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CHAPITRE IV

Réfutation des âmes végétative, aensitive, motrice, archées, esprits SnimSux, médiateurs plastiques. L’ftme raisonnable principe de la vie, cause de toutes les fonctions organiques. L’ftme architecte de son propre corps. L’âme des bêtes. Les plantes.

La vie, c’est la conservation du mélange corporel dans sa corruptibilité, ou la préservation de ce mélange corruptible de l’effet d'une corruption actuelle, par le moyen du mouvement. Le mouvement, instrument de la vie, d’une autre nature que celle du corps, requiert un principe différent du corps, supérieur à lui, qui mette en œuvre cet instrument, qui le dirige avec intelligence vers sa fin, la conservation du corps : le vrai principe de la vie.

Quel est-il î

Arrière toutes les inventions de l’antiquité et celles plus insensées encore des modernes, les âmes végétative et Sensitive, distinguées de l’âme raisonnable, les archées, les esprits animaux, les médiateurs, tous ces êtres chimériques enfin, inventés par l’imagination. L’expérience et la raison les font disparaître, l’expérience qui ne nous montre rien de semblable, la raison qui en prouve l’absurdité, l’inutilité et l’impuissance.

A quoi bon chercher le principe de la vie, comme

les anciens, dans une âme végétative? Si cette âme est aveugle et inintelligente, elle ne fera rien de plus ou de mieux que la matière elle-même. Si elle est capable de diriger les mouvements du corps vers une fin, c’est qu’elle est intelligente; alors en quoi se distinguet-elle de l’âme raisonnable? Elle *fait avec elle double emploi. L’archée de Van Helmont est de la même nature que l’âme végétative, il aura le même sort.

Les modernes raisonnent encore plus mal et n’observent pas mieux. Les esprits animaux et autres chimères tombent sous les mêmes objections : inintelligents, ils ne peuvent rien; intelligents, en quoi diffèrent-ils de l’âme? Mais les modernes ajoutent en faveur des esprits un argument contradictoire. L’immatériel, disent-ils, ne peut agir sur le matériel, il faut donc pour mouvoir le corps un intermédiaire corporel. La contradiction est manifeste ; si l’immatériel ne peut agir sur le matériel, ces esprits ou tous autres intermédiaires ne peuvent être immatériels, car ils ne pourraient agir sur le corps; s’ils sont matériels, ils ne peuvent au contraire agir sur l’âme et conspirer avec elle, comprendre ses besoins et lui servir d’instrument.

« On a des nausées rien qu’à entendre parler des in- » dignations et des joies des esprits animaux et des » archées... C’est une distinction absurde que celle qu’on n établit entre une matière plus grossière et une autre » plus subtile qui serait ainsi plus capable d’entrer en » commerce avec ce qui est incorporel. Ensuite, de telles » inventions supposent dans ces agents, non-seulement » une intelligence égale à celle de l’âme raisonnable.

» mais plus grande encore, si on estime les choses à B leur valeur, pour qu’ils puissent agir partout et tou- B jours sciemment et convenablement. Car, dans de telles B hypothèses, ces agents doivent non-seulement savoir B ce qu’ils ont à faire, quand, comment, dans quelle B mesure, mais comprendre aussi les petits mouvements 8 les plus exquis, les proportions les plus délicates que B veut l’âme, et ils sont censés exécuter toutes choses B telles exactement que l’âme les pense et les veut... Il B n’est pas plus raisonnable de supposer que tousles mou- B vements qui se font dans le corps sont prédéterminés - 8 et produits par l’absolue volonté de Dieu... C’est à B tort qu’une ancienne doctrine ajoute à l’âme raison- B nable une âme végétative et une autre sensitive.

B D’autres, plus anciens encore, pensaient avec plus B de raison qu’à, une seule âme humaine, dite raison- B nable, à cause de sa puissance spéciale et supérieure,

B il fallait attribuer en outre ces puissances inférieures,

B par ce motif excellent, que qui peut le plus peut le B moins. Mais ils ont eu le tort, grâce à cette tendance B des anciens à multiplier au hasard les abstractions,

B de faire de ces diverses facultés comme autant de B forces substantielles. La multitude des stériles con- B ceptions qui naquirent de là s’accrurent encore de B l’invention des esprits. Car, comme cette première et B absurde prétention qu’il n’y a point de commerce B possible de ce qui est matériel et de ce qui ne l’est B pas, paraissait mettre en danger l’immatérialité de B l’âme raisonnable, les médecins essayèrent d’étouffer B le scandale et de satisfaire par un mot sonore et une

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ANIMISME DE 8TAHL.

