‹ Le visiteur du pauvreChapitre 28 sur 33 · SUR 100 INDIGENS · texte numérisé non relu

SUR 100 INDIGENS

Du département delà Seine 48 55

Des antros départeraens 51 64 f

Étrangers ' 1 -^

On doit penser que la proportion des indigens étrangers s'est beaucoup affaiblie depuis l'établissement du nouveau régime; soit parce qu'une plus grande sévérité et une plus grande réserve président aux admissions, soit parce qu'un règlement fort sage interdit aujourd'hui de recevoir aux secours 1 indigent qui loge en garni.

2^4 ^^ VISlTEUr.

D'ailleurs la réduction considérable que le territoire Irançais a subie en i8i4 et i8i5 , a du aussi contrijjuer à y faire allluer moins de pauvres du dehors (i).

Voici maintenant la répartition des secours telle qu'elle a eu lieu en 1824.

Les secours en nature auxquels l'administration a la sagesse de restreindre, autant qu'il est possible, l'assistance donnée à l'indigent, peuvent être répartis sous quatre titres principaux : les alimens, les habillemens et couchers, les médicamens, le chauffage. A la somme totale, nous joignons celle qu'elle donne par ménage et par individu , appliquée seulement aux deux tiers des iudigens portes sur les états, d'après le motif que nous venons d'indiquer.

Par an.

l'rcmicre classe. Somme totale. Par ménage. Par tctc.

fr. c. fr. c. fr. c.

Alimens 465,585 65 25 25 1161

Deuxirme classe.

IlabUlemcns et couchers. . . . 135,952 71 6 80 3 59

Troisième classe.

Combustibles 39,436 64 1 97 98

Qualricme classe.

Médicamens. ....... 20,774 43 2 55 1 27

dans l'emploi de laquelle nous trouvoQS les détails su'ivans :

Prcmiùre classe.

Painsde 12kilogr 144,270 pains.

Viande 170,607 | kilo-.

(1) Les secours distribues en 1823 ont excédé ceux de 1822, d'une somme de 50,260 fr. 95 c. En 1824, ils ont subi au contraire une diminution de 42,779 fr. 21 c.j mais ces différences sont peu sensibles relativement à la somme totale.

nu PAUvnr.. 29.)

Comestibles divers 14,285 Ir. 67 c,

SaboLs et olyets divers 27,470 fr. 83 c.

Pcnxième classe.

Chemises confectionnées 3,63 1

Toiles pour en confectionner 4,510 «unes.

Demi-layettes 1,214

Vestes 112

Pantalons 286

Jupes 675

Paillasses confectionnées 1,686

Toib'S pour en confectionner 2,975 aunes.

Couvertures 1,507

Bottes de paille 14,985

Troisième classe.

Cotrcts 45,960

Bois à brûler 441 doub, stères.

Les secourà en argent ont tous une destination spéciale et d'exception, comme on va le voir :

1° Aux vieillarcbi, aveujjles et infirmes (1) 171,549 fr. 0.

2° Aux nourrices malades

3" Aux enfans vaccinés

4° Secours extraordinaires divers. . . 5<* Lcfjs et donations avec emploi déterminé • . , . . 16,525 05

276,407 fr. 97 c,

(1) On donne par mois à cbaque octojjénairc 6 fr.

Septuagénaire au-dessous de 74 ans 5

Avcu;;les 6

r r, < X i^lassc 6

Infirmes. U„ ^,^^^^ ^

(l'«cli 12" ch

Mais celte dernière espèce de secours ne se continue plus aujourd'hui qu'aux indigens qui en jouissaient par le passé. On n'en admet plus de nouveaux à y participer.

Chaque bui'eau de charité a établi plusieurs maisons de secours dirigées par des Sœurs de diverses congrégations charirables, où se tient la marmite, où sont les dépôts de médicamens, de combustibles, où se font les distributions, les consultations gratuites, auxquelles sont ordinairement annexés les ouvroirs et les écoles de filles. Les dépenses réunies de ces maisons de secours , s'élèvent ensemble à i43,3o6 fr. 09 c.

Les bureaux de charité entretiennent en ce moment quatre-vingt-une écoles gratuites , savoir :

Ecoles de garçons ^^^81

De filles • 42 j

Nombre des instituteurs; savoir :

Frères de la doctrine chrétienne . ^^ I 79

Séculiers 13|

Nombre d'institutrices :

Sœars ^^ 1 Rfi

Séculières 1^1

Nombre des élèves :

Garçons 5 479 I „ „

Filks 5J15 I 10'«94(1)

Plus 26 ouvroirs de filles diriges par 26 Sœurs et renfermant 1,026 apprenties.

