville,

Et que ce colosse si beau

Serve d'ornement au château. »

Voilà ce qu'avança le traître,

Soit qu'il fût, comme tout peut être,

Par nos ennemis suborne,

Ou que le sort l'eût ordonné.

Capis et les têtes plus saines

Lui dirent : « Vos fièvres quurtaines!

Il faut bien plutôt le brûler,

Au lieu de l'y faire rouler.

Le grand Jupiter nous en garde !

Que savons-nous ce qu'on nous garde

En ce gros ventre rebondi?

Encore une fois, je le di,

Ou je suis d'avis que l'on son le

Cette machine si profonde,

Ou, qu'avec de beaux charpentiers,

On me la mette par quartiers,

Ou qu'on lui donne la fum 'e

Avec paille mal allumée :

Les plus pressés éternueront,

Et les autres découvriront.

Grèce, ainsi sottement enclose,

Nous coûtera fort peu de chose,

Et nous la pourrons étouffer

Et du même temps nous chauffer. »

En cet embarrassant rencontre, L'un fut pour et l'autre fut contre.

Là-dessus Laocoon vint, Suivi de Troyens plus de vingt, Et, s'approchant de l'assemblée,

Il cria d'une voix troublée :

« La peste vous casse le cou !

.le crois que tout le monde est fou.

On pour le moins en rêverie1.

Quand vous auriez une écurie Bastante2 pour tel animal, L'y recevoir vous feriez mal.

Tout ceci n'est qu'un artifice.

Je connois trop l'esprit d'Ulysse, Pour croire que ce fin matois Ait ainsi dépensé du bois Seulement pour nous faire rire.

Cet ouvrage que l'on admire Est quelque tour de l'ennemi, Dangereux en diable et demi.

Le Grec, opiniâtre en mule, Afin de mieux sauter recule ; Défions-nous de ses présens, Très-dangereux, quoique plaisant Croire sottement leur retraite, C'est avoir la tête mal faite :

Celte grande masse de bois,

Cet ouvrage de tant de mois,

Ce cheval à la riche taille,

Vient reconnoître la muraille.

Dans son ventre, pour nos péchés,

Soldats sont peut-être cachés,

Qui, nous ayant coupé la gorge,

Guis comme des pourceaux dans l'orge.

Ou bien qui pissent dans du son,

D'une pitoyable façon

De tous nos biens feront ripaille.

Pour moi, je n'attends rien qui vaille

Du Grec devenu libéral,

Ni de ce grand vilain cheval. »

Cela dit, d'une lance gaie,

11 lit au cheval une plaie.

Son vaste ventre en retentit ;

Plus d'un Grégeois en émeutit5,

Car on a su depuis la chose.

Certes ce ne fut pas sans cause :

* En délire.

2 Suffisante.

3 Ce mot avait un sens qu'on devinera suffisamment quand j'aurai dit que c'es la plaisanterie favorite de Scarron, plaisanterie peu atti aie à laquelle il revient ; satiété dans son Virgile travesti.

Ulysse a confessé depuis

Que ce coup lui fil un pertuis

Droit au beau milieu de,!a panse ;

Il en fut quitte pour la transe,

Et pour s'écrier : « Je suis mort! »

Dont un chacun le blâma fort.

Il voua plus d'une chandelle

Pour l'avoir échappe si belle.

Plus avant de quatre ou cinq doigts,

Monseigneur le cheval de bois

Alloit servir de feu de joie

A la délivrance de Troie.

llium encore seroit,

Et le bon Priam régneroit.

Mais la fatale destinée

Avoit notre perte ordonnée,

Et les habitans du cheval

Eurent plus de peur que de mal.

Un grand bruit fit tourner la tête, Et laisser cette grande bête A tout ce peuple irrésolu.

Un jeune homme de coups moulu, Et lié d'une grosse corde, Criant bien fort miséricorde, Par les patres qui l'avoient pris, A grande rumeur et grands cris, Étoit amené vers la ville.

Ce Grec, des Grecs le plus habile, Et le plus propre à décevoir, S'étoit premièrement fait voir, Et puis après laissé surprendre, Résolu de se faire pendre En homme d'honneur, sans crier ; Ou, par un tour de son métier, De donner notre pauvre Troie A ses concitoyens en proie.

