SCÈNE XII
LES MÎMES, puis M""= LABRADOR.
(Pendant la dernière partie de la scène précédente, Martial a quitté le balcon et repoussé la fenêtre.)
MARTIAL, à part, revenant d'un air pensif.
Oli! cet enfant! cet enfant! s’il pouvait ne pas naître! (U ss laisse tomber sur un siège et paraît réfléchir profondément.)
M™' LABRADOR, paraissant à la porte de la chambre de Louise.
C’est un garçon ! Venez donc le voir... l’embrasser !
MARTIAL, l'arrêtant.
Un instant... tout n’est pas fini...
M"‘® LABRADOR
Comment ?
MARTIAL
11 nous reste encore quelques formalités à remplir. (H pousse le verrou de la porte d'entrée et celui de la porte de droite.)
M“® LABRADOR, étonnée.
Quelles formalités?
MARTIAL, indiquant le canapé près du guéridon.
Asseyez-vous là... et écrivez.
M"** LABRADOR, s'asseyant.
Que j’écrive! mais quoi donc?
MARTIAL
Vous le saurez.— Ecrivez. (Dictaiit.) «Moi soussignée, veuve « Labrador, demeurant à Paris, allée de la Santé, déclare que « M"' Louise de Basseterre est venue en ma maison, aiijour- « d’hui 8 octobre 1815, pour y réclamer mes soins, et qu’elle y « est accouchée, vers sept heures du soir, d’un enfant mort.
M®' LABRADOR, vivemcnt.
Comment , mort ! mais au contraire, il est vivant, bien vivant!...
MARTIAL, froidement.
Allez toujours. [Il continue.) « Je certifie en outre que j’ai « proposé à M. Martial de Préault, père déclaré, de] le déMir- <i rasser de l'enfant qui allait naître. »
M®* LABRADOR, indignée.
Moi!... moi!... quelle horreur!...
MARTIAL, avec force.
Ecrivez donc!... (Continuait.) «Et que, s’il eût vécu, c’eût « été uniquement parce que M. Martial de Préault a repoussé O mon offre avec indignation. En foi de quoi j’ai signé le pré- « sent écrit. »
M“' LABRADOR, S6 levant.
Je ne signerai pas cela ! ^