» idée vide les moines toujours prêts à enfoncer les » ongles plutôt que la faulx dans la moisson d’autrui, » en interposant comme un moyen terme la fiction des » esprits (1). »

Il est difficile de faire une critique plus juste et une réfutation plus raisonnable de toutes les Actions par les> quelles on a expliqué de tout temps le commerce de rame et du corps, depuis Platon, Aristote et Galien, jusqu’à Descartes, Leibnitz et Van Helmont. Slahl est dans le vrai tant qu’il réfute ; en est-il de même quand il veut édiAer à son tour?

Stahl se moque trop bien et trop justement des philosophes qui inventent des êtres chimériques contre toute expérience, pour chercher lui-même le principe du mouvement et de la vie dans un être dont la réalité ne soit pas évidente et à peu près incontestée.

Le principe de la vie, c’est l’âme, non pas une âme spéciale, mais l’âme raisonnable, la seule qui constitue l’homme et soit manifestement unie au corps.

L’âme, ce n’est pas la vie du corps; elle ne peut pas même être dite vivante, mais seulement viviAque; et elle accomplit cette œuvre. de viviAcation, non par une simple union avec le corps, mais par une action véri table (2). C’est en ce sens que doit être compris le mot de l’écriture : Homo foetus est cenima vivern (3).

(1) Ars sanandi, p. 38. Theorla medlca vera. Phy*., sect. I, membr. i, § 10, p. 205 etiuiv.

(2) Theor. msd. ver. Phyi. brev. repei., $ 7, p. 424.

(8) Ditq. de m. et v, eorp., § 40, p. 87.

AKIMISME DE 8TAHL.

Cet acte viviflque, Tâme raccomplît avec Intelligence tout entier dans tous ses détails ; elle Taccomplit en agissant sur tous les organes, dirigeant toutes leurs fonclions, usant de tous les moyens propres à arriver à la fin qu’elle poursuit.

Les organes ne sont donc, comme leur nom l’in^ dique, que de simples instruments ; c’est l’âme qui fait respirer les poumons, battre lé cœur, circuler le sang, digérer l’estomac, secréter le foie ; c’est elle qui fait vivre le corps en le conservant; pour le conserver, c’est elle qui maintient la matière corruptible dans sa corruptibilité essentielle, et cependant la préserve de l’acte de corruption; pour préserver le corps de cette corruption actuelle, c’est elle qui meut le sang et les humeurs, sépare les humeurs corrompues de la crase du sang et les rejette au dehors; c’est elle enfin qui, pour réparer ses pertes, le nourrit et lui assimile des substances étrangères, fait succéder le repos au mouvement et le sommeil à la veille (1).

Est-il besoin de prouver par des faits supérieurs à tous les raisonnements que ce gouvernement universel est bien une attribution de l’âme raisonnable? Les faits abondent : la plupart des parties du corps n’existent manifestement qu’en vue de l’âme; ce sont des organes faits pour elle, pour son usage exclusif et non pour une autre fin; et l’action de l’âme sur ces organes est manifestée par la volonté (2). Le corps

(1) Parænesii, § 36, p. 60.

(2) DisquiMtio de mechan. et org- vefa dioenüatet $§ 69 et eoiv..

lui-même tout entier est l’organe ou l’officine de l’âme. (1),

Si le mouvement par lequel s’accomplit la vie ou la conservation du corps est une chose incorporelle, il lui faut une cause de même nature, également incorporelle. On ne peut séparer l’agent de l’acte : qui dit mouvement, dit qu’il existe un moteur ou une force motrice. Or, il n’est qu’une force de cette nature. C’est l’àme (2).

Voyez l’influence, l’action involontaire de l’âme sur le corps dans les effets des passions (3). Voyez-la surtout dans l’action d’une âme sur un corps étranger, dans celle par exemple de l’âme de la mère sur le fœtus (4).

Cette puissance que l’âme exerce manifestement sur certains organes par la volonté, elle l’exerce sur tous. Cette influence qu’elle a dans les effets des passions et de l’imagination, elle l’a continuellement et sur toutes les fonctions et sur tous les organes corporels.

Cette thèse absolue rencontre une objection toute naturelle, c’est que l’influence que l’âme exerce sur les organes des sens et de la locomotion, elle a con-

p. 29 el suiv. — Demonstr. de m, et v. corp., § 134, p. 123. — Theoria medica vera. Phys. sect. I, membr. i, § 4, p. 202.

(1) Disq. dem. el org., § 8i, p 35; § 98, p. 42.

(2) Disq. de tn. el org., § 86, p. 36.

(3) /bid., § 88 et suiv., p. 37 et suiv.

(4) Demonstr. de m. et v. corp., § 124, p. 118. — Th. m. v. Phys., secL lll, § 4, p. 350. Phys. brev. rep., § 19, p. 428.

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science de l’exercer, tandis qu’elle n’a pas conscience d’agir sur l’estomac, le foie ou le cœur.

