‹ Le voleurChapitre 3 sur 65 · LES CIGARES LES PLUS SAVOURBUX · texte numérisé non relu

LES CIGARES LES PLUS SAVOURBUX

MARIE-LOUISE. — Vous avez tort, Raymond !... Non, vous avez raison ! Je craindrais trop de dégoûter mon homme et qu'il ne me trompe avec des femmes tout en dentelles !

RICHARD. — Moi! ma poulette?

MARIE-LOUISE, — Oh! je t'ai appris par cœur ! Vieille blonde ! Espèce de fille 1

Elle l'embrasse.

ISABELLE. — Idiots ! Ils sout oomplètcments idiots! (AUunf à M. ZomhauJf.) Vn cigare, monsieur Zambault?

ZAMBAULT. — Mais, madame, je viens d'en fumer un !

ISABELLE. — Vous CD fumcrcz deux !

RAYMOND. — ' Ils sout légers.

ZAMBAULT. — Ils sont extraordinaires!...

Monsieur Lagardes, vous possédez le<? cigares les plus savoureux, la fine dh^ampagne la plus délectable, le parc le plus beau, le château

MARIE-LOUISE, même jeu. — D'abord •■ ne s'a-ppelle pas Zambault!

RICHARD, même jeu. — Le fait est qu'il ne faut pas être fier!

MARIE-LOUISE, même jeu. — D'où Raymond a-t-il sorti cet homme-là r

RICHARD, même jeu. — Et, surtout, quand va-t-il l'y rentrer?

MARIE-LOUISE, même jeu jours qu'on nous l'inflige.

RICHARD, même jeu. — nuit.

MARIE-LOUISE. — Comment le 6«is-tu?

RICHARD, même jeu. — Ne fais pas de gestes... Je ne le sais pas.

MARIE-LOUISE, même jeu. — quoi le dis-tu?

RICHARD, viême jeu. — Je que je t'aime.

MARIE-LOUISE, m^me jeu.

m'aimes-tu?

— Cela fait huit Il s'en Ta cette

Alors, pour-

le dis parce

— Gomment

lO

RICHARD, 7ïi<^me jeu. — Fort! fort! iort !

MARIE-LOUISE, même jeu. — Avec toji cœur ou avec tes sens?

RicuAiu), me me jeu. — Avec mon cœur et avec mes sens.

MARIE-LOUISE, même jeu. — Nous sommes bêtes.

RICHARD, même jeu. — Nous sommes les dernières des brutes. Mêlons-nous à la conversation. ,, ,,

11 se levé.

ZAMBAULT. — Cette année vous prolongez fort votre villégiature.

RAYMOND. — En auto, nous mettons une demi-lieiire pour aller à Paris, et avec un mois de septembre pareil!...

ISABELLE. — Il est ucuf hcures et demie, toutes les, fenêtres sont ouvertes... il fait tiède!

RICHARD, senfencievx. — Cet après-midi, moi qui vous parle, j'ai souffert de la chaleur !

ISABELLE. — Oh î vous avcz bien lancé cela !

ZAMBAULT. — Alusi, VOUS u'aurcz pas bougé depuis le mois de mai?

RAYMOND. — Eh non !

ISABELLE. — Deux OU trois fois il fut vaguement question de Biarritz, de Trouville...

RAYMOND. — Voire d'une croisière dans les fjords.

RICHARD. — Histoire de se créer des soucis, quoi !

MARIE-LOUISE. — Au foud, uous uous trouvions tous si bien, si bien...

ISABELLE. — Nos amis nous ont tenu fidèlement compagnie...

RAYMOND. — Et nous avous passé, grâce à ,s, un délicieux été de plus!

MARIE-LOUISE. — Nous passous, Kichard et moi, des étés inoubliables que nous vous devons à tous les deux !

ISABELLE. — Pas du tout, uia petite Marise chérie, chaque année, c'est ta gaieté, ta gentillesse...

MARIE-LOUISE. — Oh! jauKus de la vie.

Beauty, tu es l'hôt^îsse la plus indulgente, la plus prévenante, la plus adorable...

RICHARD. — ■ Monsieur Zambault, ils ne savent ce qu'ils disent! Il a suffi d'une seule personne pour embellir l'existence de tous ces gens, et cette personne, c'est moi... Monsieur Zambault, je vous propose de terminer notre matoh de billard.

RAYMOND. — Ah ! ouï ! uotre match à trois! M. Zambault semblait prendre le meilleur.

ZAMBAULT. — Oh ! bien petite avance !

RAYMOND, appelant. — • Fernand! mon petit Fernand !

FERNAND, paraissant à une des portes de la serre, un livre à la mnin. — Papa?...

RAYMOND. — Tu vicus arbitrer la grande p , tie ?

FERNAND. — Avec piaisir, papa !

RICHARD. — En d'autres termes, tu vas

marquer les points et applaudir les innombrables raccrocs de monsieur ton père.

MARIE-LOUISE. — On ne vous force pas, \GUs savez, Fernaaid!

RICHARD. — Passez, monsieur Zambault.

RAYMOND. — Si tu préfères ton livre?...

FERNAND. — Comiue tu voudras, papa.

J'allais achever ce conte, mais...

RAYMOND. — Achève-le, mon grand garçon! Et achève le suivant!... Maupassant! toujours Maupassant! Ne te fatigue pas les yeux, surtout!

FERNAND. — Nou ! Non !

11 retourne dans la serre.

RAYMOND. — Mesdames?

ISABELLE, que Marie-Louise retient. — On vous rejoint.

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