‹ Le vol mécanique les aéroplanesChapitre 56 sur 113 · LES APPAREILS D'AVL\TI0N · texte numérisé non relu

LES APPAREILS D'AVL\TI0N

II en est de même en aviation. Il existe des appareils incomplets, qui peuvent être dépourvus de la direction, ou qui ne réalisent la sustentation que d'une manière insuffisante, et dont néanmoins r^tude ne doit pas être complètement négligée.

De même qu'en aérostation, ce qui différencie les dirigeables des aérostats libres ou captifs, c'est la présence du moteur à bord; de même en aviation, les appareils incomplets sont dépourvus de puissance motrice. Quand il s'agit d'appareils à sustentation statique, celle-ci n'est pas compromise par l'absence du moteur, ils sont seulement privés de la faculté de direction*; en aviation, il en est tout autrement. La puissance motrice est nécessaire à la sustentation, et si elle n'est pas fournie par un moteur embarqué à bord de l'appareil, il faut qu'il y ait une source d'énergie qui puisse y remédier, au moins momentanément, sans cela l'appareil tomberait à terre comme une masse.

Cette source d'énergie peut être fournie aux appareils d'aviation sans moteur, soit par la pesanteur, soit par le vent. Dans le premier cas, on a des parachutes , et dans le deuxième cas des cerfs-volants.

Les parachutes sont donc des appareils dans lesquels l'énergie nécessaire à la sustentation est fournie par la pesanteur; ils ne peuvent pas rester immobiles à une même hauteur, mais au lieu de tomber comme des masses inertes, ils peuvent, grâce à des dispositions convenables, descendre à une vitesse modérée et prolonger ainsi dans des proportions considérables la durée de leur séjour dans l'atmosphère.

On peut même, dans certaines conditions, utiliser la pesanteur, non seulement pour réduire la vitesse verticale, mais en même temps pour donner à l'appareil une vitesse propre horizontale, qui peut

iiiflr"

atteindre des valeurs considérables. Dans ce cas, ce son l des parachutes d'une espèce particulière qu'on peut, à la suite du colonel Renard, désigner sous le nom de parachutes dirigeables^ et qui sont, ainsi que nous le verrons plus loin, de véritables aéroplanes sans moteur.

Dans les cerfs-volants, on utilise le vent comme source d'énergie sustentatrice, et pour que Tappareil ne soit pas entraîné horizontalement par le courant d'air, on l'attache à un point fixe au moyen d'une corde. Les cerfs-volants sont donc, en réalité, de véritables aéroplanes captifs ; ce sont, de beauruup, les plus anciens des appareils d'aviation, et, à ce titre, ils méritent l'intérêt du lecteur. D'ailleurs, ainsi que les parachutes, ils ont constitué pendant de longues années, de longs siècles même, le seul moyen que l'homme pouvait avoir de réaliser et d'étudier les appareils d'aviation.

Avant de parler des aéroplanes, il est donc tout indiqué de dire quelques mots des parachutes et des cerfs-volants. Ces appareils présentent par* euxmêmes un intérêt réel, et leur étude sera une excellente préparation à celle des aéronefs plus lourds que l'air.

Page 1