‹ Le vol a la duchesse drame en cinq actes et huit tableaux dont un prologueChapitre 54 sur 91 · LES MÊMES, GERMAIN · texte numérisé non relu

LES MÊMES, GERMAIN

GERMAIN

Que désire monsieur le baron ?

MAÜBERT, lui remettant l'enveloppe.

PourM. le procureur du roi, en son cabinet au Palais de iuslice. Allez. '*

[Germain s'incline et se dirige vers la porte du fond.)

SALLüCES, vivement.

Arrêtez ! '

MAÜBERT, rappelant le domestique.

Germain. [Bas à Salluces.) Vous êtes décidé?

SALLüCES, baissant la tête.

Oui.

MAÜBERT, bas.

A faire ce que je demande ?

' SALLÜCES.

Oui, si après m’avoir écoulé vous l’ordonnez encore.

so

MADBERT.

C’est bien. (A Germain.) Rendez-moi cette lettre, Germain, il devient inutile qu’elle arrive aujourd’hui.

(Il reprend l’enveloppe des mains du domestique et la remet dans son bureau qu’il referme. Germain sort. Moment de silence, MAUBEitT, se tournant vers Salluees.

Eh bien ! je vous écoute.

SALLUCES, après un moment.

Vous savez que mon père a quatre-vingt mille livres de rentes ?

SIAUBERT.

C’est au moins la vingtiènie lois que vous me le répétez !

SAtLUCES.

Vous savez que je n’ai qu’un frère et que, par conséquent, la moitié de la fortune paternelle doit me revenir un jour.

MAUBERT

Quand ?

SALLUCES.

Je l’ignore, mais, un peu plus tôt ou un peu plus tard, j’aurai pour ma part près d’un million.

MAUBERT

Fort écorné!...

SALLUCES.

De deux cent mille francs à peu près; resteront sept ou huit cent mille.

MAUBERT

Eh bien ! après?...

SALLUCES.

Eh bien ! j’offre de vous signer des acceptations pour la moitié de cette somme, sans indication d’échéance, ce qui vous donnera la certitude d’ètre payé le lendemain du jour où j’hériterai. En échange de ces acceptations, je ne vous demande que de me restituer les malheureux papiers que vous avez entre les mains, et de me rendre ma liberté d’action! Ne me forcez plus, le couteau sous la gorge, à m’associer à des actes que je trouve odieux... et, je vous le jure, vos secrets mourront dans mou sein... Jamais un mot do mol ne viendra vous compromettre... Si vous l’exigez, je m’expatrierai... J’irai, pendant un an, pendant dix, s’il le faut, voyager en Asie, en Amérique, où vous voudrez... mais, pour Dieu, ne m’obligez pas, pour cacher une faute dont je rougis, que je déplore, à en commettre do plus honteuses! Pour Dieul délivrez-moi d’un joug qui me pèse, et ne me forcez plus à n’avoir d’alternative qu’entre le déshonneur et cette horrible complicité!...

MAUBERT, froidement.

Vous avez fini?... c’est là tout ce que vous aviez à me proposer?

SALLUCES.

Oui. — £ü bieu 1 que répondez-vous à cette proposiUoa ?

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