AU LECTEUR
Ami lecteur, pieux lecteur, lecteur bénévole, ou comme tu voudras, ne pense pas que je te donne ces beaux noms-là pour capter la bienveillance. Je te permets de dire pis que pendre de mon livre, selon l'honnête coutume de ceux qui lisent; et si tu n'as pas (Hé assez fou pour l'acheter, tout le déplaisir que j'en aurai sera de n'avoir pas ajouté aux noms d'ami, de pieux et de bénévole, celui de très-sage ou de très-judicieux.
* 11 avait reçu d'abord cinq cents écus de la reine. (Voir Épître à M. de Souvré 9e strophe.) Le don fut renouvelé l'année suivante. (Remercîment à la Reine, au début ) Grâce à madame de Schomberg et au bailli de Souvré, ces cadeaux se changèrent, vers 16i5, en une pension qui ne fut pas toujours régulièrement payée, et qui cessa entièrement de l'être après la publication de sa Mazarinade. Ses œuvre» sont remplies de requêtes et de remercîments à la reine, ayant toujours le même but, et où la quémanderie est poussée à ses dernières limites* Il lui demande de l'argent, une abbaye, un logement à la cour, une litière, même des livres, etc., et à cinquante autres de même.
A MONSIEUR L'ABBÉ SCARRON