Ces pâtres s'empressoient beaucoup, Pensant avoir fait un beau coup :

Hélas ! de ce beau coup qu'ils firent,

Comme nous ils se ressentirent»

Ils mirent donc devant le roi Ce prisonnier tout hors de soi, Ou du moins qui feignoit de l'être.

Chacun s'approche de ce traître; A force de s'entrepousser, On pensa le roi renverser.

Le matois, tout couvert de larmes, A l'aspect de tant de gendarmes Oui demandoient à le berner, Fit semblant de s'en étonner.

Priam, des hommes le plus sage, Afin de lui donner courage, Le délia, le rassura, Et tout le monde conjura Qu'on ne lui fit nulle incartade.

11 en reçut une embrassade Entre le pied et le genou ; Car de se jeter à son cou, Le drôle savoit trop son monde.

Notre bon prince, à l'âme ronde1, Faisoit si peu du quant à moi *, Que quand il eût fait, sur ma foi, Quelque chose encore de pire, Le bon roi n'en eût fait que rire.

Le Grec, par ce trait de bonté, Parut comme ressuscité, Et puis (admirez son adresse, Et jugez par cette finesse Combien les Grecs sont dangereux \ Il dit, faisant bien le pleureur :

« Hélas ! hélas ! en quelle terre Ne trouverai-je point la guerre, Si je suis des amis chassé Et des ennemis menacé? »

Là-dessus il se mit à braire, Priam, prince très-débonnaire, Sitôt qu'il le vit braire ainsi, Se mit bien fort à braire aussi.

1 Bonne, simple et franche.

Et suis homme fort rond d« toutes les manières.

(Molière, Dépit amoureux, act. Ier, se 1™.)

On dit encore aujourd'hui : être rond en affaires.

2 Faisait si peu ses embarras. Tenir son quant à moi, c'est garder sa gravité, prendre un air digne et fier, faire le renchéri. Du reste, ce dicton se comprend de lui-même.

Quelques Troyens, voyant leur maître Braire autant et plus que ce traître, Afin de faire bien leur cour, Se mirent à braire à leur tour.

La pleurerie étant cessée, Et toute colère chassée Par cette lamentation, Chacun en eut compassion.

On l'exhorta de ne rien craindre, Et de nous déclarer sans feindre Quel rang chez les Grecs il avoit, Et tout ce que d'eux il savoit. Lors, les mains vers le ciel haussées, Que les cordes avoient blessées, 11 dit en soupirant : « Sinon, Si je m'en souviens, est mon nom; Malgré fortune qui m'accable, Quoique malheureux, véritable, Je le fus jadis, je le suis, Et serai toujours si je puis.

Du grand Palamedes l'histoire Vous doit sans doute être notoire:

Son père, le brave Bélus, Valoit son pesant d'or et plus ; Sa femme étoit dame Elisenne.

L'avocat du roi de Mycène Etoit son père; il avoit nom Aulides, homme de renom, Et sa tante, dame Dorie. »

Priam dit : « Laissons, je vous prie, En repos ce Palamedes, Sa femme et son père Aulides, Et nous racontez votre vie Sans tant de généalogie.

—Bien, dit letraître, et grand merci.»

Et puis il poursuivit ainsi :

« A cause qu'il blâmoit la guerre Qu'on venoit faire en cette terre, Il fut des plus grands mal-voulu, Par lesquels il fut résolu Qu'on en dépêcheroit le monde.

Ulysse, en qui malice abonde Autant qu'en un singe vieilli, L'empoisonna dans du bouilli ; On dit une poule bouillie, Autres disent de la bouillie :

Je ne sais pas en quoi ce fut,

Mais tant y a qu'il en mourut.

J'en eus affliction mortelle, A cause de la parentelle, Outre qu'étant très-pauvre né, Mon bon père m' avoit donné Pour page à cet aimable maître:

Il me vouloit du bien, pour être Et mon parent et mon parrain.

Je ne pus cacher le chagrin Qui paroissoit trop sur ma face ; Je fis menace sur menace:

Le méchant Ulysse en eut peur.

