RÉGNIER
» Des coups de bâton.
o On sait que la chiourme est le banc garni de rameurs.
Avec grandes perches ferrées, De leurs rames défigurées Tâchoicnt de pêcher les morceaux Qui flottoient brisés sur les eaux.
Autant et plus que vent en poupe, A Mnestheus comme à sa troupe Cet accident vint à propos :
D'esprit et de corps fort dispos, Il fit trois pas de sarabande, Pour réjouir toute sa bande, Laquelle, à force de ramer, Fendit si prestement la mer, Qu'on l'eût alors bien comparu) A quelque colombe effarée, Quand du lieu d'où sont ses petits, Ses ailes faisant cliquetis Aussi vite qu'une sagette*.
Pour quelque rumeur qu'on a faite, Elle fend le cristal de l'air, Et puis, sans ses ailes branler Sur l'une et sur l'autre étendue, En l'air à gogo* suspendue, On la voit pourtant avancer Plus quasi qu'on ne peut penser.
Mnestheus donc, en sa Baleine, D'abord du but la plus lointaine, Voyant Sergestus échoué, Cria : * Le bon Dieu soit loué !»
Et le laissa bien loin derrière Faisant non pas quelque prière, Mais des juremens de chartier, Ou, si l'on veut, de brelandier 3.
Tandis que messire Sergeste Contre messire Destin peste, Mnestheus attrapa Gyas, Et lui dit : « Qu'est-ce que tu as, Et qu'as-tu fait de ton pilote ?
Faut-il qu'un homme ainsi sanglote?»
A cela point ne repartit Gyas, qui de rage glatit* Dans sa nef qui nage sans guide,