‹ Le vol de la MarseillaiseChapitre 64 sur 77 · LA CLOCHE · texte numérisé non relu

LA CLOCHE

Dans l'airain bouillant qui déferle

Jetez l'argent, le cuivre et l'or, '

Et la monture de la perle,

Et le prix de la perle encor...

Pour qu'il sorte de la matrice

Une Cloche consolatrice

D'où tombent sur la cicatrice

Des bénédictions d'amour.

Et d'où tant d'espérance pleuve

Que l'enfant, aux bras de la veuve,

Sur la nuit de la robe neuve

Se sente adopté par le Jour !

Et que l'union se recrée Autour de ce gouffre exigeant, Pendant la fusion sacrée De l'or, du cuivre et de l'argent !

Quoi! déjà nous nous fatiguâmes De ne plus avoir plusieurs âmes;' Voici l'heure des amalgames!

Et nous, que l'orgueil divisait, En jetant l'offrande sonore, Nous sentirons, teintes d'aurore,

agi LE VOL DE LA MARSEILLAISE.

Nos mains se rencontrer encore Au-dessus du rouge creuset!

Le monde espère une genèse; Mais, France! si tu commençais Par faire, autour de la fournaise, La Société des Fi-ançais?

Aimons-nous donc! Est-ce la peine Que vainqueur, un jour, il revienne Pour retrouver chez lui la haine, Ce peuple providentiel?

Craignons que l'homme ne s'irrite • Qui, dans sa fangeuse guérite.

Rêve aux deux choses qu'il mérite :

L'Arc de Triomphe et l'Arc-en-ciel !

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