On savoit que j'avois du cœur :

J'avois, dès mes jeunes années, Plusieurs bonnes preuves données Que je savois tirer du sang, Couper un bras, percer un flanc, Et faire une capilotade De qui m'eût fait une incartade.

J'avois cent fois, dans le sang chaud, Juré dans notre camp tout haut Que je voulois faire une botte, Après le retour de la flotte, Contre ce traître empoisonneur, Que j'appelois larron d'honneur.

Le méchant sut bien me le rendre, Ainsi que vous allez apprendre.

Il corrompit monsieur Calchas, Dont tous les Grecs faisoient grand cas, Et dont je ne fis pas grand compte, Comme vous verrez par mon conte.

Ce Calchas étoit un bigot Pire que Goth ni Visigoth, Un grand faiseur de sacrifices, Grand immolateur de génisses; Passe encore, mais il faisoit Immoler ceux qu'il lui plaisoit.

Ce bon devin, ami du crime, M'ayant marqué pour sa victime, A la prière d'Ulysses, Sans doute un vrai diable en procès, Admirez un peu ce qu'ils firent Et l'étrange chemin qu'ils prirent Afin de me faire mourir.

Ils firent sourdement courir Plusieurs bruits parmi le vulgaire.

Mon ennemi ne sortoit guère

Qu'accompagné de ses valets Avec dagues et pistolets.

Mais qu'est-ce que je vous lanterne?

Qu'attendez-vous qu'on ne me berne ?

Et, si c'est trop peu de berner, Qu'attend-on à m'assassiner?

De quoi vous importe une vie De tant de malheurs poursuivie?

Que vous importe si Sinon Est maltraité des Grecs ou non?

Sans doute Ulysse le perfide, Les Grecs et l'un et l'autre Atride Seront bientôt les grands amis De ceux qui m'auront à mort mis.

Faites-moi donc vitement pendre; J'enrage quand il faut attendre.

Mon estomac vous fait beau jeu :

Vous n'avez qu'à pousser un peu. »

Le traître, par cet artifice, Ajoutoit poivre sur épice Au chaud désir que l'on avoit D'apprendre ce qu'il controuvoit.

On le caresse, on l'amadoue; Notre roi le baise à la joue :

Le bon seigneur aimoit surtout Les contes à dormir debout, Et, pour écouter une histoire, Il eût, sans manger et sans boire, Demeuré tout le long d'un jour.

Nous tous, assemblés alentour, Avions pour le moins même envie D'apprendre cette belle vie.

Le drôle, qui le voyoit bien, Feignant de ne craindre plus rien, Pria qu'on lui donnât à boire, Pour mieux achever son histoire; Priam quêta parmi nous tous Environ quinze ou seize sous. Tandis qu'on alla quérir pinte, 11 reprit son histoire feinte, Et nous dit: « Les Grecs confondus, Ou, si vous voulez, morfondus

Devant vos vaillantes murailles, N'avoientplus que des cœurs d'ouailles i Au lieu dé leurs cœurs de lions.

Eux qui, de plusieurs Iliums Eussent cru la conquête aisée, Voyoient leur puissance épuisée Devant une seule Ilium.

D'infortunes un million, Peste, famine, et tant de pertes A souffrir, outre les souffertes Par les soldats de Priamus, Les rendoient certes bien camus.

Les soldats et les capitaines Tournoient la tête vers Mycènes, Soupiroient après le retour Qu'ils espéroient de jour en jour.

Les chefs, sans crédit ni puissance, Les soldats, sans obéissance, Les uns et les autres tout nus, Mal payés et mal reconnus, Emplissoient le camp de murmures, Au général disoient injures ; Le moindre petit froid-au-cu Maudissoit cent fois le cocu, Comme aussi sa putain de femme, Qui eau soit cette guerre infâme.

Si l'on leur en disoit un mot, Ils disoient : « Vous êtes un sot. »

Cent fois le camp plia bagage, Et cent fois un cruel orage, Qui ne promettoit que la mort, Retint les navires au port, Entre autres, la rude tempête, Et comme elle troubla la fête* Que l'on fit quand, après six mois, Fut fini le cheval de bois !

