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L*AIR CONSIDÉRÉ COMME POINT D'APPUI

Sous son troisième aspect, nous considérerons l'air comme .un point d'appui, grâce auquel nous pouvons imprimer au navire aérien un déplacement dans le sens horizontal. De même que c'est grâce à l'air-support que nous pouvons vaincre la pesanteur, c'est grâce à l'air-point d'appui que nous pouvons vaincre l'obstacle que l'air lui-même présente au déplacement du navire aérien. De même aussi que pour utiliser l'air comme support, nous avons eu

i. Yoïr V Aéronautique f chap. IX, page 186; et chap. XI, pages 246 et suivantes.

recours à des oi^anes spéciaux, les sustentateurs, pour utiliser l'air comme point d'appui, nous aurons recours à des organes particuliers, auxquels on a donné le nom de propulseurs.

L'étude des propulseurs présente dé grandes analogies aTec celle des sustentateurs; pour les uns comme pour les autres, on ne cherche pas à diminuer la valeur de la résistance de l'air, mais au con- . traire à l'augmenter le plus possible. Par contre, il y a entre ces deux questions des différences notables, que nous verrons avec plus de détails dans les chapitres suivants. Nous pouvons toutefois remarquer dès maintenant que, lorsqu'il s'agit du support, on utilise l'air pour vaincre une force constante, le poids de l'appareil, tandis que le point d'appui doit faire équilibre à une force variable, la résistance du navire à l'avancement qui dépend de sa vitesse de translation. 11 y a aussi une autre différence, c'est que, la plupart du temps, on ne demande au support (|u'une chose, c'est de maintenir à une hauteur donnée l'aéronef; les sustentateurs se trouvent donc en présence d'un air immobile par rapport à eux, au moins dans le sens vertical ; c'est à cet air immobile qu'ils doivent imprimer des mouvements convenables dont la réaction fera naître la force sustentatrice. De temps à autre, on demande en outre au support de permettre ou de provoquer les mouvements verticaux de bas en haut ou de haut en bas; mais ainsi que nous le verrons, ces mouvements ont des vitesses très faibles et ne changent pas grand'chose à ce qui se passe dans le cas de stationnement à hauteur fixe ; on peut donc, d'une manière générale, dire qu'un sustentateur agit sur une masse d'air qui n'est animée par rapport à lui d'aucun mouvement verticar autre que celui que le sustentateur provoque lui-même par son action. 11 en

TRIPLE BÔLE DE LA RÉSISTANCE DE l'aïB 47

est tout autrement pour un propulseur. S'il produit un effet quelconque, le navire aérien «e déplace par rapport à l'atmosphère dans le sens horizontal, et dans une direction parallèle à l'action du propulseur; celui-ci- se trouve donc en face d'un air animé d'un mouvement relatif plus ou moins rapide par rapport à lui; sa situation est par suite toute différente de celle du sustentateur, ce qui force à étudier séparément les deux .genres d'appareils.

Il convient de remarquer aussi que^ l'étude du point d'appui, comme celle de l'obstacle, intéresse l'aéronautique tout entière, les aérostats comme les appareils d'aviation. Les solutions adoptées dans un cas sont applicables à l'autre avec des niodifications de détail, et c'est grâce à des hélices à axe horizontal que tous les dirigeables et tous les aéroplanes peuvent aujourd'hui se déplacer horizontalement dans l'océan aérien.

§ 4. — L'ÉQUtUBRE DU NAVIRE AÉRIEN

Si, aux trois effets que peut produire la résistance de l'air, nous ajoutons l'action de la pesanteur, nous arrivons à cette conception simple d'un navire aérien sollicité par quatre forces antagonistes deux à deux.

Dans le sens vertical, nous avons le poids de l'appareil et la force sustentatrice ; suivant qu'il s'agit d'un aéronef plus lourd ou plus léger que l'air, cette force sustentatrice est produite par la résistance de l'air considéré comme support, ou grâce à la légèreté spécifique d'un gaz enfermé dans un ballon.

Dans le sens horizontal, nous avons l'effort de traction donné par l'air-point d'appui, qui combat la résistance à l'avancement provoquée par l'air-obslaele ; au point de vue des forces horizontales, les

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aéronefs de toutes natures sont dans des conditions identiques.

Lorsque le poids de l'appareil, est inférieur à la force sustentatrice, le navire aérien monte ; si ces deux forces sont égales, il reste à une hauteur constante ; si le poids remporte sur la force antagoniste, Taéronef descend. Dans le plan horizontal, si l'effort du propulseur est plus grand que la résistance à l'avancement, la vitesse de l'aéronef est croissante ; si les deux, efforts sont égaux, il marche à vitesse uniforme ; si l'obstacle l'emporte sur le point d'appui, sa vitesse diminue.

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