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AVANTAGES ET INCONVÉNIENTS DES DEUX TYPES DE VOL

Si le vol plané donne une sustentation plus économique, elle n'est pas indépendante, aussi nous voyons que les grands volateurs sont, sous ce rapport, logés à la même enseigne que les aéroplanes; ils né peuvent s'élever qu'à la condition de disposer d'un espace libre considérable, et nous avons déjà

signalé au chapitre VI comment il était possible de les retenir en captivité dans de simples enceintes à ciel ouvert.

L'indépendance de la sustentation n'est possible qu'avec le vol ramé; les petits volateurs, qui emploient exclusivement ce procédé, peuvent s'élever verticalement à leur guise; quant aux animaux de dimension intermédiaire, on en voit souvent qui pratiquent le vol ramé au moment de prendre leur essor, qui y ont recours de nouveau avant de se poser à terre, mais qui, en marche normale, préfèrent le vol plané qui les fatigue moins.

Il faut ajouter aussi que si les petits volateiirs sont mieux doués que les gros au point de vue de la sustentation, ils sont dans des conditions infé- . rieures au point de vue de la direction. Le vol plané exige, en effet, une grande vitesse horizontale qui permet de remonter la plupart des vents. Pour le vol ramé, cette vitesse n'est pas nécessaire ; dans ce vol, la sustentation n'implique pas la direction. De plus, si les petits animaux ont l'avantage d'avoir des surfaces porteuses proportionnellement plus considérables par rapport à leur poids, ils ont par contre l'inconvénient d'avoir également des surfaces résistantes plus développées ; leurs carènes ont une maîtresse section plus grande par rapport à leur volume et par conséquent à leur poids; aussi, est-il plus difficile de leur imprimer une vitesse horizontale notable.

Lorsqu'on passe à l'extrême limite, on trouve des insectes pour lesquels la sustentation ne semble qu'un jeu, mais qui sont incapables de se donner une vitesse horizontale de quelque valeur et qui sont le jouet du moindre zéphyr; il leur faut un calme absolu pour ne pas être entraînés suivant les caprices du vent.

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§ 5. -* PROPULSION DES OISfEAUX.

S'il est facile de se rendre compte de la flaaolère dont le problème de la sustentatâon est résolu 'ims la nature, il est beancoup moins commode de voir comment se fait la p]?Qpulsion.

Dans le vol ramé, on peut concevoir que les cdvf)s d'ailes, en même temps qu'ils sont donnés de haut en bas pour assuré la sustentation, peuvent étee dirigés d'avant en arrière, de manière à produire da propulsion ; ils auraient, dans ce cas, une direction oblique d'où résulterait un effort incliné, dont la composante verticale procurerait la sustentation et h composante horizontale la propulsion.

Mais dans le vol plané il n'en est pas ainsi, la sustentation ne peut être obtenue que grâce à une vitesse horizontale considérable, pendant laquelle les ailes demeurent sensiblement immobiles per rapport au corps, à la façon des surfaces porteuses d'un aéroplane. L'aéroplane est pourvu d'une hélice qui assure la marche en avant ; l'oiseau n'a pas autre chose que l'aile. Comment peut-elle être à te fois susteotatrice et propulsive?

On trouve dans la nature des solutions vaj'iées d'un même problème et toutes d'une ingéniosité admirable dans \eaxr simplicité. Pour les grands volateui*s, ceux qui pratiquent exclusivement le vol plané, ils donnent des coups d'ailes, mais d'une faible amplitude; pendant ces mouveme!nts, la partie de l'aile la plus rapprochée du corps de l'oiseau et s'étendant jusque vers l'extrémité extérieure reste toujours inclinée également, de manière à assurer la sustentation. Si l'on regarde l'oiseau de face, les ailes exécutent pendant ce coup d'aile un faible mouvement qui les fait passer, par exemple,

IM VOL DES OtSjBAUX

de la position AB, Ad (fig. 113) à k position AB', AC; ce léger mouvement ne modifie pas gr^ndchose au point de vue de la sustentation.

FiG. 113.

Quaot à Textrémité diôs ailes, nous admettrons, à la suite d'Alphonse Pjénaud, que, pendant leur mouTement d'abaissement, leur bord postérieur se relève.; si Ton fait une section de Taile parallèlement à Paxe du corps de Poiseau, on obtiendra, pendant cette phase, la direction AB pour la partie la plus ^rapprochée du corps et la direction CD pour la partie la plus éloignée (fîg. 114). Jl est

Fie. 114.

évident que ce passage d'un profil à l'autre ne «e fait pas brusquement, mais progressivement; toutefois, il est probable que dans les trois-quarts environ de l'envergure, on a une inclinaison dans le sens de AB et que ce n'est que dans le quart extrême que l'aile se relève à sa partie postérieure. Cette partie relevée se déplace de haut en bas, comme l'indique la flèche EF; dans ces conditions

elle agit à la manière d'un élément d'hélice, qui tend à pousser l'appareil dans la direction de la flèche HI.

Pendant le mouvement de remontée l'inclinaison de la partie centrale de l'aile ne change pas et reste comme elle est indiquée en A'B', mais la partie extrême, au lieu de se relever vers l'arrière, s'abaisse cette fois suivant la directîon CD'. Le mouvement de l'aile ayant lieu à ce moment de bas en haut, comme l'indique la flèche E'F', elle agit encore à la manière d'une hélice, dont le mouvement est en sens inverse de celui de la première phase, mais dont la pale est inclinée aussi en sens inverse; il en résulte, dans un cas comme dans l'autre, un mouvement de propulsion vers l'avant, dans le sens indiqué par la flèche HT.

Ainsi, la plus grande partie des ailes reste constamment sustentatrice à la manière des surfaces d'aéroplane; les extrémités seules sont propulsives et fonctionnent comme une hélice à mouvements alternatifs.

Des oiseaux plus petits, les hirondelles par exemple, semblent procéder autrement. On les voit donner une série de coups d'ailes rapides; ces coups d'ailes sont propulseurs et peuvent en même temps être sustentateurs ; ou, s'ils sont exclusivement propulseurs, l'oiseau dépense, pendant cette phase, une puissance motrice surabondante, qui lui permet de s'élever, comme nous l'avons vu à propos du régime de marche des aéroplanes au chapitre XII. Ayant ainsi gagné de la hauteur, l'hirondelle cesse de battre des ailes et descend en pente douce à la manière d'un parachute dirigeable. Il est à peine besoin de dire que les oiseaux ssivent instinctivement choisir l'angle d'attaque a, ou oj qui correspond au minimum d'abaissement dans un temps ou pour un parcours donnés. Lorsqu'ils se

trouvent ainsi descendus, ils donnent de nouveaux coups d'ailes et continuent indéfiniment cet exercice sans grande fatigue.

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