LIVRE QUATRIÈME
i! plutôt, reine malheureuse, ins faire tant de la pleureuse, i te pendre sans hésiter, n'est plus temps de se flatter, oute espérance étant perdue ; u plairas peut-être, pendue :
es hommes ont d'étranges goûts, t les grands seigneurs plus que tous, u'est-ce donc que tu veux attendre?
ncore une fois va te pendre ; u te pendras fort justement, uand on s'est pendue un moment, n ne veut plus faire autre chose.
!t toi, de mon malheur la cause, œur Anne, qui me le peignis .ussi charmant qu'un Adonis, ]t qui, de mes larmes touchée, le rendis si fort débauchée, )ue les poètes en diront ^ut-être plus qu'ils ne sauront, fe ne me verrois pas moquée, ii comme une sotte escroquée, >i j'avois suivi ma raison Et moins cru mon échauffaison.
f'aurois observé mon veuvage Sans faire un second mariage; f'aurois sans reproche vécu Sans faire après sa mort cocu Défunt Sichaeus, mon pauvre homme :
Toutes les fois que je le nomme, Je sens mon cœur tendrilier Et mes yeux humidilier.
Oh 1 que te voilà diffamée, Femme d'homme trop affamée t Et que ce lâche suborneur Te coûte de gloire et d'honneur !
Tu serois bien plus fortunée Si tu n'étois point femme née, Mais plutôt chienne ou bien guenon, Ou bien brebis, galeuse ou non! »
Tandis que, sur cette matière, Elle passe la nuit entière,
S'en prenant même aux innocens, Énée, avec tous ses cinq sens, Dans sa nef paisiblement ronfle, Attendant que le bon vent gonfle Ses voiles de chanvre ou de lin.
Comme ce prince peu malin, Et qui jamais ne l'eût laissée Sans une affaire bien pressée, Dans son vaisseau faisoit dodo Sans songer beaucoup à Dido, Le dieu Mercure vint en songe (Et ceci n'est point un mensonge), Car moi qui vous parle, Scarron, Je le tiens de maître Maron), Je dis donc que le dieu Mercure, Comme on le voit en sa peinture, Avec un bonnet à l'anglois, Un beau baudrier de chamois, Auquel pendille une escarcine, En sa main droite une houssinc, Où deux gros serpens émaillés Sont l'un dans l'autre entortillés, A chaque talon talonnière, Et tout éclatant de lumière, Vint lui dire à peu près ceci :
« Pauvre homme qui dors sans souci, Et qui ne sais pas qu'on s'apprête A te venir rompre la tête, Sauve, sauve-toi, de par Dieu, Et quitte vitement un lieu Où chacun a juré ta perte.
La mer sera tantôt couverte De vaisseaux qui t'attaqueront :
Malheur à ceux qui ne fuiront !
Gagne le devant sans remise.
Tu ne connois pas dame Élise :
Toute gracieuse qu'elle est, Alors que quelqu'un lui déplaît, C'est une diablesse complète.
Toute autre femme est ainsi faite, Et n'est pas un pire animal Qu'une femme qui nous veut mal. »
ses Mémoires (p. 52), entreprit cependant d'ouvrir le passage de Corbeil, et il se mit en marche à grand bruit, avec un gros détachement de bourgeois d* la ville qui devaient faire des merveilles ; mais ils n'eurent pas le courage de passer Juvisy, ayant appris qu'il était sorti des troupes de Saint-Germain pour les couper.»
Cette pressante remontrance . Mit JEneas si fort en transe, Qu'il ne put jamais dire rien Au messager Cyllenien, Qui se perdit dans la nuit noire, * Si Virgile est auteur à croire.
Lors $neas, frottant ses yeux, Qui peut-être étaient chassieux, Se mit, du plusriaut de la poupe, A réveiller toute sa troupe, Criant bien fort : « Sauve qui peut ! EnfanSj c'est à nous qu'on en veut.
Un dieu du ciel me vient de dire Qu'on s'apprête à nous déconfire.
Bon dieu qui nous viens avertir D'éviter les peuples de Tyr, Dieu qui nous conseilles la fuite, Nous allons nous mettre à ta suite; Si tu veux attendre un moment, Nous ferons ton commandement.
Qui que tu sois, dieu tutélaire, Tu mérites un grand salaire, Et d'être en mon calendrier.
Et vous, que j'ai droit de crier Et de vous rompre aussi les têtes Alors que vous faites les bêtes, Puisque vous me tenez pour chef, Démarrons d'ici derechef; Quittons cette maudite rive, Et quiconque m'aime me suive.
Ils en veulent, les basanés, A nos oreilles et nos nez.
Faisons donc de ramer merveilles, Pour nos nez et pour nos oreilles :
Plutôt que d'en être perclus, J'aimerois mieux ne vivre plus.
Ces nez plats, ces puans de Maures, Sont de dangereuses pécores, Et Didon même ne vaut rien, Quoiqu'elle m'ait voulu du bien.
Allons donc, mes amis, courage, Éloignons ce fâcheux rivage, Gagnons la mer encore un coup ; Il nous importe de beaucoup, Puisqu'on en veut à notre vie :
Quand elle nous sera ravie Par ces Africains forcenés,
Nous serons les plus étonnés. »
Cela dit, son maître pilote Donna le signal à la flotte; Puis, d'un fourreau de maroquin Tirant son glaive damasquin, iEneas en coupa te câble De l'ancre fiché dans le sablu, Et les autres chefs l'imitant, C'est-à-dire en faisant autant, Les vaisseaux en mer s'élargirent, Les flots de vaisseaux se couvrirent, Et l'on ne vit plus dans le port Que vaisseaux qui prenoient l'essor.
Alors l'aurore violette Laissa dans sa couche mollette Le vieux Tithon, un maître fou, De s'être enchevêtré le cou, Si vieil, d'une, si jeune femme.
C'est une fort honnête dame, Qui, tous les matins, de ses pleurs Emperle, ce dit-on, les fleurs.
Lorsque la rive basanée Fut d'elle tout ensafranée Et qu'elle eut semé ses joyaux Sur fleurs, arbres, herbes, roseaux, La Didon, que l'amour réveille, Et lui met la puce à l'oreille, Se jette en bas de son grabat.
Voyant que le point du jour bat Ou plutôt blanchit sa fenêtre, Elle s'y mit pour reconnoître Ce que faisoit son cher ami, Lors pour elle un diable et demi.
Quand elle vit, la désolée, La flotte Troyenne envolée, Et dans son port pas un vaisseau, Mais seulement quantité d'eau, Elle frappa de sa main close, Comme s'il en eût été cause, Son tant agréable museau, S'égratigna toute la peau, Fit cent actions d'une folle, S'appliqua mainte craquignole, Pocha ses yeux, mordit ses doigts, S'arracha le poil plusieurs fois, Puis, se frappant deux fois la cuisse:
« 11 s'en va, dit-elle, le Suisse,