‹ Le Virgile travesti en vers burlesquesChapitre 95 sur 227 · LE COMTE ET LA COMTESSE DE FIESQUE · texte numérisé non relu

LE COMTE ET LA COMTESSE DE FIESQUE

Monsieur et Madame,

Vous m'aviez promis un petit chien *, vous ne me l'avez pas donné : je vous avois promis de vous dédier tin livre de Virgile, je vous en dédie un. Voilà tout ce que j'ai à vous dire. Je suis,

Monsieur et Madame ,

Votre très-humble et très-obéissani serviteur,

SCARRON

* Charles-Léon, comte de Fiesque (tils de François de Fiesque, comte de Lavagne et de Bressuire, tué au siégé de Montauban en 1621), avait épousé, en 1645, Gillonne de Harcourt, veuve de Louis de Brouilly, marquis de Piennes, et tille de Jacques de Harcourt, marquis de Beuvron. Charles-Léon appartenait à l'illustre maison génoise, célèbre par la conspiration de Jean-Louis. Ses ancêtres étaient venus s'établir en France. Les deux nobles époux étaient liés avec le poète burlesque, qui a plusieurs fois adressé des vers et des lettres à la comtesse, une entre autres, en faveur de mademoiselle Céleste de Palaiseau, qu'il avait aimée dans sa jeunesse, tt qui, s'étant faite religieuse, se trouvait réduite à la misère par suite de la ruine de son couvent.

* Il y a, dans les œuvres de Scarron, une Êpître à madame la comtesse de Fiesque, pour avoir une chienne qu'elle lui avoit promise. Cette épître est datée de

L'an que le sieur de Benserade N'alla point en son ambassade.

Ainsi la promesse et l'attente du poète remontaient déjà haut, mais Scarron avait la mémoire longue. Il demandait de tout ; on lui envoyait de tout : de l'argent, des livres, une voiture, des pâtés, des chapons, des fromages, etc., et il acceptait tout avec une reconnaissance qui se manifestait par d'amples remerciments. H serait beaucoup trop long de citer toutes les pièces à l'appui ; on les trouvera â chaque page du recueil de ses Œuvres burlesques.

LE

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