SCÈNE PREMIÈRE
JOUJOU, puis THERESE sa femme do ciaambre, puis LE CERTIEII
•^u levtn- (lu rideau, Joujou, en costume de voya^M . })renJ sou petit déjeuner, elk boit son thé. beurre son toast, écrase la cuquillw vidf (le son œui", etc. Elle n'inberfompt ^u petite cuisine que poui' fourgoimer dans son jiéuessaire de voyai^e qui est posé sur une chaise à pcoximité. Entre Thérèse.
.loujor, la bouche pleine. — Eh biipu, riiérèso. avr/-vous retrouvé le- flacon ?■
TiiKRBSK. — Xon, madame, j'ai beau chc relier, j'ai dû le laisser à la maison' à Paris...
.loujou. — A moins q«e vous ne l'ayeK pei^ln eu route. Vous ne vous corrigerez donc jamais de vob'e étouixlorie?
oiÉRÈSE. — M'ais, madhnre, je l'«i là,
devant les yeux, ce flacon, seulement je ne i)eux plus me rappeler...
JOUJOU. — Sa place n'est pas devant vos yeux, mais dans le nécessaire; à l'avenir, avant de fermer mon sac, faites-moi le plaisir do regarder s'il y manque quelque chose, que ce soit entendu une foiiS pour toutes.
THÉRÈSE. — Bien, madame.
joiTjou. — M"»® RoviM-e est éveillée?
THTiuÈMi:. — Oh! oui, nmdame, depuis une demi-heure.
JOUJOU. — Savez-vous si elle a bien dormi ?
THRuÈsH. — J'ai vu la femme de cJiambre : nmdjune n'a pas pa.s.<5é une tiès bonne nuit.
JOUJOU. — Je monterai la voir dans un inst^vnt. (Un petit silence.) Ah! nous quitterons la maison à midi moins un qiuirt ; vous m'apporterez mon manteau et mon (•liaïpeaii ici » onze heures et demie... Le» bagages ?
THÉRÈSE. — Ils sont déjà à la gare, ma-
JOUJOU. — Bon... Et demain, Iherese, a quelle heure partirez-vous de Paris pour
I^ancy? -, . -i
THÉRÈSE. — Madame, 3 ai regarde; il y a
LE GERTIER. — Voulez-vous me permettre...
un train à sept heures dix du matin, mais...
jorjou. — C'est celui que vous prendrez.
THÉRÈSE. — Mais comment madame ferat-elle à Paris, sans femme de chambre?
JOUJOU. — Oh! je m'habillerai bien toute seule, et puis je ne resterai à Paris que la joutnée; après-demain, je partirai pour Lisieux et ma mère a une ancienne femme de chambre à moi. Eh bien, Thérèse, êtes-vous contente d'aller passer trois jours dans votre pays?
THÉRÈSE, sans enthousiasme. — Oui madame.
JOUJOU. — Vous allez revoir vos vieux parents?
que lui
des
THÉRÈSE. — Mes parents sont morts.
JOUJOU. — Ah ! vraiment..- tous les deux?... Mais vous avez un frère, je crois? THÉRÈSE. — J'en ai trois, madame^ mais je suis fâchée avec...
JOUJOU. — Vous êtes brouillée avec vos frères ?
THÉRÈSE. — Oui, madame, même mon frère aîné a dit que si jamais je tombais sous la main...
jou.TOU. — Enfin, vous connaissez gens, de vieux amis de votre famille?
THÉRÈSE. — Non, madame, j'étais si petite quand j'ai quitté le village.
JOUJOU, impatientée. — ■ Mais alors, qu'est-ce que vous allez y faire?
THÉRÈSE. — Je ne sais pas, madame...
C'est madame qui m'a dit qu'il fallait que j'aille y passer trois jours?
JOUJOU. — Vous êtes inouïe! inouïe!
inouïe ! Toutes les femmes de chambre que j'ai eues m'ont suppliée de leur accorder un congé; vous, je vous en accorde un, sans que vous me le demandiez, et vous trouvez encore moyen de me faire la tête !
THÉRÈSE. — Mais, madame...
JOUJOU. — Il n'y a pas de u mais madame », à présent, j'ai pris mes arrangements en conséquence, et vous vous en irez pendant trois jours dans votre pays. Il faut que vous appreniez à vivre comme tout le monde, ma fille. {Entre Le Ceriier.) Bonjour, notre oncle !
LE CERTiER, ïui présentant — Voulez-vous me permettre..
JOUJOU. — • Oh! qu'elles qu'elles sont jolies!
LE CERTIER. — Jc souhaite qu'elles vous tiennent un peu compagnie pendant votre voyage...
JOUJOU. — Vraiment, vous me gâtez ; sans indiscrétion, où trouvez-vous ces merveilleuses fleurs ?
LE CERTIER. — Je los fais venir de Paris! JOUJOU, — Comment, ici, à la campagne, en pleine Bourgogne, des fleurs de Paris!
LE CERTIER. — On Ics emballe si bien, ? présent, et puis je suis habitué à ma fleuriste.
JOUJOU. — Toujours le même ! et que puis-je vous offrir, moi, voulez-vous déjeuner ?
LE CERTIER. — Vous êtcs mille fois aimable, j'ai pris un excellent repas ce matin à cinq heures et demie.
JOUJOU. — Ah, oui, j'oubliais! queJlo abominatioiu de se lever à des heures pareilles !
LE CERTIER. — Mais, je vous certifie... JOUJOU. — Je sais ce que vous allez me dire : c'est le plus beau moment de la jour- . née ! eh bien, j'aime mieux vous croire que d'y aller voir... Tenez, Thérèse, emportez ce plateau, prenez les fleurs aussi, vous les mettrez dans l'eau jusqu'à la dernière minute... THÉRÈSE. — Bien madame.
un bouquet.
sont jolies !