Rien de plus facile pour Stalil que de répondre à celte objec.tion. D’abord, l’âme a-t-elle conscience de l’effet que produisent ses passions sur le corps? Et cependant celte action n’est-elle pas réelle et incontestable? Gètte action, l’âme ne l’exerce-t-elle pas aussi involontairement, et cependant la peut-on nier pour cela?

Non-seulement l’âme agit sur le corps, mais elle en connaît tous les organes, le mélange et tous les détails, sans qu’il soit nécessaire de supposer, malgré les faits, qu’elle a conscience de sa science et de son action (1).

Cette difficulté provient de ce qu’on ne veut pas faire une distinction, cependant essentielle, entre deux manières de connaître, X&yov et Joyi^ov, ralionem et 7'atiocinationem.

L’âme semble étrangère à ces fonctions, parce qu’elle n’a pas conscience de les gouverner; elle en devrait avoir conscience, dit-on, si elle y intervenait. C’est une erreur; mille autres mouvements sont dirigés par l’âme dans leurs moindres détails, sans qu’elle ait seulement conscience, non pas qu’elle les dirige, dans quel but et comment, mais simplement qu’elle les veut. Par exemple, quand elle mesure le mouvement nécessaire pour franchir un fossé, ou sauter en mesure, ou lancer une pierre à une certaine distance, a-t-elle seulement conscience qu’elle fait cet acte général? Elle sait donc

(1) Disq. de m. el org., § 90, p. 38. — Th. m. v. Phys., secl. 1, rnembr. lu, § 3, p. 215; § 13, p. 218.

M AMimSMS DE:6UHL,

bien moins distinctement encore comment elle le

fait (1).

Aiyoç, ratio, c’est la simple connaissance; Xoy<9fio;^ ratiocinatio, c’est une science raisonnée. Adyoc> c’est la simple connaissance des choses les plus subtiles et les plus élémentaires; Xgytafùti, c’est la comparaison de plusieurs choses et surtout des choses connues dans les circonstances les plus grossières, sensibles, visibles et tangibles (2).

Mais ce ne sont point là les seules attributions de l’âme et les seules fonctions qu’elle exerce dans son corps, car là ne se bornent point les attributions du principe de la vie» Uéduite à ces fonctions, la conservation du corps serait impossible.

Il ne suffit pas que la matière corruptible dont le corps se compose soit préservée de l’acte présent de la corruption par les trois mouvements circulatoire, secrétoire et excrétoire. Le péril présent une fois passé, il faut pourvoir à l’avenir. Le corps s’appauvrit par cette déperdition continuelle de matières excrétées ; le sang a besoin d’une restauration et d’une restitution matérielle.

C’est à quoi servent la nourriture et la boisson qui fournissent les matières réparatrices (3). La nutrition fait donc partie intégrante du mouvement conserva-

(1) DkquisHio de meeh. al org., § 90, p. 38.

(2) Th. m. V. Phys. sect. I, membr. i, § 21, p. 208 et suiv. ; •ect. VI, S 11, p. 417 et suiv.

(3) Th. m. V. Phys., sect. Il, msobr. Il, f| 1, 3, p. 3i8.

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teur. Elle se compose de Tappétit, du mélange de la salive avec les aliments, de la détention de la nourriture dans l'estomac, de la contraction de l’estomac et des intestins, de l’extraction et de la distribution de la substance alimentaire prochaine, enfin de l’apposition et de l’assimilation de cette substance aux parties à restaurer (1).

Si le mouvement en général est favorable k la conservation du mélange corporel! un mouvement volontaire et extérieur, une locomotion modérée, ni trop violente, ni trop prolongée, lui est aussi favorable; et il faut encore que le repos lui succède tempestivement (*2) . Aux mouvements intérieurs et vitaux doit enfin s’ajouter l’acte de sentir, et au repos, c’est-à-dire k la cessation de l’acte locomoteur, le sommeil, c'est-à-dire la suspension de l’acte de sentir (3). Car la sensation est nécessaire à la conservation du corps ainsi que la locomotion pour percevoir au dehors les choses nuisibles au corps et le soustraire à leur action, soit en l’éloignant d’elles, soit en les écartant de lui. Le repos et le sommeil ne sont pas moins nécessaires pour réparer par l’inaction l’énergie dépensée à sentir et à mouvoir (<i).

C’est encore l’àme qui accomplit tout cela dans les organes et restaure le corps qu’elle est déjà chargée de conserver ou plutôt de préserver.

(1) Ibidem, sect. III. § 2, p. 350.

(2) Th. m. V. Phys., sect. II, membr. m, §§ 1 à 11, p. 329, 330, 331.

(3) Ibid., membr. iv, p. 332 et suiv.

