‹ Le voisin:Chapitre 3 sur 26 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

SAINT-ERNEST, seul.

Mon mariage me semble un songe . Cette pau vre Pauline Dorsan doit compter les instans comme moi, car je suis sur d'en être aimé ; aussi je jure bien, quoique habitant de Paris, d'être fidèle à ma femme.

Air : Rondeau des Maris sans Femmes.

La constance est ma loi suprême , Elle suffit à mes plaisirs , Je goûte auprès de ce que j'aime L'espe'rance et les souvenirs.

Sans doute Elmire est ravissante , Elise est faite pour charmer, Julie est vive , séduisante , Heureux qui saura l'enflammer.

Rien de plus tendre que Céline,

Je voudrais , soumis a ses lois ,

Si mon cœur n'était a Pauline ,

Les aimer toutes.a la fois.

La constance est ma loi suprême, etc.

Qu'il est doux de rendre les armes A la grâce , ainsi qu'à l'esprit !

Qu'on est fier d'essayer les larmes De la beauté qu'on attendrit !

A chaque belle offrir des fêtes , En tous lieux s'entendre cité, Et s'illustrer par ses conquêtes , Quel plaisir ! quelle volupté !

C'est charmant, mais malgré tous ces avantages.

La constance est ma loi suprême, Elle suffit a mes plaisirs ; Je goûte auprès de ce que j'aime , L'espérance et les souvenirs.

Page 1