ACTE PREMIER
ce moi qui deviens folle ou est-ce toi qui n'as plus conscience des mots que tu prononces... Voilà... que j'ai peur de te... comprendre... à présent... (un temps) C'est de Robert qu'il s'agit?
JACQUES
Oui, c'est de lui.
MADAME FOUTIER, révoltée.
Tais-toi! n'ajoute rien! c'est une infamie! Tout cela est tellement laid que je ne puis exprimer ce que j'éprouve. Je suis indignée!... Comment est-il possible qu'une pensée pareille ait pu germer en toi ! C'est honteux ! vous avez grandi ensemble, tout petits vous vous aimiez déjà et jamais vous ne vous êtes quittés! Tu l'oublies ! Tu oublies l'affection profonde qui vous lie, son dévouement et la reconnaissance inlassables qu'il n'a cessé de te témoigner en raison de la situation qu'il occupe aujourd'hui, grâce à toi. Tu oublies que Micheline est l'amie sincère de ta femme, qu'elles se connaissaient toutes deux avant que vous ne les épousiez, qu'il adore Micheline et qu'il préférerait mille morts plutôt que de lui causer la peine la plus légère; tu oublies enfin sa loyauté, sa droiture et le cas qu'il
fait de son honneur et du tien. Oui, je suis bouleverséel Ce petit Robert que j'ai élevé 1 Ah! mon pauvre enfant, comme tu dois être malheureux et comme je te plains!
JACQUES
Je suis à plaindre, en elfet... mais, croismoi, tes paroles sont injustes et cruelles...
MADAME FORTIER
Tu les accuses sans preuve!
JACQUES
Non, car depuis des mois et des mois je les surveille et j'ai compris enfin à leur attitude nouvelle qu'ils s'étaient rapprochés.
MADAME FORTIER
Quelle folie!
JACQUES
Avant Parrivée de Robert, d'ailleurs, tu le constatas toi-même...
MADAME FORTIER
Moi!
JACQUES
Mais oui, mais oui! Germaine était nerveuse, inquiète, et demeurait des journées entières onfermée, et cela te frappa à ce point