(i) Ibid., sect. V, p. 393 et suiv. ; sect. VI, p. Al3 et suiv.

ANIMISME DE STÂUL.

En général, « Tâme joue le plus grand rôle dans l’affaire même de la nutrition (1). »

« La faim et la soif, ce n’est pas le besoin, c’est la » volonté de manger et de boire, une volonté tellement » manifeste que, si elle n’est pas satisfaite, l’esprit est » incapable et inhabile aux autres choses. La preuve, » c’est que l’attention à un autre objet, le jeu, le spec- » tacle, la nausée font oublier l’appétit, et qu’au con- « traire, quand on ne fait rien, on a faim, on veut manger, pour ne pas ne rien faire (2). »

«Donc, l’appétit est un acte de ce principe qui, » comme il a besoin, non-seulement de son corps orga- » nique, mais que ce corps dure, doit être aussi néces- » sairement attentif à sa conservation et à sa restaura- » tion et doit, puisqu’il veut la fin, vouloir aussi les » moyens qui répondent à cette fin (3). »

La salivation est encore un acte de l’ftme; il est absurde de la vouloir expliquer par le seul mouvement de la mastication; tout le monde sait que l’eau vient à la bouche à la vue d’un mets agréable et que la salive ne se mêle pas aux mets insipides, même longtemps mâchés (4).

La déglutition est aussi un acte volontaire; la nausée qui provoque le vomissement en est une preuve suffisante (5).

(1) Ibid., secl. III, p. 349.

(2) Ibid., § 4, p. 350.

(3) Th. m. V. Phys., sect. III, §§ 8, 12, 14, p. 351, 353.

(4) Ibid., § 16, p. 354.

Digilizea Dy VjiOO^Ie

C’est l’ànie encore qui dissout les aliments dans l’cstoinac ; ce ne sont pas les matières ingérées qui stimulent cet organe à se contracter, non plus que les intestins, c’est l’Ame. La simple pensée d’une médecine suscite en effet ces contractions; et certains animaux ont la puissance de garder les aliments pendant des heures et des jours ou de les expédier à volonté (1).

«Il est manifeste que les mouvements de l’estomac et » des intestins sont si bien accommodés aux conditions » de la matière à mouvoir, que le commencement de ce » travail ne dépend pas tant d’une excitation corporelle » quelconque que d’une estimation de la maturité re- » quise pour les usages ultérieurs; il en est de même » de sa marche et de ses progrès, toujours gouvernés » de telle sorte que rien ne se fasse plus promptement n qu’il ne faut, et que toutes choses se passent dans » leur ordre naturel sans trouble et sans empèche- » ment (2). »

« On répète après Van Helmont que la résolution des » aliments dans l’estomac se fait par fermentation, et on » imagine des ferments particuliers qui provoquent des » mouvements spéciaux (3). On fait ainsi de l’estomac )) non-seulement le siège, mais la source d’un ferment.

» Mais on ne voit rien dans l’estomac qui puisse élabo- » rer celte matière spéciale. En vain l’on suppose que » l’estomac aspire de la rate une aura fermentalis; il

(1) Ibid., § 39, p. 363.

(2) Th. m. V. Phys., secl. 111, § 40, p. 363.

(3) Ibii., §§ 18, 19, p. 355, 356.

» n’est pas besoin de ce ferment, puisque la salive est » une substance fermentante et que la chaleur, la bile » et le suc pancréatique lui viennent en aide (1). »

Quant à l’assimilation, elle réclame tant d’intelligence qu’elle est manifestement aussi un acte de l’âme.

« Cette ordonnance parfaite, qui se conserve d’une » façon si exquise depuis les premiers commencements » jusqu’à la grandeur dernière d’un corps animal, est » un acte vraiment électif qui doit être si bien réglé » point par point que, dans tout âge, sous toute gran- » deur, il atteigne et conserve toujours sa figure et sa » proportion (2). »

« Le dernier acte de la nutrition, appelé vulgaire- » ment assimilation, est vraiment organique, c’cst-à- » dire, se fait sans aucun instrument intermédiaire, de » quelque nom qu’on l’appelle, mais immédiatement par » un mouvement spécial, avec nombre, ordre et compo- » sition. Car l’assimilation n’est autre chose que la sé- » paralion des corpuscules qui conviennent à la consis- » tance de chaque partie, des autres corpuscules de )> caractères différents nageant dans la liqueur de la » lymphe, l’envoi de ces particules vers les lieux où » elles doivent être apposées et rester désormais, et » leur mélange avec la susbtance du corps; et cela, non » pas autant qu’il se présente de matière, mais autant » que de jour en jour, d’année en année, à travers

(2) Ibid., § 55, p. 365.