Nos tentes furent renversées, Nos nefs dans le port fracassées ; Tout le vin du camp fut gâté, Et tout le camp si maltraité, Que chacun y fit sa prière, N'attendant que l'heure dernière.

< De moutons. Ouailles n'est plus guère en usage que dans la langue ecclésiastique.

* Sic Nous avouons ne pouvoir comprendre la construction de cette phrase, et il est possible que Scarron ne la comprît pas davantage.

Qu'on eût eu bon marché de nous, Et qu'il y faisoit bon pour vous !

Les vaillans autant que les lâches Pleuroient partout comme des vaches.

On n'entendoit que des hélas !

Le franc cocu de 3Jénélas Trembla bien fort en chaque membre, Voyant le tonnerre en sa chambre Qui son pot de chambre rompit :

Il en pissa de peur au lit.

On s'assemble sur ce prodige; On s'en étonne, on s'en afflige.

Le pot de chambre visité, On trouva qu'il avoit été Bien et dûment frappé du foudre :

Cela fit le conseil résoudre D'envoyer vers monsieur Phœbus, Qui ne parle que par rébus1.

On choisit le sieur Euripile, Homme en pareil cas fort habile, Qui partit dès le lendemain Pour Délos, bourdon à la main.

Voici, par une sarbacane2, Ce que lui dit, en voix de cane, La prophétesse, après avoir Sur le trépied fait son devoir, C'est-à-dire, nue en chemise, S'être longtemps tenue assise, Ses deux jambes écarquillant :

Cela lui rend le sang bouillant, Et lui fait bien enfler la gorge, Tant le Dieu dont elle regorge Lui rend le dedans confondu Jusqu'à tant qu'elle l'ait rendu.

Mais, bien mieux que moi qui trop cause, Vous savez peut-ctre la chose.

Voici ce qui fut rapporté

De la part du dieu consulté:

« Devant que de vous mettre en voie

« Pour venir cnmper devant Troie,

« Il vous a fallu sang humain

« Pour vous rendre le ciel humain ;

'<■ Votre heureux retour en la Grèce

« Doit s'acheter en même espèce :

« Une vierge il vous a coûté;

« Un homme doit être traité,

« Sans différer, de même sorte,

« Ou que le diable vous emporte,

« Ce qu'assurément il fera,

« Car tel est notre... » el cselern.

« A cet oracle épouvantable, On vit bien que le mi: érable Ne pouvoit être autre, sinon Le pauvre infortuné Sinon.

Calchas, étant ami d'Ulysse, Et de plusieurs crimes complice, Et parce que c'étoit Calchas Qu'on consultoit en pareils cas, Ulysse en public lui demande Qu'il déclare tout haut l'offrande Dont on doit apaiser les Dieux.

L'hypocrite, baissant les yeux, Conjure que l'on lui pardonne S'il ne veut déclarer personne, Et qu'il aime bien mieux mourir Que de faire un homme périr.

Ulysse l'en blâme; il s'en fâche.

I Ulysse l'en presse ; il se cache, S Durant dix jours ne paroîtplus, : Chez le même Ulysse reclus.

Un jour, comme par violence, • Ulysse l'amène en présence

i Scarron joue sur le double sens du mot Phébits, qui désigne le dieu du soleil, d'une part, et, de l'autre, un langage affecté, une sorte de galimatis urétentieux où chaque phrase peut, en effet, passer pour un rébus. On appelait ce cage phéhis, parce que c'était en recherchant l'éclat qu'il tombait dans l'obscurité, louissant si bien, qu'on n'y voyait goutte. Suivant le père Bouhours, ce mot venai Je ce qu'à cette époque les faiseurs de morceaux brillants et prétentieux parlaient toujours du soleil et de ses rayons, le prenaient pour terme de comparaison, etc. Il dit que le phébus diffère du galimatias en ce qu'il garde encore quelque apparence de pensée, tandis que le galimatias n'a même point cette apparence pour lui.

2 Long tuyau de bois qui servait, soit à parler, soit à lancer des projectiles. On sait à quel point la sarbacane fut à la mode à la cour de Henri IIÏ.

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