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ballon libre qui, en jetant du lest, peut diminuer notablement sa force descendante et même la chapger en force ascensionnelle, de manière à éviter un obstacle dangereux. En jetant quelques kilogrammes de lest, le voyageur en parachute ne fait que diminuer dans une faible proportion sa charge par mètre carré, ce qui modère un peu sa vitesse de descente; ce n'est pas là un mode de manœuvre assez souple et assez puissant pour permettre de fair^ des atterrissages en toute sécurité.
Il n'est donc pas probable que l'emploi des parachutes ordinaires se généralise beaucoup. Cet appareil est néanmoins intéressant et peut, dans Certains cas, rendre des services, surtout pour l'étude des lois de la résistance de l'air, ainsi que nous l'avons signalé plus haut. Dans ce cas, d'ailleurs, il ne serait pas nécessaire d'embarquer des voyageurs à bord ; il suffirait de lester convenablement l'appareil et de le munir d'un baromètre enregistreur, ou encore de mesurer sa vitesse de chute au moyen de visées faites depuis le sol, ou de photographies.
Tout le monde connaît le parachute classique présenté dans la figure 56 ; on sait que l'expérience a démontré *qu-il est préférable de pratiquer à son sommet un orifice circulaire, ce qui supprime ou atténue les mouvements oscillatoires forts gênants pour l'aéronaute.
L'invention du parachute remonte à la fin du xvni* siècle; elle est attribuée soit à Lenormand, soit à Joseph de Montgolfier. Cet appareil aurait même été employé à une époque plus reculée, mais la chose n'a pas été démontrée d'une manière certaine.
La vue d'une descente en parachute est un spec-
tacle fort impressionnant; aussi, est-ce à la suite des
ascensions organisées pour des fêtes publiques cpje
ces descentes ont eu généralement lieu. Parmi les
k aéronautes qui les ont pratiquées au cours du
l xix*" siècle, on doit citer M"*® Poitevin, et on raconte
f. que, vers ,1860, ayant exécuté une descente de ce
Fie. 56.
genre aux environs de Londres, elle se vit exposée à tomber dans la Tamise. Pour éviter ce danger, elle eut l'heureuse inspiration de raccourcir, en les attirant vers elle, une partie des cordages qui reliaient à la surface du parachute une petite nacelle où elle avait pris place; l'appareil, au lieu d'avoir sa forme symétrique normale, présenta l'aspect indiqué dans la figure 57; le cercle qui limite à la partie inférieure la surface porteuse, au lieu d'être horizontal devint incliné, et la réaction de l'air cessa d'être normale pour devenir oblique. Cette réaction ne fut plus directement opposée à la pesanteur, et le parachute descendant suivant une ligne inclinée, pot s'écarter du lit de la Tamise et vint atterrir en terre
LBS PARACHUTES
ferme. Enchantée de la réussite de cette manœuvre, M""' Poitevin la renouvela, dit-on, fréquemment aux applaudissements de la foule ; elle avait ainsi donné à son parachute une sorte de dirigeabilité.
FiG. 57.
Nous allons voir qu'il est possible d'obtenir ce résultat d'une façon méthodique, et de constituer ce que, à la suite du colonel Charles Renard, nou& appellerons: les parachutes dirigeables.