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a toutos les périodes de la vie, il convient d’en apposer « en proportion perpétuelle (1). »

C’est l’âme encore qui secrète toutes les humeurs nourricières dans les organes particuliers selon les besoins du corps, par exemple le lait, « dont la secrétion » se fait, lorsque la mère doit être attentive à 1a nour- » riture de son enfant nouveau-né (2). »

L’excrétion du reliquat des matières ingérées se fait par des mouvements réguliers péristaltiques que Tâme gouverne avec période et mesure (3).

A plus forte raison la sensation et la locomotion sontelles des actes de l’àme?

« Reste à parler de cet acte qui ne parait pas avoir » trait directement à la conservation de la vie, mais qui » sert de toute façon cependant à éviter les plus gros- » sières destructions du corps,.. Qu’il nous suftise de » montrer que la sensation, non-seulement sert ou est » utile simplement à la conservation du corps, mais est » absolument nécessaire à ce but. De même que la vie » regarde directement le mélange du corps et son in- » cessante libération des matières subtiles corromn pantes ou corrompues, et cela par des mouvements » proportionnés à de telles matières, c’est-à-dire, secré- » toires et excrétoires; ainsi la sensation et le mouve- » ment local sont occupés d’abord et tout à fait direc- » tement à la con.servation de la structure du corps, à

(1) T/i, m. V. Pliys., sect. III, § 52, p. 367, 368.

(2) Ibid., sect. I, meoibr. vu, art. 7, | 3, p. 278.

(3) Ibid., art. 5, p. 270 et suiv.

ANIMISME DE STALH.

» sa libération des choses grossières, et cela, par des » actes proportionnellement aussi grossiers, c’est-à-dire » par l’éloignement local du corps lui-môme ou par celui » de ces choses. De sorte que la première fin de la sen- » sation est la conservation de la structure du corps' par » l’intermédiaire des mouvements locaux volontaires, » en soustrayant le corps aux choses nuisibles ou en » les écartant de lui (1). »

« La cause efticiente du mouvement local est l’âme » raisonnable et non toutes les causes mécaniques ou » esprits imaginés par les philosophes, ni ce principe » que Van Helmont distingue de la Mens. Toutes les » chimères vis et nisus, qui seraient données à la ma- » tière par la volonté divine, sont aussi semblables à » cet agent raisonnant de Van Helmont qu’un œuf à un » œuf. Pour moi, cet être qui, non-seulement raisonne, » mais, sans raisonner, par le ministèrtî de la sensa- » tion, c’est-à-dire en faisant agir et dirigeant son orga- » nisme, comprend le vrai et, de l’une et de l’autre fa- » çon, non-seulement veut, mais exécute en effet sa » volonté par des mouvements, ce principe, je dis que » c’est l’âme raisonnable, et je lui attribue le pouvoir » de produire et de diriger les mouvements locaux (2).

Le repos et le sommeil, qui font encore partie de l’acte réparateur, sont aussi des effets dont l’âme est le principe. « Le sommeil est un effet auquel l’âme elle- » même s’applique, auquel elle fait positivement une

(1) Th. m. V. Phys., sect. V, § 3, p. 395.

(2) Th. m. V. Phys., sect. VI, § 7. p. 416.

» place, qu’elle entreprend et accomplit absolument » avec une raison et une méthode fixe, comme elle » doit et peut (1). » Elle sait ce qu’elle fait en agissant ainsi et pourquoi elle le fait, sans en avoir une conscience nette et distincte. Le sommeil est, pour Stahl comme pour Cabanis, une véritable fonction, mais c’est une fonction de l’âme et non pas du cerveau.

L’âme est donc la conservatrice du corps en môme temps qu’elle en est en général la cause motrice; elle le conserve en le préservant de la corruption actuelle et en le restaurant ; en un mot, elle le fait vivre : « C’est ».un devoir qui lui incombe (2). »

L’âme fait tout cela, et ce n’est point assez encore.

Le principe de la vie, quel qu’il soit, n’a-t-il donc d’autres attributions et d’autres pouvoirs que d’entretenir la vie dans le corps une fois formé ; et faudra-t-il recourir pour former le corps, soit à un archée, soit à un esprit particulier, soit à une intervention immédiate ’ de Dieu lui-même?

Arrière toutes ces chimères et ces hypothèses vaines.

« A priori l’âme elle-même peut administrer ces choses;

» bien plus, comme elle doit être l’usufruitière des fins » et des usages de la structure du corps, selon la plus » saine conception, elle le peut, bien plus que tous les » autres agents, et môme elle le doit faire très-vrai- » semblablement, puisque le corps doit être construit

(1) Ibid., secl. II, menribr. iv, § 3, p. 332,

(2) Ibid., Phys. brev. rep., § 20, p. 428.

