‹ Le voleur. Joujou. Illustrations d'après les dessins de TroncetChapitre 28 sur 89 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

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Les Mêurs, FERNAND

FERNAND. — Il est neuf heures... tu m’avais prié de...

RAYMOND. — Oui. Assieds-toi. (Un temps.)

Mon enfant, nous nous sommes expliqués, toi et moi, longuement, très longuement, suffisamment. Tu n’entendras plus ni semonces, ni reproches. Je veux espérer que le Fernand d’autrefois n’est pas mort tout à fait et que déjà s'éveille en toi un passionné désir de recouvrer ta propre estime. Or, Ia vraie, la belle réhabilitation consisterait à acquérir

Me Le Voleur RE

par ton travail et à restituer, petit à petit,

la somme dérobée. N'est-ce pas ?

FERNAND. — Oui.

RAYMOND. — Eh bien, je vais te donner le moyen de gagner ta vie, de gagner cet argent. Oh! le programme ne te sourira probablement pas, mais en l’acceptant sans murmurer, tu commenceras à te relever à nos yeux. Tu te destinais à la diplomatie. Tu devras renoncer à cette carrière. Tu deviendras u* industriel comme moi. A dater d’aujourd’hui tu fais partie de notre maison, tu toucheras des appointements. J’espère que tu t’initieras vite et qu'après ton service militaire Je pourrai t’octroyer une part de bénéfices, enfin, te prendre comme associé. Je t’ai réservé un avenir assez enviable encore. Seulement, Fernand, tu n’ignores pas que nos principaux intérêts, que le centre de nos affaires, se trouvent au Brésil. Tu accompliras donc, comme le font tous nos employés, grands et petits, un stage dans l’ Amérique du Sud. Et puisqu’en ces derniers temps l’atmosphère de Paris ne te réussit pas à merveille, j'ai décidé que tu t'embarquerais immédiatement.

FERNAND. — Immédiatement ?

RAYMOND. — Îmmédiatement. Je suppose, d’ailleurs, qu'après l’incident d'hier, un délai de quelques jours te paraîtrait plutôt pénible. Il est des regards, des souvenirs que tu tiens certainement à éviter.

FERNAND. — Mais, papa, tu ne...

RAYMOND. — Enfin, mon cher garçon, quel

que soit ton sentiment, il ne te reste qu’à obéir. Le bon Aubry, que tu aimes et qui t’aime, te sera un compagnon fidèle. Il t’attend à la gare d'Orléans. La voiture va t’y conduire et ce soir vous coucherez à bord du paquebot qui...

FERNAND. — Mais, papa, ce n’est pas possible: Ce n’est pas vrai! Tu ne vas pas mo chasser ainsi!

RAYMOND. — Je ne te chasse pas, Fernand!

FERNAND. — Mais combien de temps faudra-t-il que je... que ie.

RAYMOND. — Tu séjourneras, comme il est

habituel, comme il est nécessaire, un an à Montefaccio et un an à Rio.

FERNAND, dont le chagrin éclate. — Deux ans! Je passerai deux ans sans vous voir, sans te voir!

RAYMOND, qui maîtrise Deux ans, oui, Fernand.

FERNAND. — Deux ans! Ce n’est pas possible! Ce n’est pas possible! Deux ans!

Non, réfléchis encore!

son émotion. —

RAYMOND. — C’est tout réfléchi, et tu te heurtes en vain.

FERNAND. — Mais c’est épouvantable!…

Mais tu ne peux pas sérieusement... Non!

RAYMOND. — Ne me force pas à te donner des raisons. Tu m'as causé une grande douleur, n’y ajoute pas la torture!

FERNAND. — Papa, cherche une autre nY.

nition... un châtiment.

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os

° moi! c'est moi!

. -— Mon but n’est pas de châtier!

— Ecoute!... Ecoute !…

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