La dépense totale de ces Irente-neuf écoles monte

(1) On ne peut pas comparer, comme on serait tenté de le faire, ce nombre d'élèves avec celui des enfans inscrits au secours , ce dernier contenant tous les enfans au-dessous de 12 ans, dont la plus grande partie ne va pas aux écoles, tandis que beaucoup d'enans au-dessus de 12 ans fréquentent les écoles.

à i22,j4j fr. 56 c. et par tête d'élève ;i 1 1 fr. 27 c. (1) A ces tléponsos il convient île joindre : 1° Les frais de bureaux et les traiteniens d'agens comptables des bureaux de charité, ci. . 6i,y6'8 fr. 93 c. Et des dépenses diverses i3,20i 19

74,970 1 2 Total des dépenses faites parles bureaux de charité 1,335,199 38

Si on y ajoute encore la dépense

des bains pour les indigens. . , 2,296* 20

Celle de la filature 62,965 82

Une somme mise à la disposition

du ministre de l'intérieur, pour

secours particuliers 36,ooo »

Id. au préfet de la Seine. . , 9)000 "

110,262 02 On a une somme totale de . i,445j46i 4^ que le Conseil général des hospices consacre aux se-

(1) Indépendamment des écoles de charité , l'enseignement primaire se donne encore gratuitement à Paris , dans

Nombre d'écoles de garçons. D'élèves. De filles. D'élèves.

Écoles communales 12 877 12 848

Ecoles entretenues par la ville de Paris , des associations ou des particuliers 10 1572 8 1209

Écoles d'adulte» 4 206 1 54

Donnant un nombre de. ... 20 2655 21 2091

Les écoles d'enseignement mutuel figurent dans les relevés pour 18 2219 10 1504

cours à domicile , sur les fonds communaux de la ville de Paris.

On est frappé de voir combien les secours, répartis par tête semblent insuffisans pour subvenir aux besoins du pauvre. Les alimens en forment l'objet essentiel, et cependant la viande est exclusivement réservée aux malades, aux femmes en couches; il n'échoit en hiver, terme moyen , que deux pains de deux kilogrammes par semaine, pour trois ménages; en été qu'un seul, pour deux ménages. Combien de temps un ménage se chauffera-t-il avec 1 fr. gy cent. ? Comment se vêtir et se coucher avec 3 fr. 3g c. par tête? Mais il ne faut pas perdre de vue que les secours sont gradués, proportionnés à l'étendue des charges et des besoins. 11 est vrai , cependant, que cette assistance ne suffirait pas pour assurer l'existence du pauvre le plus malheureux, de celui qui est privé de toute ressource : mais en cela même, il y a une utilité indirecte. Il en résulte que nul ne peu! compter d'une manière certaine sur des secours suffisans en cas d'indigence; etc'estlàlepréservatif contrele grand danger de la multiplication indéfinie des indigens.

L'inscription du pauvre constate sa situation, les droits qu'elle lui donne à l'intérêt des âmes généreuses, le signale à leur bienveillance, et l'intervention des administrateurs, dames ou commissaires de charité ouvre aussi des canaux par lesquelles secours de la bienfaisance privée pourront arriver jusqu'à lui.

Ces secours à Paris sontaussiabondans que diversifiés. Une partie est confiée aux vénérables curés des paroisses. MM. les curés ont établi leur distribution dans les maisons de secours fondées parles bureaux de charité; ils

y font distribuer delaviande, desniédicamens, du linge, des vêteniens , etc. ; ils se font assister aussi par des diimes de charité. Rien n'est publié sur le montant et l'emploi des sommes versées de cette manière j maison n'exagère point en l'évaluant à la moitié au moins de celle qu'y consacre l'administration publique. Joignez-y les dons si abondans de la famille royale non moins empressée à soulager les infortunes privées, qu'à apporter des remèdes dans les calamités publiques , l'assistance que quarante ou cinquante associations de bienfaisan ce prêtent au malheur sous les formes les plus variées , les secours distribués parla grande aumônerie, les aumônes directement remises par les particuliers , aumônes qui , dans la classe moyenne, sont fort multipliées (i), et vous serez convaincus qu'à Paris ,il est suffisamment pourvu aux besoins de la classe indigente. Mais, il est utile, nous le répétons, que ce résultat soit obtenu sans qu'il y aitrien de fixe , de certain , pour chaque indigent en particulier , seul moyen de soulager les indigens sans les multiplier. Le nouveau régime établi à Paris pour les secoursà domicile , peut recevoir sans doute encore divers perfectionnemens;nous en indiquerons quelques-uns ci-après dans le 18'' chapitre. Néanmoins, il a produit des avantages considérables : le nombre des indig^ens inscrits a été réduit presqu'à moitié ; le recensement et le classement des pauvres aété|niieuxdéterminé; la distribution des secours, mieux réglée; la surveillance mieux établie.