» et formé uniquement et simplement pour ses usages, » ses fins et ses nécessités (1). »

Ce n’est pas assez que l’âme puisse et doive construire elle*mêrae son propre corps, il faut prouver qu’elle le fait. Ce qui le prouve, c’est, « à posteriori, la déforma- » tion et la réformation du corps selon des idées, inten- » fions et volontés imaginaires;... c’est l’efficacité des » impressions de la mère sur l’âme de l’enfant, d’où » naissent des désirs immodérés, d’insurmontables » terreurs, craintes, anxiétés de l’imagination de la » mère qui, d’autres fois ou dans ces circonstances » mêmes, imprime au corps une conformation hétéro- » dite (2). »

L’âme est l’architecte de son propre corps.

« Elles sont donc vaines toutes ces dénominations de » semences, ferments, image du ferment, idée opéra- » trice, platonique et forme informante aristotélique,

» de nisus des modernes, d’appétit naturel des anciens, » de nécessité de la matière, de mouvement donné à la » matière par la volonté divine elle-même; ce ne sont » que des jeux (3). »

0 Toutes ces inventions sont détruites par ce fait, » qu’il faut une période déterminée pour la formation » parfaite et absolue du fœtus, et cela non-seulement » pour qu’en somme il arrive au jour, mais aussi en » particulier pour qu’il exécute sensiblement des mou-

(1) Th. m. V, Phys., sect. IV, § 8, p. 372.

(2) Ibid., §§ 9, 10, 14, p. 373, 375.

(3) Ibid., 5 28, p. 380.

ANIMISME DE &TAHL. 67

» vements animaux ou locaux... Une femme met au » jour un enfant grand et robuste; une autre fois elle » en fait de petits et de faibles, et cela dans le même » espace de temps ; et toujours à la moitié de la pé- » riode, elle sent les mouvements du fœtus. Ce qui ne » pourrait avoir lieu, si cette formation se faisait par » une apposition mécanique de la matière; car il est » contraire à toute raison qu’une petite masse non-seu- » lement exige autant de temps pour se former, mais » encore exige une période absolument égale et » également mesurée (1). »

« Disons encore un mot de la pensée de ceux qui » veulent que Dieu soit l’auteur immédiat de la mer- » veilleuse structure de notre machine animale, à cause » de son art extrême, plus pieusement que raisonnable- » ment, dirai-je, moins raisonnablement et par consé- » quent moins pieusement qu’il ne faudrait. Comment, » en effet, soumettront-ils Dieu à une passion si évi- » dente, qu’il mette sa puissance au service des ima- » ginations de la mère? Cette soumission paraîtra cer- » tainement à tous peu digne de Dieu, d’autant moins » que cette excuse, que Dieu agit ainsi peut-être pour » la punition des mères, n’a rien de vraisemblable, puis- » qu’il est connu plus que toute autre chose que les » mères fournissent l’occasion de ces taches sans ma- » lice, ni péché aucun, par exemple, dans une terreur » résultant d’une violente effusion de sang, d’une » flamme aperçue avec frayeur dans un incendie ; de là

(t ) Th m. V. Phys., sect. IV, § 31, p. 382.

» ces taches sanglantes ou ignées et en même temps » l’impression sur l’âme de l’enfant d’une crainte sem- » blable des mêmes événements (1). »

« En dernier lieu, je répète en un mot qu’il n’y a pas » plus de difficultés à attribuer à l’âme la puissance » même de former ou de déformer le corps pendant le » reste de la vie par la nutrition continuée, qu’à lui » donner celle que personne ne lui refuse, de régir et » diriger les mouvements du corps, ce qui ne peut que » paraître très-évident à tous les sages appréciateurs de » ces choses (2) . »

Il est naturel qu’une doctrine comme celle de Stahl ou de Yan Helmont, où l’âme se fabrique elle-même son propre corps, repousse toutes les hypothèses de préexistence et de préformation des germes, défendues par Malcbranche, Leibnitz, Leuwenhoeek, Malpighi, et plus tard par Bufifon et Ch. Bonnet.

« Il faut laisser de côté toutes ces vaines hypothèses, » selon lesquelles tous les corps humains, animaux ou » végétaux, qui naissent ou peuvent naître, sont enfer- » més dans un premier individu et le sont encore dans » -un second, ou toute autre supposition de même valeur, » suivant laquelle les corps individuels de toutes 1 ) espèces, les corps, dis-je, avec leur structure entière et » parfaite, mais d’une petitesse extrême, formés dès la » création, remplissent en nombre fabuleux le monde » entier, l’air, l’eau, etc., dont quelques-uns arrivent,

(1) Th. m. V. Phys., sect. IV, § 33, p. 383,

(2) Ibid., § 34, ibid.

n par expansion et par remplissage, à leur grosseur » présente, ou encore cette autre hypothèse, selon la- » quelle les corps existent, subsistent et agissent par » soi (1). »

Il n’est pas douteux que dans la pensée de Stahl chaque àme individuelle répare son propre corps; mais, pour'le construire de toutes pièces une première fois, deux âmes au moins, sinon trois, sont en concurrence, celle de la mère qui renferme le fœtus dans son sein et celle du fœtus lui-méme ; l’âme du père peut être mise hors de cause. Quelle part revient à chacune dans la formation du corps de l’enfant?

