‹ Le voleurChapitre 19 sur 65 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

MARIE-LOUISE, RICHARD

Marie-Louise a revêtu une robe du matin, très simple. Richard est en veston. Tous deux paraissent nerveux et fatigués.

M.\iiiE-LOUiSE prononce après un long, vn très long silence. — Tu es décidé à ne plus répondre? {Mouvement d'impatierice ce lilchard. Un silence.) An moins, fais-moi co]inaître ton verdict! A quoi suis-je condamnée? (Un nouveau silence.) Enfin, que crainstu ? Cette abominable nuit m'a brisée moralement et pll^■sicp!cmo1lt !... Je ne m'enfuirai pas! Je ne lutterai plus. [Encore vn silence.) Ta as tort Richard!... Pourquoi m'infliger, par surcroît, cette angoisse?... Qu'as-tu résolu ?

RICHARD. — Je viens de faire préve?iir Raymond que je l'attendais ici. Tu sais quelle sera notre conversa tio«n. E:isuite on r(\q;lera l'autre compte. Je verrai si M. Fernand joue aussi serrô que toi.

MARTE- LOUIS.:. — Mcs oomplimcnts !. . .

A.insi, tout espoir est perdu! Dans cinq minutes tu auras cassé...

BiCHARD. — Dans cinq minutes, j'aurai

accompli mou devoir. Du reste, je t'en prie...

MARiE-LOLîiSE. — Sois tranquille! Je no discute pas! Mais laissons là le devoir. A deux hearas du matin, tu avais entendu m^ confession, tu n'ignorais pas ma faute, mon crime, et ta conscience t-e permettait, OB' pendant, de me pardonner, de me sauver... Oui, de me sau\er! Et brusquement, parce que le plus inept-e, le plus ignoble des soupçons tra-verse ton espri;;...

RICHARD. — Soit! Mettons que, seule, iajalousie me pousse! Et c'est vrai! Raison de plus pour ne pas raisonner!... Les mots, c'est très joli, mais aussitôt que j'avais le dos tourné, Fernand se fauflait, Fernand grimpait à tes appartements! Voilà un, fait! (Mouvement de Marie-Louise.) Non, IMarie- Loui'^e, no-n ! J'ai cédé à ta menace! J'ai subi le délai que tu m'imposais, mais à présent iï faut que je sache! Pendant ces heures d'effroyable contrainte, chacun de mes souvenirs, chacune de mes réflexions, chacune de tes réponses m'a rejeté devant la même sale image ! Et, je te le dis, il faut que je sache !

MARTF-LOUiSE, qui s'esf levée, qui se trouve près de la porte du hall, et qui prête Voreille^ à demi-voix. — Chut!... Richard, on vient I Richard, je t'aime, je n'aime que toi ! Je te jure que je n'ai jamais aimé que toi!... Il est temps encore! Une dornière fois, je te supplie...

RiOHARDj ricanant. — J'admire ta vitalitéo Tu m'amuses, tiens!

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