(1) Les marcliands de Paris sont en général fort humains et charitables. Beaucoup d'entre eux ont leurs pauvres d'adoption qui viennent recevoir chaque semaine un secours déterminé ; des traiteurs et rcstaurans distribuent des alimens, etc.

3oO LE VISITEUR

Ons'etonneque leregimeadopté dans la capitale, ne le soit point encore dans les départeniens. Peut-être n'y a-t-on point encore eu l'occasion de connaître les principes sur lesquels il est fondé , et les fruits qu'il produit, et c'est un des motifs pour lesquels nous avons essayé d'en donnerici une idée. La distribution des secours à domicile n'est point dirigée dans les départemens par des institutions semblables, d'après des règles uniformes. Dans pusieurs villes , comme à Toulouse par exemple, l'administration civile s'en est essentiellement remise à la sollicitude des curés et des sœurs de la cbarité. On ne peutcertainementtrouverdesorganes plus respectables et plus dignes de confiance à tous égards ; mais , on se prive par là d'une coopération qui multiplierait les ressources ; on refuse aux simples particuliers l'occasion défaire debonnes actions, et de recueillir des instructions utiles.

Au reste , l'institution des bureaux de charité , telle qu'elle existe maintenant à Paris, suppose avant tout un choix d'administrateurs bien pénétrés du véritable esprit de leurs fonctions. S'il arrivai t qu'on confiât cette mission àdeshommes qui n'y chercheraient qu'un moyen de considération , ou à deshommes tourmentés du besoin d'exercer leur activité, d'obtenir une influence, les plus sages réglemens demeureraient stériles , l'institution pourrait manquer son but, aller même contre son but. Les institutions prospèrent par le caractère des hommes qu'elles emploient(i).

(1) Suivant M. de Liancourt , dans ses rapports à l'Assemblée consliluante , nos hôpitaux, avant la révolution , renfermaient 28,000 individus de tout âge et de tout sexe, Paris contenait:

DTJ PAUVilE. 3oi

Indigcns valiilcs 50,000

Malades 0,000

Convalcsccns 2,000

Aliénés 1,000

Enfans 4,000

Orphelins, vieillards incurables 17,000

Suivant les calculs du même philantlirope , la population indigente, en général, s'élève tout au plus au dixième delà population totale , dans les temps malheureux , et au vingtième dans les temps ordinaires.

Fourcroy , dans un travail général pour l'organisation des secours puhlics préparé pour le Conseil d'Etat , donne cette dernière proportion comme le résultat général obtenu par toutes les recherches faites en France et en Angleterre .

On avait trouvé à Hambourg en 1789 , un pauvre sur 13 habitans j en 1817 , on ne comptait dans la même ville sur une population de 107,000 habitans , que 2,722

pauvres inscrits.

Eiifans dans les écoles gratuites 2,000

Orphelins 900

A Vienne, en 1801 , avant les réformes introduites lors du voyage du baron de Voght , on comptait sur une population qui n'était pas de 250,000 âmes, 37,552 pauvres ; actuellement la population est évaluée à 210,1^8 habitans, l'on y compte 20, 581 pauvres. Berlin, sur une population de 188,485 habitans, contient environ 12,000 indigens.

Lorsque l'administration française organisa à Rome les secours à domicile qui y avaient été jusqu'alors inconnus, le reccjiscment des pauvres ù domicile donna , sur une population totale de 120,000 habitans, cuviron 3,000 ménages pauvres, formant :

3o2 LIi VISITIÎUR

Individus de tout âgfc 9,000

Auxquels joijjiiaut la populalion moyenne de Luit liùj)i-

taux de malades et d'un hôpital de convaleseens. . . . 1,800

Les etifans trouvés 1,020

Les bâtards 1,5G0

Les aliénés 150

Les orpliclins reçus dans les hospices 240

Les vieillards dans un hospice 150

Les jeunes filles élevées dans 15 conservatoires. . . . 1,150 Les juifs et les convertis reçus dans les hospices particuliers. . . ► 60

On aurait une population indigente totale de. . . . 15,150

Nous n'avons pu parvenir à connaître la population indigente que renferme actuellement la ville de Londres.

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