L’âme de la mère fournit la substance, la matière corporelle et aussi les idées ou le plan général du corps et la méthode de cette architecture humaine; mais c’est l’âme de l’enfant qui met la matière en œuvre et exécute le plan.

« C’est la femme qui fournit la matière du corps de » l’enfant, et la matière première et la matière nutri- » tive, quoi qu’en dise Leuwenhoeck avec ses animal- » cules spermatiques qui nagent dans la semence en » grand nombre et dont un seul devient le fœtus. Les » observations de Malpighi sur l’œuf infécond et cepen- » dant tout formé, sont bien plus concluantes (‘J). »

« C’est l’âme de l’enfant lui-méme qui reçoit d’abord » ces idées selon lesquelles elle opère une telle confi- » guration matérielle (3). » — « Le fœtus et toutes les

(1) Th m. V. Phys., sect. 111, §§ .">0, 52, p. 366,367.

(2) Ibid., sect. IV, §§ 36, 37, 38, p. 384, 385.

(3) Ibid.,ibid., §13, p. 375.

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» parties qui l’entourent, l’enveloppent et le contien- » nent immédiatement, jouissent d’une vivacité qui » leur est propre et non étrangère (1). »

Ici se présente naturellement une question qui a échappé à Stahl ou qu’il a passée sous silence dans l’impossibilité de la résoudre : si c’est l’àme du fœtus qui fabrique sciemment son propre corps, pourquoi le fait-elle mâle ou femelle? A moins que le sexe ne soit dans les âmes en même temps que dans les corps, un ouvrier si habile doit avoir une raison de ce qu’il fait.

On ne saurait exiger du physiologiste qui, distinguant l’âme du principe de la vie, n’accorde à celui-ci ni la volonté, ni l’intelligence, qu’il explique comment et pourquoi l’enfant qui vient au monde appartient à un sexe plutôt qu’à un autre; mais il semble toujours qu’on soit en droit d’attendre davantage de celui qui, donnant au principe de la vie la raison et la volonté, paraît pouvoir pénétrer plus avant dans les secrets de la nature et de la vie, puisqu’ils sont devenus ceux de l’âme raisonnable.

La question de la génération est engagée tout entière dans cette opinion de Stahl sur la formation du fœtus par l’âme qu’il renferme; mais elle n’est pas entièrement résolue par cette seule réponse que le germe n’est pas préexistant, qu’il est fabriqué par l’âme du fœtus lui-même. Il importe encore de savoir, si cela est possible, dans la doctrine de Stahl plus que dans toute

(t) n. m V. Phys., sect. IV, § 39, p. .385,

autre, d'où vient l’âme du fœtus. Et il semble aussi que Stahl doive et puisse nous en apprendre sur ce sujet plus long que qui que ce soit.

a Quel est le sexe qui communique le principe actif? » Différents arguments militent en faveur du mâle et » de la femelle (1)... l/antiquité pensait que le mâle » fournit l’âine et la femelle le corps, et l’histoire de la » création dans la Genèse autorise cette croyance, puis- » que l’homme eut une âme propre qui lui fut inspirée; » la femme participa à l’âme de l’homme prise à son n corps vivant ou animé. Les œufs inféconds de la poule » qui n’a pas connu le coq, et féconds quand elle l’a ») connu, semblent aussi le prouver (2). »

Chacun a donc sa part dans cette grande œuvre de la formation d’un nouvel être humain : la mère, le père, et l’enfant lui-même à son tour. L’âme de la mère fabrique le germe, l’âme du père l’anime, le doue d’un principe de vie, d’une nouvelle âme qui achève et parfait l’ébauche que la mère a commencée.

Mais d’énormes difficultés naissent ; comment l’àme peut-elle être communiquée avec le sperme (3) ?

« Il ne nous est pas donné de connaître toutes choses » dans le dernier détail, mais cela non plus n’est pas » indispensable. Il suffit souvent de savoir le fait, sans » en savoir le comment. Ainsi, c’est assez do savoir » que l’âme raisonnable est dans le corps, qu’elle le

(1) Th. m. V. Phys., sect. IV, § IG, p. 376.

(2) Ibid., § 19, p. 377.

