VOL RAMÉ ET VOL PLANÉ
La charge des ailes limitée à 10 kilogrammes par mètre carré, voilà déjà un renseignement très précieux que nous pouvons recueillir de l'observation des volateurs naturels ; mais il en est un autre, plus
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intéressant peut-être encore, que non» pouvons obtenir lorsque nous étudions leurs mouvements.
Depuis longtemps les observateurs ont dlstittgoé plusieurs espèces de Volsy auxquels ils ont dornié différents noms, et notamment ceux de vol ramé^ d« vol plaine et de vol à voih.
J'avoue ne jamais avoir bien compris ce qu'on entendait par cette dernière expression ; je tâcherai néanmoins d'en dire quelques mots dans un autre chapitre. Pour le moment nous ne nous occuperons que du vol ramé et du^vol plané.
Le vol ramé est celui dans lequel les coups d'ailes se succèdent à intervalles pémodiques et assez rapides, et atteignent un« grande amplitude; Le vdl plané est, au contraire, celui dans lequel les ailes semblent immobiles par rapport au reste du corps.
Or, on a constaté que les petits animaux volatenrs pratiquent exclusivement le vol ramé, tandis que les grands emploient, exclusiv^iîaent aussi, le voi plané. Les oiseaux de dimensions intermédiaires procèdient d'une manière mixte,- c'est-à-dire que leur vol tient à la fois des deux catégories, ou qu'ils emploient alternativement tantôt le vol ramé, tantôt le vol plané.
Si' nous rapprochons ce fait de celui que nous avons déjà signalé, que les grands animaux ont une charge plus forte par mètre carré d'aile, nous arriverons à conclure que le toi plané est le procédé normal des animaux à ailes très chargées, tandis que le vol ramé est celui des animaux dont les ailes portent peu de chose par unité de surface.
On doit en conclure qu'au point de vue mécanique le vol plané doit être plus avantageux que le vol ramé, car les animaux qui sont placés datis les conditions les plus mauvaises, au point de vue de la sustentation, emploient exclusivement le premier; ceux au contraire pour lesquels la sustentation est
facile peuvent recourir à un procédé moins parfait au poitttde vue mécanique, mais que, pour d'autres raisons, ils trouvent plus commode.
Or, le vol plané c'est l'emploi de l'attaque oblique, le vol ramé c'est l'attaque orthogonale. L'observation v^dvU vol naturel nous amène donc aux mêmes conclusions que les expériences de laboratoire sur la supériorité de l'attaque oblique.
On a remarqué aussi, depuis longtemps, que pendant leur plein vol les gros oiseaux tiennent les ailes constamment étendues, et qu'ils ont ainsi de grandes dimensions transversales, en d'autres termes une grande envergure. C'est d'ailleurs un lieu commun, depuis. des siècles, que d'apprécier les qualijtés volatrices d'unois^u d'après son euver^mre; c'estun nouvel accord entre les expériences de laJboratoires et l'observation de la nature..
Nous avons déjà fait remarquer la similitudie reajtre la projection horizontale d'une cigogne aux ailes étendues et celle d'un aéroplane moîioplau (flg. M et 25, p. 123). La figure lil,qui représente, d'après
FiG. ICI.
Mou illard, ia projection d'un vautour, donne une impression analogue.
Au chapitre VI, nous avons signalé les avantages généralement admis qui résultent de l'emploi de
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surfaces sustentalriceç caurbes ; il en est ainsi dans la nature, et la figure 112 qui, toujours d'après
PlG. 112.
Mouillard, représente un vautour oricou en plein vol, nous en montre un exemple frappant.
Il y a encore bien des enseignements à tirer de Tobservation de la nature ; les formes des corps des oiseaux, par exemple, sont d'excellents types de carènes peu résistantes et suffisamment stables ; les profils des ailes, renflées à Tavant, amincies vers l'arrière, peuvent être imités avec avantage. On a pu croire longtemps que ces particularités étaient simplement commandées par des nécessités de construction; des expériences récentes permettent de penser qu'elles sont, en outre, avantageuses au point de vue de l'aérodynamique.