‹ Le Virgile travestiChapitre 96 sur 218 · LIVRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIEME

Avec quelques autres de paon»

Faisaient sur un petit turban Une espèce de capeline; Un carquois chargeait son échine, Garni de matras empennés Très-artistement façonnés.

Les cheveux qui, siîr son derrière, Flottaient dune belle manière, Etaient ce matin-là gaufrés, Et noués de cordons chiffrés, De la main de la forcenée, D'un jE qui faisait ^née.

Ite77i, son superbe manteau Fait à Sidon du drap d'Usseau, Et quelle portait en écharpe, Etait dune couleur de carpe, Car d'écaillés d'or émaillé Et très-artistement taillé L'étoffe était toute couverte, Et, sur récaille jaune et verte.

Quand le soleil a plomb donnait, Peau de carpe elle devenait.

Il se retroussait d'une agrafe Qui répondait à la piaffe :

Cette agrafe représentait Une patte d"ours qui tàtait.

Et qui ta tait d ours autre patte.

L'une et l'autre de fine agate.

Les Phrygiens vinrent aussi En grosses bottes de roussi, lulus était a leur tête, Tout ébaudi de telle fête.

Après lui vint son cher papa.

Qui les yeux de tous occupa, Tant était beau le galant homme :

Peu s'en fallait qu"il ne fût comme Apollon, alors que quittant Xanthe. qu'on dit qu'il aime tant, Et la Lycie, où Ton frissonne, Ce beau fils de dame Latone,

Poudré, frisé, rasé de frais, A grand équipag-e et grand frais Vient faire à Délos résidence :

Pour le recevoir chacun danse; Ley Agathyrses peinturés.

De leurs plus beaux habits parés, Et les Drv' pes, et les Crêtes, Dansent comme marionnettes; Chacun le cul du pied s'y bat :

Jamais on ne vit tel sabbat.

Ce dieu, sur les coteaux de Cyntha Se promène, la tète ceinte De feuilles et de rubans d'or.

Tel, et plus beau peut-être encor.

Parut en son habit de chasse Messire ^neas dans la place.

Il fut de chacun admiré, Des yeux de Didon dévoré, Et lui pareillement sur elle Joua souvent de la prunelle.

Alors que l'on fut dans les bois, Des rochers, chèvres et chamois Prirent la peine de descendre.

Et l'on prit celle de les prendre.

Force daims traversant les champs.

Maintes pétarades lâchans.

Faussèrent bientôt compagnie, Sans beaucoup de cérémonie, Et maint cerf y prit le devant Vite autant, et plus que le vent.

Faisant naître dans son passage De poussière un épais nuage. Ils se sauvaient en moins de rien, En quoi certes ils faisaient bien, lulus, autrement Ascagne, Monté sur un cheval d Espagne, Attrapait les plus avancés ; Puis les ayant outre-passés, Venait sur eux à toute bride, Poussait son cheval intrépide,

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