(3) Ibid., § 12, p. 374

» construit et qu’elle en gouverne les fonctions ; il est » permis d’ignorer le reste (1). »

Quoique cette fin de non-recevoir soit légitime, Stahl ne s’y tient pas toujours ; ce qu’il est permis d’ignorer, parfois il prétend le savoir.

« L’énergie active est communiquée réellement et » substantiellement dans la génération. D’où résulte » cette conception la plus probable de toutes, que ce » principe est transmis parle sperme; quoiqu’il ne soit » pas nécessaire de supposer pour cela qu’il est dedans » le sperme comme matériellement et qu’il y existe » toujours, mais qu’il y est imprimé et comme suscité » par l’acte extérieur de la génération. Je pense qu’on » ne doit pas attendre une conception plus claire d’une » chose de tous points obscure (2). »

Certes, la question est obscure, mais’ la réponse de Stahl est aussi obscure que la question; elle est du moins prudente et plus sensée que d’autres, parce qu’elle est plusréservée, et pourrait même l’êJre encore davantage ; mais la faute n’en est pas tout à fait à Stahl, si, poussé à bout par autrui, il cherche à résoudre une question qu’il déclare lui-même insoluble et peut prêter ainsi à je ne sais quelles interprétations fort éloi gnées sans doute de son esprit.

Il va sans dire que, si l’âme est le principe de la vie, les animaux, non-seulement ne sont pas des machines à la façon de Descartes, mais qu’ils ont une âme douée

(1) Th. m. V. Phys., sect. IV, p. 274.

(2) Ibid., lect. I, membr. vu, arl. G, § 13, p. 277.

des mêmes puissances que Tâme humaine, du moins en tant que le principe de la vie est architecte de son corps.

« On dit que les brutes ne sont absolument que de » simples machines qui n^ont aucune fin de leur exis- » tence, si ce n’est que Dieu a voulu qu’elles fussent » et qu’elles fussent telles. Ils disent en outre que tout » acte qui s’accomplit dans leur corps, dans chaque » partie et dans toutes, est produit par une cause, non » pas efficiente, et en vue d’une fin, mais telle qu’elle » accomplit simplement ces actes les plus spéciaux » sans but ni intention, de sorte qu’elle est indifférente » à ce que ces actes aient ou n’aient point lieu. Mais la » volonté divine, n’est-ce pas la plus noble de toutes les » fins, de sorte qu’on ne peut pas dire que les animaux » sont de simples machines (1). »

Voilà certes une bien faible réfutation de l’automatisme cartésien ; mais l’important n’est pas que Stahl réfute bren-ou mal cette erreur : il suffit qu’il ne l’accepte pas. Or, les passages abondent pour prouver que Stahl accorde aux bêtes une âme architectonique. La leur refuser, serait de la part de Stahl la plus grossière inconséquence et une erreur bien plus grave que l’hypothèse cartésienne. Car, la vie n’étant pour Descartes qu’un effet supérieur des lois mécaniques, un animal sans âme n’en est pas moins un vivant ; pour Stahl au contraire, pour qui l’âme est le principe vital, refuser une âme aux hôtes, serait leur refuser la vie. L’animal

(1) Disq. de mech. et drg., §§ 64, 65, p. 26, 27.

cartésien est une machine semblableà celle de l’homme; la béte vit aussi bien que l’homme, l’homme ne vit pas plus qu’elle ; mais l’homme de Stahl vit, et la bête privée d’àme ne vivrait pas ; il y aurait entre le corps humain et celui de la brute une différence que l’expérience ne permet pas de supposer et qui ruinerait le principe de l’animisme et de la médecine stahlienne (1).

L’opuscule De frequentta morborum in homine pne bnUiê repose tout entier sur cette croyance que les animaux ont une âme, et il prouve aussi par des raisons qu’on verra plus tard que Stahl n’accorde pas à l’âmo des bôtes les mômes facultés qu’à celles de l’homme ; elle est incapable de raisonnement.

Mais, si l’âme est le principe do la vie, les végétaux ne sont-ils pas des êtres vivants? Ne doivent-ils pas avoir une âme à ce titre? C’est une conclusion à laquelle Stahl aurait dû être amené par la rigueur de sa doctrine; mais, soit qu’il ne vit pas assez manifestement l’acte vivifique de l’âme, le mouvement, dans ces animaux enracinés, soit que son bon sens reculât cette fois devant cette exlrêmc conséquence, les plantes ne sont pour lui que des êtres mélangés, non vivants, qui se propagent fortuitement, non par désir et volonté (2).

(1) D/sç. do mech. el org., § GG, p. 27 ; § 47, p. 20. — Dmonslr. de m. el t’. corp.,§ 122, p. 118. — Parœnesis, § 39, p. 61.

(2) Demotislr. de mixU cl vivi corp, § 10, p. 73.

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